CRITIQUE: L’ECHANGE (2008)

Universal Pictures

Le grand Clint est toujours vivant et signe une fois de plus un très grand film. Il s’agit ici d’une histoire vraie, celle de Christine Collins, mère célibataire en 1928, dont le fils est enlevé un jour où elle est au travail. Quelques mois plus tard, la police, alors gangrénée par la corruption, lui ramène son fils. Sauf que selon la mère, ce n’est pas son fils! La police était pourtant bien contente d’afficher un résultat positif et voilà que cette bonne femme leur met des bâtons dans les roues en clamant partout qu’il y a eu erreur! Sur ce fait, Christine est considérée comme démente et envoyée à l’asile. C’est sans compter sur le pasteur de l’église presbytérienne incarné par le brillant John Malkovich, à l’affût de tous les faux pas de la police qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et faire relancer l’enquête.

Eastwood met en place un récit chronologique qui expose méticuleusement les faits. Il est aidé dans cette entreprise par un casting haut de gamme avec en tête une Angelina Jolie exceptionnelle toute en retenue et en sobriété et un Malkovich comme toujours d’une intensité rare. La reconstitution est soignée et Eastwood se sort à merveille de l’énorme difficulté posée par le scénario: il arrive à traiter de plusieurs thèmes majeurs ( la corruption, la difficulté d’être une femme dans les années 20, le deuil, la peine de mort, l’arbitraire, la psychiatrie…) sans se disperser et perdre son public. Le film vous prend littéralement aux tripes et ne vous lâche plus.

A voir absolument!

CRITIQUE: SPACE COWBOYS (2000)

En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O’Neill et Tank Sullivan se preparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la Nasa leur prefere un singe. Quarante-deux ans plus tard, le satellite russe de communication Ikon menace de s’ecraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maitriser l’antique systeme de guidage, calque sur celui qu’il avait concu quelques decennies plus tot pour Skylab. Il accepte la mission, a condition que ses trois compagnons partent avec lui…

Parfois drôle souvent touchant, Eastwood nous offre ici certainement pas son plus grand film mais un beau film sur la vieillesse et le sens de la vie. Il faut en plus un sacré recul et un sens de l’autodérision certain pour se mettre en scène ainsi, diminué par l’âge. Il s’entoure ici d’un casting 4 étoiles: Tommy Lee Jones (émouvant), James Gardner(attendrissant) et Donald Sutherland (le plus drôle). Une belle petite réussite qui nous montre qu’un pur divertissement hollywoodien peut aussi être intelligent.