Critique: Lucky

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Réalisation John Carroll Lynch
Scénario Logan Sparks
Drago Sumonja
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 88 minutes
Sortie 13 Décembre 2017

Lucky est un vieux cow-boy solitaire. Il fume, fait des mots croisés et déambule dans une petite ville perdue au milieu du désert. Il passe ses journées à refaire le monde avec les habitants du coin. Il se rebelle contre tout et surtout contre le temps qui passe. Ses 90 ans passés l’entrainent dans une véritable quête spirituelle et poétique.

Pour son premier film de réalisateur, le comédien John Carroll Lynch nous offre un vrai film d’acteur. C’est aussi le dernier film du déjà regretté Harry Dean Stanton, dans le rôle de Lucky un vieil homme qui vit seul mais « ne se sent pas seul ». Après son verre de lait et quelques exercices physiques, il part à pieds faire quelques courses puis va au bar faire ses mots croisés. Sa journée est ponctuée de quelques cigarettes que même son médecin lui déconseille de se passer. Le jour où il fait une chute, Lucky prend conscience qu’il est en train de vivre ses derniers jours… Magnifiquement interprété non seulement par Dean Stanton, émouvant, mais aussi par quelques seconds rôles comme Tom Skerritt ou David Lynch, ce petit film, simple et modeste, est une vraie réussite, tendre et attachant.

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Critique Bluray: Un week-end à Paris

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  • Réalisé par :
    Roger Michell
  • Avec :
    Jim Broadbent, Lindsay Duncan, Jeff Goldblum…
  • Durée :
    1h33min
  • Pays de production :
    Grande-Bretagne
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Le Week-End
  • Distributeur :
    ARP

LE FILM: 6.5/10

Un couple anglais vient à Paris fêter leurs trente ans de mariage. Ils redécouvrent la ville, mais aussi l’humour, la fantaisie, et le plaisir d’être ensemble.

Avec un Week-end à Paris, Roger Michell, le réalisateur de Coup de Foudre à Notting Hill nous offre une réflexion entre cynisme et mélancolie sur le couple, la vieillesse, la vie tout simplement. Très finement écrit, un Week-end à Paris repose sur un très beau duo de comédiens, Jim Broadbent et Lindsay Duncan et une jolie bande originale jazzy pour une comédie aigre-douce qui nous interroge à coup sûr!

TECHNIQUE: 8/10

Une très jolie copie sans souci! A noter l’absence de VF!

BONUS: 6/10

Seul bonus une section d’interviews du réalisateur et des comédiens.

VERDICT: 6.5/10

Une jolie comédie douce-amère sur le temps qui passe!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez ARP Sélection dès le 5 août


Critique Dvd: La Demora

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  • Réalisé par :
    Rodrigo Pla
  • Avec :
    Roxana Blanco,Carlos Vallarino,Julieta Gentile…
  • Durée :
    1h24min
  • Pays de production :
    Mexique Uruguay
  • Année de production :  2012
  • Titre original : La Demora
  • Distributeur :
    Epicentre Films

LE FILM: 9/10

Dans son petit appartement, Maria s’occupe seule de ses trois enfants et de son père Augustin qui perd peu à peu la mémoire. Elle est dépassée, d’autant plus qu’elle travaille pour une entreprise textile contre une rétribution médiocre. Le jour où l’on refuse à Augustin son entrée en maison de retraite, Maria sombre…

Surprenant choix de la part du réalisateur de la Zona, Rodrigo Pla, de s’aventurer dans ce drame social sur la fin de vie. La belle réussite de ce film est de ne pas juger ni condamner Maria qui abandonne son père sur un banc, mais d’arriver, tout en délicatesse à faire comprendre la dureté de sa situation, avec un emploi précaire, des enfants, l’impossibilité de joindre les deux bouts et contrainte de s’occuper de son père impotent et sénile. Sans jamais tomber dans le sensationnalisme, Pla nous offre une chronique d’une certaine misère au final pleine d’amour et ce, avec une vraie recherche d’esthétisme, certains plans étant d’une beauté formelle assez rare!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie proche d’un rendu HD! A noter l’absence de VF!

BONUS: 4/10

Outre une galerie photos et une filmo, on trouve une courte interview du réalisateur (10 mins)

VERDICT: 9/10

Très belle surprise pleine d’émotion!

Disponible en DVD (16.99 euros) chez Epicentre Films

CRITIQUE: NEBRASKA

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  • Réalisé par :
    Alexander Payne
  • Avec :
    Bruce Dern, Will Forte, June Squibb
  • Durée :
    1h50min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production : 2013
  • Distributeur :
    Diaphana

Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu’il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s’avère être le lieu où le père a grandi. C’est ici que tout dérape. Rassurez-vous, c’est une comédie !

Si pour son sixième long métrage, Alexander Payne n’a pas écrit le scénario, le film s’insère avec une vraie cohérence dans sa filmographie. On y retrouve en particulier le goût du cinéaste pour le road-movie, ce genre qui permet à des personnages, à l’occasion d’un voyage, de se découvrir les uns les autres. Si Sideways suivait une tournée des propriétés viticoles de deux amis ou the Descendants, le voyage d’un père et de ses filles pour retrouver l’amant de sa femme mourante, Nebraska suit le périple d’un fils et de son père pour récupérer un gain fictif.

Payne réussit comme toujours à éviter le pathos et traiter avec légèreté de sujets graves comme ici la fin de vie, les relations père/fils ou le sens de la vie. Si le film se caractérise par une somptueuse photo noir et blanc, c’est comme toujours la qualité des dialogues et la faculté de Payne à naviguer entre le drame et le burlesque qui épate comme lors de cette scène dans laquelle père et fils recherchent au bord de la voie ferrée le dentier égaré. Si les films de ce cinéaste sont toujours si touchants, c’est que ses personnages sont toujours extrêmement justes et le propos universel si bien que chacun ne peut que se retrouver à un moment ou un autre de ses histoires.Cerise sur le gâteau, on retrouve avec plaisir Bruce Dern dans une prestation tour à tour drôle et émouvante.

L’un des grands films de 2014!

Sortie le 2 avril

NOTE: 9/10

CRITIQUE: Amour

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

Trois ans après son dernier film, « le Ruban Blanc », Palme d’Or à Cannes, le cinéaste autrichien Michael Haneke remporte à nouveau la récompense suprême avec ce film inspiré de son expérience familiale. Cinéaste au style assez froid et clinique aux films souvent violents, Haneke baptise ce nouveau film « Amour » mais en fait pourtant son film le plus dur. Traitant du thème de la fin de vie et des répercussions sur la famille, Haneke nous montre les derniers mois au sein d’un couple jusqu’à l’issue fatale.

Il place donc le spectateur en face d’un drame qui touchera forcément chacun un jour et n’épargne aucun détail: le personnage d’Anne, déclinant physiquement au fil des semaines, connait la paralysie, l’incontinence, la démence et tous les détails inhérents à ce genre de problèmes et son mari, Georges, tente, autant que faire se peut, de faire face. Comme toujours chez Haneke, la caméra ne s’encombre d’aucun artifice et laisse les personnages évoluer dans son champ, pour plus de réalisme,  et n’élude rien, en étirant les scènes au maximum, parfois à la limite du supportable. Mais là où le film est magique, c’est qu’au-delà de ces actes quotidiens souvent douloureux, l’Amour entre ces deux êtres que sont Anne et Georges suinte à chaque plan, que ce soit dans les paroles ou dans les gestes, quand il lave les cheveux de sa femme ou qu’il lui caresse la main.

La réussite du film d’Haneke ne serait pas la même sans l’interprétation de Jean-Louis Trintignant (sorti de 10 ans de retraite cinématographique pour ce film!) et Emmanuelle Riva, couple de cinéma bouleversant.

Un très grand film sur un sujet peu vendeur mais qui dévastera ceux qui tenteront l’expérience, tant il nous questionne : qu’est-ce que l’Amour et jusqu’où est-on prêt à aller pour accompagner l’être aimé ?

NOTE: 9.5/10

CRITIQUE: SPACE COWBOYS (2000)

En 1958, les astronautes Frank Corvin, Hawk Hawkins, Jerry O’Neill et Tank Sullivan se preparent pour une mission spatiale mais, au dernier moment, la Nasa leur prefere un singe. Quarante-deux ans plus tard, le satellite russe de communication Ikon menace de s’ecraser sur la Terre. Corvin est le seul homme capable de maitriser l’antique systeme de guidage, calque sur celui qu’il avait concu quelques decennies plus tot pour Skylab. Il accepte la mission, a condition que ses trois compagnons partent avec lui…

Parfois drôle souvent touchant, Eastwood nous offre ici certainement pas son plus grand film mais un beau film sur la vieillesse et le sens de la vie. Il faut en plus un sacré recul et un sens de l’autodérision certain pour se mettre en scène ainsi, diminué par l’âge. Il s’entoure ici d’un casting 4 étoiles: Tommy Lee Jones (émouvant), James Gardner(attendrissant) et Donald Sutherland (le plus drôle). Une belle petite réussite qui nous montre qu’un pur divertissement hollywoodien peut aussi être intelligent.