Critique Bluray: Ne Vous Retournez Pas

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  • Réalisé par :
    Nicolas Roeg
  • Avec :
    Julie Christie, Donald Sutherland, Hilary MASON…
  • Durée :
    1h52min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  1973
  • Titre original : DON’T LOOK NOW
  • Distributeur :
    CFDC

LE FILM:

4.5

Quelques mois après la mort accidentelle de leur fille, Laura et John Baxter se rendent à Venise. Mais la ville, ténébreuse et menaçante, devient le théâtre d’événements sordides.

Troisième film de Nicholas Roeg et probablement le plus célèbre, « Ne vous retournez pas » est l’adaptation d’une nouvelle de Daphné du Maurier, ce qui n’en fait pas pour autant un film hitchcockien. Le film de Roeg se rapproche plutôt du giallo avec notamment une superbe musique de Pino Donaggio. Si l’histoire en elle même est pour le moins inquiétante (un couple aperçoit à plusieurs reprises une silhouette dans les rues de Venise qui leur rappelle leur fille décédée alors qu’un serial Killer sévit dans la Cité des Doges), le parti pris esthétique de Roeg (couleurs, flash-backs, mouvements de caméra…) fait de ce film une expérience sensorielle assez unique. Autant thriller fantastique que réflexion sur le deuil, « Ne Vous retournez pas »  est tout simplement un chef d’oeuvre absolu!

TECHNIQUE:

3

Si rien n’est rédhibitoire avec cette copie, le bruit video est souvent présent et la VO semble saturer, bizarrement peut-être moins que la VF! On a la sensation qu’on aurait pu avoir mieux…

BONUS:

3.5

Seul bonus , une excellente analyse du film par Jean-Baptiste Thoret d’une trentaine de minutes!

VERDICT:

4.5

Indispensable malgré quelques lacunes techniques!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez Potemkine Films

CRITIQUE: MELANCHOLIA

1ère Partie: après une introduction apocalyptique sur le bouleversant prélude de « Tristan et Isolde » de Wagner, on assiste au mariage de Justine, préparé par sa soeur Claire et son mari John. Le mariage est l’occasion d’un règlement de comptes familial où tout le monde en prend pour son grade. 2ème partie:Les deux soeurs et l’enfant de Claire se rertouvent dans la grande demeure familiale et attendent dans l’angoisse la probable collision de la planète Melancholia avec la Terre.

Le film de Lars Von Trier est un objet cinématographique vraiment à part. Sur la forme, il est un mélange de réalisme documentaire, tourné dans sa grande majorité caméra à l’épaule et de classicisme évoquant parfois le cinéma de Visconti. Bourré de références, la première partie évoque également la scène du mariage de « voyage au bout de l’enfer » avec cette manière de dilater le temps qui peut parfois donner l’impression de quelques longueurs. Sur le fond, le film peut être interprété d’une multitude de manières, Lars Von Trier n’ayant pas mis en scène une simple histoire de fin du monde à la Roland Emmerich. Il tente surtout de nous faire ressentir l’état mélancolique et il y parvient à merveille.

Pour incarner ses personnages, il réunit un casting de prestige avec Kirsten Dunst, au prix d’interprétation ô combien mérite, Charlotte Gainsbourg toujours parfaite, Kiefer Sutherland qu’on découvre très bon, Charlotte Rampling en mère insupportable et John hurt, excellent dans le rôle du père.

Pour encadrer ces deux parties, la scène d’ouverture et la scène finale sont probablement deux scènes parmi les plus belles de l’Histoire du Cinéma, non, je n’ai pas peur des mots! Et je ne peux m’empêcher de penser que si le réalisateur danois était moins c… et qu’il n’avait pas fait des siennes lors du festival de Cannes, c’est avec la Palme qu’il serait reparti! Vraiment dommage car « Melancholia » est un film fabuleux!