Critique Bluray: Baccalauréat

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Réalisation Cristian Mungiu
Scénario Cristian Mungiu
Pays d’origine Drapeau de la Roumanie Roumanie
Genre drame
Sortie 7 décembre 2016

LE FILM:

4.5

Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout mis en œuvre pour que sa fille, Eliza, soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème : obtenir son baccalauréat. Mais Eliza se fait agresser et le précieux Sésame semble brutalement hors de portée. Avec lui, c’est toute la vie de Romeo qui est remise en question quand il oublie alors tous les principes qu’il a inculqués à sa fille, entre compromis et compromissions…

Cinquième film du Roumain Cristian Mungiu, quatre ans après « Au-delà des collines », « Baccalauréat » partit de Cannes cette fois avec le prix de la mise en scène. Après avoir évoqué l’avortement sous Ceaucescu dans « 4 mois, 3 semaines et 2 jours« ou encore certaines pratiques ancestrales dans « Au-delà des collines« , Mungiu continue à dresser le portrait de son pays à travers la petite histoire. Il s’intéresse ici notamment à la corruption qui gangrène son pays ainsi qu’à l’insécurité en plaçant son personnage face à un dilemme moral. Alors qu’il fait tout pour permettre à sa fille de poursuivre ses études en Angleterre et quitter ainsi son pays qu’il juge « pourri », une agression visant sa fille va le forcer à céder à cette corruption qu’il abhorre. Mungiu enchaîne durant deux heures les longs plans-séquences dans lesquels on voit Romeo se débattre entre sa femme dépressive qu’il n’aime plus, sa maîtresse qui le presse de plus en plus de prendre une décision et sa fille qu’il ne veut pas voir échouer pour un bras cassé.  Brillant, passionnant, implacable bien que plein d’espoir et superbement interprété par Adrian Titieni, « Baccalauréat » est le film le plus abouti de son auteur!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

4.5

Outre quelques scènes coupées, on trouve une excellente interview du réalisateur par Michel Ciment de 45 mins!

VERDICT:

4.5

L’un des grands films du dernier Festival de Cannes, indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez LE PACTE

 

Critique: Glory ( Festival de Cinéma Européen des Arcs 2016)

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2016 – Bulgarie De Kristina GROZEVA, Petar VALCHANOV Avec : Stefan DENOLYUBOV, Margita GOSHEVA, Milko LAZAROV, Kitodar TODOROV

Lorsqu’un cheminot nommé Tsanko Petrov trouve des millions de lev sur la voie ferrée, il décide de remettre la totalité de la somme à la police. L’État reconnaissant lui offre une nouvelle montre-bracelet en récompense… qui s’arrête bientôt. Pendant ce temps, Julia Staikova, la directrice des relations publiques du ministère des transports, égare sa vieille montre. Ici commence la bataille désespérée dans laquelle se lance Petrov pour récupérer non seulement sa vieille montre, mais aussi sa dignité.

Sous une apparence un peu fauchée et peu inspirée des premières images où l’on voit un cheminot travailler sur les voies, filmé caméra à l’épaule, avec une lisibilité des plus limitées, le film se révèle être, petit à petit et jusqu’au bout, finalement un grand film! Tout repose sur un scénario apparemment basique et un thème qui irradie beaucoup de films d’Europe de l’Est: un Etat gangrené par la corruption. Le cheminot, bègue et naïf, découvre un pactole sur les rails et décide de le restituer quasi-intégralement, ne prélevant qu’une somme ridicule pour boucler sa fin de mois. Elevé au rang de héros national par le service de presse du Ministère des Transports dans le but de faire oublier les affaires de corruption, il va s’avérer être le grain de sable dans l’engrenage à cause d’une stupide affaire de montre. Ce scénario, véritable mécanique de précision, nous offre un personnage de cinéma inoubliable, cet homme du peuple naïf mais d’une bonté folle, un John Doe bulgare, porté par un acteur époustouflant, Stefan Denolyubov. La mise en scène est à saluer également tant elle regorge d’idées brillantes, comme cette mouche omniprésente au domicile de Petrov, que l’on entend voler en même temps que la musique d’attente téléphonique du Ministère, manière astucieuse d’illustrer l’opposition entre les deux mondes. Tous les seconds rôles sont également d’une richesse folle, en particulier la directrice des relations publiques du Ministère, Julia, enfermée dans son monde, que seul un choc pourrait faire réagir. Un chef d’oeuvre!

5