CINEMA: LE TOP 10 DE 2013

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2013 s’en est allé pour faire place à 2014 et ça n’est pas un cadeau pour la nouvelle année tant ce cru fut riche en plaisirs cinéphiliques! Les grands cinéastes ont été à la hauteur, de Spielberg à Tarantino, de nouveaux cinéastes nous ont étonné, et les surprises sont venues de Belgique comme du Danemark! Il a donc été vraiment compliqué de dégager une liste de 10 films incontournables de cette année tant cette liste aurait pu être trois fois plus longue. Evidemment, n’ayant pu voir tous les films sortis cette année, cette liste pourrait bien évoluer dans les mois qui viennent!

10- ILO ILO d’Anthony Chen

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La poignante histoire d’amitié entre un petit garçon et sa nourrice en pleine crise financière! Un premier film bouleversant!

9 – HIJACKING de Thomal Lindholm

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Les dessous d’une prise d’otage en mer! Une surprise venue du froid sous la forme d’un uppercut!

8- ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn

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Un trip kubrickien ultra-violent dans les bas-fonds de Bangkok!

7- ALABAMA MONROE de Félix Van Groeningen

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Le déchirant mélo belge sur fond de country, l’un des coups de coeur de l’année!

6- MA VIE AVEC LIBERACE de Steven Soderbergh

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Pour le dernier film de sa carrière, Soderbergh nous offre une histoire d’amour déchirante avec un Michael Douglas gigantesque!

5- ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow

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La traque de Ben Laden comme si l’on y était avec une Jessica Chastain époustouflante!

4- SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE de Bong Joon Ho

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L’adaptation internationale d’un classique de la BD de science-fiction par le prodige coréen Bong Joon Ho!

3- MUD de Jeff Nichols

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Un an après Take Shelter, Jeff Nichols revisite l’Amérique de Mark Twain à travers le parcours initiatique d’un jeune garçon! Brillant!

2- DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino

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QT se fait son western et nous offre 2h30 de bonheur ultra-jubilatoire!

1- LA VIE D’ADELE d’Abdellatif Kechiche

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Au-delà de toutes les polémiques, La vie d’Adèle est une palme d’Or magnifique, une ode à l’amour bouleversante en même temps que la naissance d’une fabuleuse actrice, Adèle Exarchopoulos.

Si ces dix films auront vraiment marqué cette année  et laisseront vraiment leur marque, l’année 2013 n’aurait pas été la même sans The Master de Paul Thomas Anderson, Lincoln de Spielberg, Cloud Atlas des Wachowski, le Temps de l’aventure de Jerôme Bonnell, The Grandmaster de Wong Kar Wai, le Passé d’Asghar Farhadi, la Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, les Beaux Jours de Marion Vernoux, Grand Central de Rebecca Zlotowski, Inside Llewyn Davis des frères Coen ou Les garçons et Guillaume à table de Guillaume Gallienne et j’en passe! Espérons que 2014 surpassera 2013…

CRITIQUE BLU-RAY: DJANGO UNCHAINED

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LE FILM: 9.5/10

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

En vingt ans de carrière, Quentin Tarantino dresse une filmographie en forme d’hommage: après avoir honoré le film de braquage (Reservoir Dogs), les romans « pulp » (Pulp Fiction), les films de blaxploitation (Jackie Brown), le chambara (Kill Bill), les séries B présentées en double programme (Boulevard de la mort qui devait être projeté au départ avec Planète Terreur de Rodriguez) ou encore le film de guerre (Inglourious Basterds) tout en faisant très souvent référence au western, il était logique que QT réalise enfin SON western, si possible à tendance spaghetti lorsqu’on connaît son amour pour ce genre et pour Sergio Corbucci en particulier.

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S’inspirant d’ailleurs  de ce dernier, jusqu’au nom de son héros et son thème musical, les premières minutes du film montrent, sur la célèbre musique de Luis Bacalov, non pas un Blanc trainant un cercueil mais un groupe d’exclaves noirs, enchaînés, encadrés par deux cowboys blancs. L’un de ces esclaves est Django! On retrouvera également une histoire de vengeance et des hommes encagoulés mais l’histoire reste très éloignée du film de Corbucci, écartant complètement l’idée de remake.

QT a choisi, pour son western, de nous parler de l’esclavage aux Etats-Unis en situant son  histoire deux ans avant la Guerre de Sécession. Outre le western spaghetti pur, c’est carrément un buddy movie que nous propose le cinéaste avec cette association improbable entre Django l’esclave et le Dr King Schultz, chasseur de primes allemand, qui vont faire équipe, l’un pour tuer une bande de malfrats que seul Django connaît, l’autre pour retrouver sa femme Broomhilda, aux mains du sadique Candie!

Comme toujours chez Tarantino, on retrouve un cinéma ultra référencé, de longues scènes de dialogues toujours très inventifs, des flambées de violence intense (des geysers de sang inondent l’écran à plusieurs reprises notamment lors d’un gunfight d’anthologie), et une bande originale composée d’emprunts variés(on retrouve ici Morricone, Bacalov, 2pac) et des numéros d’acteurs souvent épatants.

Avec ce Django Unchained, QT multiplie les scènes très dialoguées mais jamais inutilement, défaut que l’on pouvait parfois lui attribuer notamment dans Kill Bill 2 ou Boulevard de la Mort. Et l’inventivité de ses dialogues est tout au long du film ahurissante, notamment lors d’une scène où les membres du KKK discutent de la qualité de leurs cagoules et de leur aspect pratique! Côté mise en scène, il ne cherche jamais à singer les tics du western spaghetti, s’accordant juste le plaisir de quelques zooms rapides bien sentis, et propose certains plans d’une beauté rare. Quant à l’interprétation, QT nous offre un quatuor d’acteurs merveilleux: Christoph Waltz (chasseur de primes allemand dont la rare éloquence précède souvent à la mort de l’interlocuteur), Jamie Foxx (Django, exclave libéré en quête de vengeance), DiCaprio (en esclavagiste au sadisme effrayant) et Samuel L.Jackson (maître de maison converti aux pensées racistes de son maître).

Sur un sujet fort, Quentin Tarantino réalise donc ici un pur chef d’oeuvre et son meilleur film à ce jour. 2h45 de génie et de plaisir de la part d’un cinéaste cinéphile! Indispensable!

TECHNIQUE: 9/10

Du pur bonheur avec une définition et des couleurs à tomber! Quant au son, immersif et explosif quand il le faut, c’est le top!

BONUS: 6/10

Outre deux spots pour un coffret Tarantino et pour la BO, on trouve un module sur les cascades à cheval et le maniement des armes, un sur les costumes et un dernier en hommage à Michael J. Riva, le directeur artistique décédé.

VERDICT: 9.5/10

LE film de l’année à posséder absolument!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez SPHE