CRITIQUE: LES ENFANTS DE BELLE VILLE

Akbar est jeune, il vient d’avoir 18 ans, mais Akbar est condamné à mort. Alors qu’il attend son exécution dans une prison de Téhéran, son meilleur ami et sa sœur vont tenter d’obtenir le pardon du père de sa victime, seul moyen pour lui d’échapper à son destin.

Après avoir découvert ses trois derniers films, « la Fête du Feu » (2006), « A propos d’Elly » (2009) et bien sûr « Une Séparation » (2011), c’est son deuxième long métrage qui sort sur nos écrans avec huit ans de retard.

Déjà dans « les Enfants de Belle Ville » on retrouve le style Farhadi, avec cette façon, avec une histoire toute simple à la base (ici un jeune garçon en quête de pardon pour sauver la tête de son ami), d’ouvrir à la manière de poupées gigognes toutes sortes de pistes nouvelles permettant d’aborder tout autant de thèmes différents. Et comme dans ses films suivants, tout manichéisme est banni, chaque personnage ayant ses raisons, aucun n’étant plus condamnable qu’un autre. Ici, Farhadi donne à son public à réfléchir sur la peine de mort, la justice, le pardon, le sacrifice, la religion et bien d’autres sujets encore sans jamais donner de leçons et en faisant appel à l’intelligence du spectateur. Non content de s’appuyer sur un scénario brillant, Farhadi propose également une mise en scène sans esbrouffe mais toujours juste. Pour donner corps à ses personnages, il s’appuie sur une troupe de comédiens tous impeccables dont la magnifique Taraneh Alidoosti, sosie oriental de Valeria Golino!

Encore un très beau film de Farhadi à découvrir absolument!

NOTE: 9/10

CRITIQUE DVD: DESORDRE

LE FILM: 8/10

Yvan, Henri, Xavier et Gabriel sont quatre jeunes copains liés par un amour fou du rock. Mais ils n’ont pas toujours les moyens de se payer les instruments nécessaires… Alors un soir, Yvan, Henri et leur meilleure copine Anne cambriolent un magasin de musique où ils ont repéré des guitares. Mais le propriétaire de la boutique est là. Yvan et Henri veulent l’assommer et finissent par le tuer sans le vouloir…

Premier long métrage d’Olivier Assayas, alors critique aux Cahiers du Cinéma, « Désordre » est un portrait désenchanté de la jeunesse dans les années 80, spécifiquement dans le milieu de la musique. Après une première scène très intense avec ce meurtre « accidentel », le rythme du film d’Assayas ne baisse jamais. Même si le petit groupe n’est finalement jamais inquiété par la police, cet évènement tragique minera à jamais les relations entre les personnages qui, entre disputes amoureuses et querelles musicales, n’en sortiront pas indemnes. Même si le film est un peu daté, notamment au niveau de la bande originale (très new wave) et des costumes, la mise en scène d’Assayas dégage une maîtrise rare pour un premier film. L’intensité et la tension véhiculées tout au long de « Désordre » tiennent également au casting de jeunes comédiens (Wadeck Stanczak, Lucas Belvaux, Ann-Gisel Glass, Simon de la Brosse et même Etienne Daho dans un petit rôle!) tous parfaits, signe du talent de directeurs d’acteurs d’Assayas déjà pregnant!

Une copie un peu datée mais rien de rédhibitoire sur ce DVD!

LES BONUS: 9/10

Outre une bande annonce, on trouve sur ce dvd trois courts-métrages d’Olivier Assayas axés sur la musique, une interview des comédiens principaux 15 ans après le film (18 mins) et enfin une interview du cinéaste vraiment passionnante (41 mins).

VERDICT: 8.5/10

Un Dvd à se procurer pour le talent du débutant Assayas!

 
Disponible en DVD (19,99 euros) chez MK2!