Critique: Chez Nous

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Réalisation Lucas Belvaux
Scénario Lucas Belvaux
Jérôme Leroy
Acteurs principaux
Sociétés de production Synecdoche
Artémis Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Drame
Sortie 22 février 2017

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle.
Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Alors que l’on s’approche des Présidentielles et que l’extrême droite n’a jamais eu autant le vent en poupe, le film de Lucas Belvaux a tout pour déclencher la polémique et ouvrir le débat. Si le film ne fait jamais référence au Front National, la ressemblance du Bloc et de son fonctionnement avec le parti bleu Marine n’a rien de fortuit! Si le neuvième film de Belvaux semble parfois gêné dans les entournures dans sa volonté d’être exhaustif tout en soignant son récit, le message passe et c’est le principal! L’intérêt de celui-ci tient au constat du basculement d’un électorat traditionnellement de gauche vers l’extrême droite. Si la démonstration est parfois un peu appuyée et laborieuse, l’interprétation d’Emilie Dequenne, fille de métallo de gauche devenue porte-drapeau du Bloc, et de Dussolier, impeccable en médecin « caution morale » du Parti, est à saluer! Un film utile!

3.5

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CRITIQUE DVD: DESORDRE

LE FILM: 8/10

Yvan, Henri, Xavier et Gabriel sont quatre jeunes copains liés par un amour fou du rock. Mais ils n’ont pas toujours les moyens de se payer les instruments nécessaires… Alors un soir, Yvan, Henri et leur meilleure copine Anne cambriolent un magasin de musique où ils ont repéré des guitares. Mais le propriétaire de la boutique est là. Yvan et Henri veulent l’assommer et finissent par le tuer sans le vouloir…

Premier long métrage d’Olivier Assayas, alors critique aux Cahiers du Cinéma, « Désordre » est un portrait désenchanté de la jeunesse dans les années 80, spécifiquement dans le milieu de la musique. Après une première scène très intense avec ce meurtre « accidentel », le rythme du film d’Assayas ne baisse jamais. Même si le petit groupe n’est finalement jamais inquiété par la police, cet évènement tragique minera à jamais les relations entre les personnages qui, entre disputes amoureuses et querelles musicales, n’en sortiront pas indemnes. Même si le film est un peu daté, notamment au niveau de la bande originale (très new wave) et des costumes, la mise en scène d’Assayas dégage une maîtrise rare pour un premier film. L’intensité et la tension véhiculées tout au long de « Désordre » tiennent également au casting de jeunes comédiens (Wadeck Stanczak, Lucas Belvaux, Ann-Gisel Glass, Simon de la Brosse et même Etienne Daho dans un petit rôle!) tous parfaits, signe du talent de directeurs d’acteurs d’Assayas déjà pregnant!

Une copie un peu datée mais rien de rédhibitoire sur ce DVD!

LES BONUS: 9/10

Outre une bande annonce, on trouve sur ce dvd trois courts-métrages d’Olivier Assayas axés sur la musique, une interview des comédiens principaux 15 ans après le film (18 mins) et enfin une interview du cinéaste vraiment passionnante (41 mins).

VERDICT: 8.5/10

Un Dvd à se procurer pour le talent du débutant Assayas!

 
Disponible en DVD (19,99 euros) chez MK2!

CRITIQUE DVD: 38 TEMOINS

LE FILM: 8,5/10

Alors qu’elle rentre d’un voyage professionnel en Chine, Louise découvre que sa rue a été le théâtre d’un crime. Aucun témoin, tout le monde dormait. Paraît-il. Pierre, son mari, travaillait. Il était en mer. Paraît-il. La police enquête, la presse aussi. Jusqu’à cette nuit où Louise rêve. Elle rêve que Pierre lui parle dans son sommeil. Qu’il lui parle longuement. Lui qui, d’habitude, parle si peu…

Trois ans après « Rapt« , Lucas Belvaux retrouve son acteur Yvan Attal pour un film noir terriblement d’actualité! Ici malgré une multiplicité de points de vue (témoins, une journaliste, les policiers, un juge…), l’enquête n’a finalement pas d’importance. Belvaux s’attarde plutôt sur le comportement humain, se concentrant plus précisément sur le personnage interprété par un Yvan Attal quasi-mutique. Après avoir déclaré être absent au moment du crime, il avouera finalement avoir tout entendu déclenchant la haine des 37 autres témoins silencieux à son égard. Belvaux met en lumière à travers un fait divers comment l’égoïsme et l’individualisme qui régissent notre société peuvent basculer vers la haine et la honte. La scène finale de reconstitution du crime conclut le film de manière terriblement angoissante, les cris de la victime mettant le spectateur en situation! Glaçante remise en question!

RAS côté technique! Le DVD s’en sort haut la main malgré les nombreuses scènes sombres et le son est parfaitement immersif!

LES BONUS:7/10

Outre des bandes-annonces, le DVD propose un passionnant entretien avec le réalisateur (17 mins)! Peu mais déjà pas mal!

VERDICT: 8/10

Un excellent film qui remue les consciences!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Diaphana dès le 18 juillet.



CRITIQUE: RAPT (2009)

Diaphana Films

Hier soir, nous nous sommes fait une petite toile dans notre cinéma favori à Gujan Mestras (bassin d’Arcachon), qui fait partie du réseau des cinémas de proximité. J’en profite pour vous encourager à fréquenter ces salles à taille humaine où il est encore possible d’échanger avec le caissier qui est également projectionniste, où on vous accueille pour la nouvelle année avec une part de galette et un verre de cidre, où la place coûte le vendredi soir (séance du cinéphile) la modique somme de 3,60 euros (le tiers de mon ticket pour Avatar!!!) et enfin où vous pouvez voir des films comme Rapt, des versions originales ou encore revoir des grands classiques comme « une Journée Particulière » d’Ettore Scola ou « la Fiancée de Frankenstein » en VO bien sûr! Revenons maintenant à nos moutons, le nouveau film de Lucas Belveaux.

Président d’un fleuron de l’industrie française, Stanislas Graff est enlevé un matin sur le chemin du travail par un commando armé. Humilié, maltraité, mutilé, il résiste et accepte son sort en espérant que la rançon demandée par ses ravisseurs sera payée et qu’il retrouvera sa liberté. Au lieu de ça, sa double vie va se retrouver étalée dans la presse à scandales, ses gigantesques pertes au poker, ses maîtresses… lui faisant perdre l’honneur, le respect de ses collaborateurs, l’amour de sa famille, tout ce qu’il avait construit au fil de sa vie. Après plus de deux mois de captivité, il retrouve la liberté et ne peut que constater les dégâts… Son statut de victime s’est transformé en celui de coupable et sa libération va s’avérer peut-être plus terrible que sa captivité.

Lucas Belvaux, à qui l’on doit la trilogie « cavale/Après la vie/un couple épatant » ou encore la fiction Canal Plus « les Prédateurs », transpose ici l’enlèvement du Baron Empain à notre époque. Il livre une analyse clinique de cet évènement en épargant aucun détail et aucun chapitre de l’affaire. A la fois thriller et drame humain, « Rapt » est également un film sur les arcanes du pouvoir qui fait beaucoup penser aux « Prédateurs » de l’affaire Elf, brillante fiction télé qu’on a pu voir sur Canal l’an passé.

Le casting est ad hoc avec un Yvan Attal transformé (il a perdu plus de 20 kilos pour le film!) qui va tout droit vers le César du meilleur acteur et une Anne Consigny comme souvent excellente. Sans crier au chef d’oeuvre, on a là un excellent film français de l’année 2009!