Critique Dvd: 12 Years a Slave

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  • Réalisé par :
    Steve McQueen (réal)
  • Avec :
    Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch…
  • Durée :
    2h13min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  2014
  • Titre original : 12 Years a Slave
  • Distributeur :
    Mars Distribution

LE FILM: 9/10

La critique est ici

TECHNIQUE: 8/10

Sans problème, impeccable pour le support!

BONUS: 3/10

Outre la bande-annonce, on trouve un mini making of ainsi qu’un très court module sur la musique. Un peu court pour un tel film…

VERDICT: 9/10

L’un des grands films de l’année, indispensable malgré une édition un peu limitée!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez FranceTV Distribution


AND THE OSCAR GOES TO… OSCARS 2014: LE PALMARES

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Ce selfie complètement dingue exprime tout à fait la différence entre la cérémonie des Oscars, toute dédiée au show et à l’entertainment, et une cérémonie des Césars poussiéreuse et aux relents de naphtaline! Pharrell Williams aura même fait danser la grande Meryl Streep! La vidéo c’est cadeau!

La cérémonie des Oscars avait lieu cette nuit à Los Angeles et a donc dévoilé son palmarès, oui c’est quand même le principal ! Si Gravity est le grand gagnant de ces Oscars en nombre de statuettes, ses 7 Oscars sont la plupart d’ordre technique : montage, montage son, mixage, effets spéciaux et photo mais aussi meilleure musique et bien évidemment meilleur réalisateur pour Alfonso Cuarón.

Le film de Steve McQueen12 Years a Slave, remporte l’Oscar du meilleur film, de la meilleure adaptation ainsi que du meilleur second rôle féminin pour la jeune Lupita Nyong’o.

Le Dallas Buyers Club se voit récompensé par l’intermédiaire de ses deux comédiens, Jared Leto en second rôle et Matthew McConaughey, meilleur acteur au nez et à la barbe une fois de plus de Leonardo DiCaprio.

Blue Jasmine de Woody Allen est à la fête également avec l’Oscar de la meilleure actrice pour Cate Blanchett.

Quant au film d’animation, Disney asseoit sa suprématie avec l’Oscar pour La Reine des Neiges (également meilleure chanson) malgré la présence du chef d’oeuvre de Miyazaki, le Vent se lève.

Le palmarès complet :

Meilleur film

  • American Bluff
  • Capitaine Phillips
  • Dallas Buyers Club
  • Gravity
  • Her
  • Nebraska
  • Philomena
  • 12 Years a Slave
  • Le Loup de Wall Street

Récompense assez logique si l’on considère que Gravity souffrait d’un scénario un peu faible.

 

Meilleur réalisateur

  • David O Russel, American Bluff
  • Alfonso Cuaron, Gravity
  • Alexander Payne, Nebraska
  • Steve McQueen, 12 Years a Slave
  • Martin Scorsese, Le Loup de Wall Street

Il eut été difficile de ne pas récompenser Cuaron qui a repoussé toutes les limites de la mise en scène avec son survival spatial.

Meilleur acteur

  • Christian Bale, American Bluff
  • Bruce Dern, Nebraska
  • Leonardo DiCaprio, Le Loup de Wall Street
  • Chiwetel Ejiofor, 12 Years a Slave
  • Matthew McConaughey, Dallas Buyers Club

Leonardo DiCaprio rate encore le coche mais quand on connaît le goût de l’Académie pour les rôles de transformation, Matthew McConaughey semblait tout désigné!

Meilleur actrice

  • Amy Adams, American Bluff
  • Cate Blanchett, Blue Jasmine
  • Sandra Bullock, Gravity
  • Judi Dench, Philomena
  • Meryl Streep, Un été à Osage County

L’évidence même! Cate Blanchett est phénoménale!

Meilleur acteur dans un second rôle

  • Barkhad Abdi, Capitaine Phillips
  • Michael Fassbender, 12 Years a Slave
  • Jonah Hill, Le Loup de Wall Street
  • Jared Leto, Dallas Buyers Club
  • Bradley Cooper, American Bluff

Meilleure actrice dans un second rôle

  • Sally Hawkins, Blue Jasmine
  • Jennifer Lawrence, American Bluff
  • Lupita Nyong’o, 12 Years a Slave
  • Julia Roberts, August: Osage County
  • June Squibb, Nebraska

La concurrence était forte dans cette catégorie et c’est la débutante Lupita Nyong’o qui coiffe les autres sur le poteau, la belle histoire de la soirée!

Meilleur scénario adapté

  • Before Midnight
  • Capitaine Phillips
  • Philomena
  • 12 Years a Slave
  • Le Loup de Wall Street

Prévisible!

Meilleur scénario original

  • American Bluff
  • Blue Jasmine
  • Dallas Buyers Club
  • Her
  • Nebraska

L’une des surprises de la soirée!

Meilleure chanson originale

  • Alone yet not alone, Alone Yet Not Alone
  • Happy, Moi, Moche et Méchant 2
  • Let it Go, La Reine des Neiges
  • The Moon Song, Her
  • Ordinary Love, Mandela : un long chemin vers la liberté

Surprenant quand on connaît le phénomène représenté par la chanson de Pharrel Williams, Happy! Mais la puissance de Disney a parlé!

Meilleur film en langue etrangère

  • Alabama Monroe
  • La Grande bellezza
  • La Chasse
  • The Missing Picture
  • Omar

Et une récompense de plus pour la Grande Bellezza qui aura raflé tout ce qu’il était possible de récolter comme prix!

 

Meilleur Film d’animation

  • Les Croods
  • La Reine des Neiges
  • Moi, Moche et Méchant 2
  • Le vent se lève
  • Ernest et Celestine

La puissance Disney a à nouveau parlé d’autant que la Reine des Neiges est certainement le moins bon des cinq films!

 

Meilleur film documentaire

  • The Act of Killing
  • Cutie and The Boxer
  • Dirty wars
  • The Square
  • 20 feet from Stardom

Logique!

 

Meilleur court métrage documentaire

  • CaveDigger
  • Facing Fear
  • Karama has no walls
  • The Lady in Number 6 : Music saved My Life
  • Prison Terminal : The Last Days of Private Jack Hall

 

Les Oscars suivant ne suscitent aucun commentaire tant ils sont logiques!

Meilleurs costumes

  • American Bluff
  • The Grandmaster
  • Gatsby le Magnifique
  • The Invisible Woman
  • 12 Years a Slave

 

Meilleur montage

  • American Bluff
  • Capitaine Phillips
  • Dallas Buyers Club
  • Gravity
  • 12 Years a Slave

 

Meilleur maquillage

  • Dallas Buyers Club
  • Bad Grandpa
  • The Lone Ranger, Naissance d’un Héros

 

Meilleure bande originale

  • John Williams, La Voleuse de Livres
  • Steven Price, Gravity
  • William Butler et Owen Pallett, Her
  • Alexandre Desplat, Philomena
  • Thomas Newman, Dans l’ombre de Mary – La promesse de Walt Disney

Meilleur court-métrage d’animation

  • Feral
  • Get a Horse!
  • Mr. Hublot
  • Possessions
  • Room on the Broom

 

Meilleur court-métrage

  • Aquel No Era Yo (That Wasn’t Me)
  • Avant Que De Tout Perdre (Just Before Losing Everything)
  • Helium
  • Pitääkö Mun Kaikki Hoitaa? (Do I Have to Take Care of Everything?)
  • The Voorman Problem

 

Meilleur montage de son

  • All Is Lost
  • Capitaine Phillips
  • Gravity
  • Le Hobbit : la Désolation de Smaug
  • Du Sang et des Larmes

 

Meilleur Mixage

  • Capitaine Phillips
  • Gravity
  • Le Hobbit : la Désolation de Smaug
  • Inside Llewyn Davis
  • Du Sang et des Larmes

 

Meilleurs effets spéciaux

  • Gravity
  • Le Hobbit : la Désolation de Smaug
  • Iron Man 3
  • The Lone Ranger, Naissance d’un Héros
  • Star Trek Into Darkness

 

Meilleur Photographie

  • Gravity
  • The Grandmaster
  • Inside Llewyn Davis
  • Nebraska
  • Prisoners

 

Meilleurs décors

  • Her
  • Gatsby le Magnifique
  • 12 Years a Slave
  • American Bluff
  • Gravity

 

Oscars d’honneur

  • Steve Martin
  • Angelina Jolie
  • Piero Tosi
  • Angela Lansbury

CRITIQUE: 12 YEARS A SLAVE

12 YEARS A SLAVE

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Si Tarantino avait évoqué la question de l’esclavage dans son dernier film, Django Unchained, c’était presque au second degré, voire dans un registre cartoonesque, ce que n’avait pas manqué de lui reprocher Spike Lee. Pour son troisième film, Steve MacQueen aborde le sujet, mais de manière totalement frontale. S’inspirant des mémoires de Solomon Northup, il nous parle donc de l’esclavage et précisément de l’enlèvement de Noirs libres pour en faire des esclaves. Il en profite pour rajouter une pierre à son oeuvre sur le thème du corps: après les corps ravagés par la faim de Hunger, le corps comme machine sexuelle dans Shame, le corps est ici exploité, frappé, scarifié, fouetté.  L’usage du flash-back nous montrant Solomon du temps de sa liberté renforce le contraste avec les scènes se déroulant au présent, où le héros a tout perdu jusqu’à son nom. MacQueen n’hésite pas non plus à étirer ses scènes notamment les scènes de sévices mais sans chercher le spectaculaire. Par ce procédé, il tente de faire ressentir le quotidien de ces hommes et femmes mais aussi d’éviter tout manichéisme.

Lors d’une des scènes les plus éprouvantes, Solomon est pendu par un Blanc, assez bas pour que la pointe de ses pieds touche le sol boueux et que l’agonie soit plus lente. Filmée en plan fixe, la scène dure. Quand les Blancs sont partis, l’homme est seul à se débattre puis, petit à petit, d’autres esclaves entrent dans le champ, reprenant leurs activités comme si de rien n’était. MacQueen montre ainsi à quel point les esclaves étaient soumis, jusqu’à ignorer l’un des leurs en train de mourir. Les « maîtres » , quant à eux, ne sont pas tous dépeints comme des assassins: si le personnage interprété par Michael Fassbender est un monstre de cruauté, celui incarné par Benedict Cumberbatch, s’il profite du système, tente de se conduire humainement.

Traitant ainsi de son sujet de manière réaliste et juste, MacQueen jette à la face du spectateur ce morceau d’histoire prouvant que le Cinéma américain n’est pas qu’une usine à rêve mais sait affronter son histoire. Brillant et indispensable!

NOTE: 9/10