Critique Dvd: 12 Years a Slave

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  • Réalisé par :
    Steve McQueen (réal)
  • Avec :
    Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch…
  • Durée :
    2h13min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  2014
  • Titre original : 12 Years a Slave
  • Distributeur :
    Mars Distribution

LE FILM: 9/10

La critique est ici

TECHNIQUE: 8/10

Sans problème, impeccable pour le support!

BONUS: 3/10

Outre la bande-annonce, on trouve un mini making of ainsi qu’un très court module sur la musique. Un peu court pour un tel film…

VERDICT: 9/10

L’un des grands films de l’année, indispensable malgré une édition un peu limitée!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez FranceTV Distribution


CRITIQUE: 12 YEARS A SLAVE

12 YEARS A SLAVE

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Si Tarantino avait évoqué la question de l’esclavage dans son dernier film, Django Unchained, c’était presque au second degré, voire dans un registre cartoonesque, ce que n’avait pas manqué de lui reprocher Spike Lee. Pour son troisième film, Steve MacQueen aborde le sujet, mais de manière totalement frontale. S’inspirant des mémoires de Solomon Northup, il nous parle donc de l’esclavage et précisément de l’enlèvement de Noirs libres pour en faire des esclaves. Il en profite pour rajouter une pierre à son oeuvre sur le thème du corps: après les corps ravagés par la faim de Hunger, le corps comme machine sexuelle dans Shame, le corps est ici exploité, frappé, scarifié, fouetté.  L’usage du flash-back nous montrant Solomon du temps de sa liberté renforce le contraste avec les scènes se déroulant au présent, où le héros a tout perdu jusqu’à son nom. MacQueen n’hésite pas non plus à étirer ses scènes notamment les scènes de sévices mais sans chercher le spectaculaire. Par ce procédé, il tente de faire ressentir le quotidien de ces hommes et femmes mais aussi d’éviter tout manichéisme.

Lors d’une des scènes les plus éprouvantes, Solomon est pendu par un Blanc, assez bas pour que la pointe de ses pieds touche le sol boueux et que l’agonie soit plus lente. Filmée en plan fixe, la scène dure. Quand les Blancs sont partis, l’homme est seul à se débattre puis, petit à petit, d’autres esclaves entrent dans le champ, reprenant leurs activités comme si de rien n’était. MacQueen montre ainsi à quel point les esclaves étaient soumis, jusqu’à ignorer l’un des leurs en train de mourir. Les « maîtres » , quant à eux, ne sont pas tous dépeints comme des assassins: si le personnage interprété par Michael Fassbender est un monstre de cruauté, celui incarné par Benedict Cumberbatch, s’il profite du système, tente de se conduire humainement.

Traitant ainsi de son sujet de manière réaliste et juste, MacQueen jette à la face du spectateur ce morceau d’histoire prouvant que le Cinéma américain n’est pas qu’une usine à rêve mais sait affronter son histoire. Brillant et indispensable!

NOTE: 9/10

CRITIQUE: LINCOLN

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Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Roi de l’Entertainment, inventeur du blockbuster, Spielberg a trusté les premières places tout au long de sa carrière avec des divertissements grand public comme les Indiana Jones, E.T., ou encore Jurassic Park. Son oeuvre comporte toutefois une facette qu’on pourrait qualifier d’humaniste avec des films comme La Couleur Pourpre, Empire du Soleil, La Liste De Schindler, Amistad ou encore Munich. Cette nouvelle réalisation de Steven Spielberg s’inscrit bien sûr dans cette catégorie, dans laquelle le cinéaste se positionne en défenseur des opprimés et pourfendeur de l’injustice que ce soit en nous parlant d’Holocauste, de l’absurdité de la guerre tout simplement ou encore d’esclavagisme.

C’est de ce dernier sujet qu’il traîte à nouveau en s’intéressant au combat du Président Lincoln pour l’abolition de l’esclavage. Plutôt que de nous servir un énième biopic scolaire et empesé, il préfère se concentrer uniquement sur son sujet et les quelques mois précédant l’assassinat du Président. Après une première heure qu’on pourrait taxer de didactique même si cela s’avère indispensable à la compréhension du plus grand nombre, en particulier pour nous, Européens (oui, les adeptes de l’esclavagisme sont bien les Démocrates!!!), la deuxième partie du film bascule dans le film de prêtoire et ce, de façon magistrale. D’autre part, il a une résonnance toute particulière par rapport à notre actualité.

Magnifiquement écrit, Lincoln, est un vrai régal au niveau des dialogues qui rendent les affrontements Démocrates/Républicains passionnants. Pour mettre en image ce très beau script, Spielberg réalise un film d’une sobriété bien venue ne recourant jamais au spectaculaire et évitant tout recours à la guimauve, pêché mignon du cinéaste. Quand de surcroît, son acolyte Janusz Kaminski nous offre une photo de toute beauté et que Spielberg s’entoure d’un tel casting avec un époustouflant Daniel Day Lewis à l’Oscar ô combien mérité et une pleïade de seconds rôles au top dont un Tommy Lee Jones parfait, ça nous donne le film peut-être le moins grand public mais le plus abouti de Spielberg. Fabuleux!

NOTE: 9/10