CRITIQUE: DRIVE (2011)

Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur ! Peu de temps après avoir emménagé dans son nouvel appartement, il tombe sous le charme de sa jeune voisine et de son petit garçon, seuls en attendant le retour du mari, actuellement en prison. Au retour de ce dernier, le « driver » va accepter de l’aider dans un coup qui lui permettrait de s’acquitter d’une dernière dette…

Même si son précédent film, « le guerrier silencieux » m’avait laissé plus que perplexe, il fallait bien reconnaître à Winding Refn un sacré talent de metteur en scène! Ici, le héros, mutique, pourrait être un lointain cousin du viking de « Vhalalla rising« . Dans une scène d’ouverture où l’on peut le voir en plein « coup » et dont je ne vous dévoilerai pas le point d’orgue, on se dit d’entrée que l’on va assister à quelque chose de très grand et l’on est déjà prêt à lui décerner ce prix de la mise en scène si mérité! Mais attention, ne vous méprenez pas! « Drive » n’est pas un nouvel opus de « Fast and furious »! Le film prend très vite un rythme assez lent, hypnotique, en adéquation avec le personnage, calme et imperturbable. Ce rythme-là va se poursuivre jusqu’à la fin, perturbé de temps en temps par quelques accès de violence extrême. Il ne faut pas trop chercher le « driver » surtout quand il  a enfin trouvé quelqu’un qui pourrait combler sa solitude car il peut devenir très susceptible! Tout comme dans ses précédents film, Refn démontre qu’il connaît le Cinéma. Alors que « Bronson« , par exemple, faisait beaucoup penser au cinéma de Kubrick, ici, les références se bousculent: on pense à Michael Mann, Scorsese, Tarantino, Friedkin, Walter Hill dont Refn a pris le meilleur pour livrer une oeuvre originale et laisser son empreinte.

Il faut bien le dire, « Drive » est une oeuvre jubilatoire comme peu de films le sont et vous mettra une énorme claque mais vous en redemanderez!!!

CRITIQUE: INGLOURIOUS BASTERDS (2009)

Universal Pictures International France

Enfin, j’ai pu voir le nouveau millésime de Tarantino , le réalisateur le plus excitant de ces dernières années. Dans la France occupée de 1940, Shosanna (Mélanie Laurent) assiste à l’exécution de sa famille par le colonel nazi Hans Landa (Christoph Walz) et ses hommes mais parvient à s’échapper. Elle refera sa vie sous un autre nom, comme exploitante d’une salle de cinéma parisienne. De son côté, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) livre une guerre sans merci avec ses hommes contre les Nazis qui croisent leur chemin. Ce commando, composé de Juifs américains, scalpe ses victimes et laisse quelques survivants sur lesquels ils gravent une croix gammée sur le front. Associés à Shosanna, ils vont profiter de la projection du film de Goebbels pour tenter d’assassiner Hitler et les principaux membres du parti nazi.

Le film débute par une scène hallucinante à glacer le sang où l’on découvre le personnage d’Hans Landa incarné par l’incroyable Christoph Walz, qui a d’ailleurs remporté le prix d’interprétation au dernier festival de Cannes. Les passages d’anthologie se succèdent malgré certains tunnels de dialogues interminables qui semblent devenir la spécialité de notre ami Quentin. C’était en effet déjà le cas dans son précédent film « Boulevard de la Mort » et c’est bien dommage. Je pense en particulier à la scène où les soldats jouent aux cartes dans la taverne qui aurait mérité quelques coupes. On ne peut par contre que s’incliner devant l’interprétation avec un Christoph Walz impressionnant dans ce rôle de SS qui cache une effroyable cruauté derrière ses bonnes manières et son apparente douceur. Brad Pitt est à mourir de rire dans ce rôle de soldat US avec son accent de bouseux du sud à couper au couteau (à voir impérativement en VO!) et s’impose définitivement comme un grand acteur aux choix de carrière souvent judicieux. Mélanie Laurent s’en tire haut la main dans ce rôle de jeune Juive assoiffée de vengeance après la mort de sa famille, qui pourrait être la petite soeur de la mariée de Kill Bill.

Le film est d’autre part accompagné d’une superbe bande originale, comme toujours chez Q.T., qui s’est cette fois débarassé des habituels standards du funk et de la soul des 70’s, pour utiliser des musiques de westerns, dont quatre emprunts faits au maître Morricone, qui s’adaptent parfaitement au récit.

En conclusion, du bon Tarantino, mais pas le meilleur. Mérite toutefois une deuxième vision.