Critique: Respire

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  • Date de sortie :
    12 novembre 2014
  • Réalisé par :
    Mélanie Laurent
  • Avec :
    Joséphine JapyLou de LaâgeIsabelle Carré
  • Durée :
    1h32min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Gaumont

Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Mélanie Laurent, tout comme Guillaume Canet ou Marion Cotillard suscite sur le net toutes sortes de réactions négatives et même parfois franchement haineuses. Si elle continue à mener ses multiples carrières de cette manière, les opposants vont bientôt finir par se taire. Pour son second film de réalisatrice après le prometteur « les Adoptés », elle adapte le roman éponyme d’Anne-Sophie Brasme, sur la relation toxique entre deux camarades de lycée. Sans esbroufe, elle parvient à partir d’un teen movie, à dériver tranquillement vers le thriller psychologique, par la seule force d’une mise en scène maîtrisée et souvent inspirée et tout ceci en évitant le grand guignol généralement de rigueur dans ce genre. Elle confirme également ses qualités de directrice d’acteurs avec un duo Joséphine Japy/Lou de Laâge des plus convaincants. Une belle réussite!

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« EN ATTENDANT »: PREMIER ALBUM DE LA PROTEIFORME MELANIE LAURENT

Tout le monde connaissait Mélanie Laurent actrice ( « Je vais bien ne t’en fais pas » ou « inglourious basterds » entre autres), on l’a découverte maîtresse de cérémonie au dernier Festival de Cannes, on verra bientôt son premier film en tant que réalisatrice et enfin, et c’est de cela dont je veux vous parler, on vient de la découvrir chanteuse avec son premier album « en t’attendant »!

Ce côté touche-à-tout en énerve plus d’un qui ne se gênent pas pour lui tomber dessus à bras raccourcis et le risque est effectivement énorme et rien que pour cela, on peut saluer son courage. Et bien après avoir écouter son premier album, je peux vous assurer qu’elle n’a pas à en rougir et même qu’elle peut en tirer une certaine fierté!

En intro et en conclusion de ce premier opus, deux instrumentales au piano et au milieu une dizaine de chansons plutôt réussies! Tantôt doucement sussurée tantôt plus pêchue comme sur ce « tango » (morceau caché) à la gouaille toute « piafienne », la présence vocale de Mélanie Laurent laisse penser qu’une chanteuse est née! Quelques morceaux sont un vrai régal comme le tube « en t’attendant » qui passe sur toutes les radios , les deux duos avec Damien Rice, « everything you’re not supposed to be », très belle ballade  tout à fait dans  style du chanteur irlandais et le sublime « uncomfortable », « circus », une charmante ritournelle sur fond de violon et accordéon, ou encore « papa », très belle déclaration d’amour de l’artiste à son père.

Ce n’est peut-être pas l’album du siècle mais « en t’attendant » est une production très agréable, d’une sincérité touchante et qui donne envie de suivre cette artiste aux multiples facettes.

CRITIQUE: LA CHAMBRE DES MORTS (2007)

Bac Films

Comment se prendre les pieds dans le tapis alors que ça partait si bien?

Au départ, on se dit: » Ah chouette, un thriller français audacieux avec une super idée de scénario! ». Au bout d’à peu près une heure, on déchante.

Il s’agit ici de deux amis qui font les c… en voiture sur le parking d’une usine désaffectée. Manque de pot, ils écrasent un type avec une mallette pleine d’oseil. Ils décident derechef de se débarasser du corps et d’empocher l’argent. Sauf que le type en question était en train d’amener la rançon à un psychopathe qui détenait sa fille.Assistant à la fuite de son argent, ce dernier exécute sa jeune victime et les deux compères se retrouvent avec deux morts sur la conscience. L’enquête est menée par Mélanie Laurent, jeune profileuse au passé trouble. L’idée de départ est excellente mais vers le milieu du film, ça se gâte franchement. On tombe même dans le grand guignol avec le personnage de Céline Salette passionnée par l’art d’empailler les babouins qu’elle pique au zoo.

J’ai envie de dire « dommage! »

CRITIQUE: INGLOURIOUS BASTERDS (2009)

Universal Pictures International France

Enfin, j’ai pu voir le nouveau millésime de Tarantino , le réalisateur le plus excitant de ces dernières années. Dans la France occupée de 1940, Shosanna (Mélanie Laurent) assiste à l’exécution de sa famille par le colonel nazi Hans Landa (Christoph Walz) et ses hommes mais parvient à s’échapper. Elle refera sa vie sous un autre nom, comme exploitante d’une salle de cinéma parisienne. De son côté, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) livre une guerre sans merci avec ses hommes contre les Nazis qui croisent leur chemin. Ce commando, composé de Juifs américains, scalpe ses victimes et laisse quelques survivants sur lesquels ils gravent une croix gammée sur le front. Associés à Shosanna, ils vont profiter de la projection du film de Goebbels pour tenter d’assassiner Hitler et les principaux membres du parti nazi.

Le film débute par une scène hallucinante à glacer le sang où l’on découvre le personnage d’Hans Landa incarné par l’incroyable Christoph Walz, qui a d’ailleurs remporté le prix d’interprétation au dernier festival de Cannes. Les passages d’anthologie se succèdent malgré certains tunnels de dialogues interminables qui semblent devenir la spécialité de notre ami Quentin. C’était en effet déjà le cas dans son précédent film « Boulevard de la Mort » et c’est bien dommage. Je pense en particulier à la scène où les soldats jouent aux cartes dans la taverne qui aurait mérité quelques coupes. On ne peut par contre que s’incliner devant l’interprétation avec un Christoph Walz impressionnant dans ce rôle de SS qui cache une effroyable cruauté derrière ses bonnes manières et son apparente douceur. Brad Pitt est à mourir de rire dans ce rôle de soldat US avec son accent de bouseux du sud à couper au couteau (à voir impérativement en VO!) et s’impose définitivement comme un grand acteur aux choix de carrière souvent judicieux. Mélanie Laurent s’en tire haut la main dans ce rôle de jeune Juive assoiffée de vengeance après la mort de sa famille, qui pourrait être la petite soeur de la mariée de Kill Bill.

Le film est d’autre part accompagné d’une superbe bande originale, comme toujours chez Q.T., qui s’est cette fois débarassé des habituels standards du funk et de la soul des 70’s, pour utiliser des musiques de westerns, dont quatre emprunts faits au maître Morricone, qui s’adaptent parfaitement au récit.

En conclusion, du bon Tarantino, mais pas le meilleur. Mérite toutefois une deuxième vision.