CRITIQUE: SHUTTER ISLAND (2010)

Paramount Pictures France

En 1954, le Marshall Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island qui abrite un asile psychiatrique peuplé des criminels les plus dangereux. Une des patientes, Rachel Solando a disparu mystérieusement de sa chambre pourtant fermée de l’extérieur…

Après Gangs of New-York, Aviator et les Infiltrés, Scorsese fait à nouveau appel à Leonardo DiCaprio pour incarner son personnage principal, un marshall traumatisé par ce qu’il a vu lors de la libération du camp de Dachau. Le choix paraît évident tant l’interprétation du célèbre Leo est saisissante. De film en film DiCaprio prend une envergure incroyable et prouve définitivement qu’il n’est pas seulement une « belle gueule » et qu’il fait en plus des choix de carrière qui frisent le sans-faute. Pour l’accompagner, Scorsese fait appel à l’excellent Mark Ruffalo et les monuments Ben Kingsley et Max Von Sydow en psychiatres inquiétants.

Avec ce vrai film de genre, Scorsese rend brillamment hommage à Hitchcock, Kubrick ou au film Shock Corridor de Samuel Fuller tout en traitant de ses thèmes de prédilection: la violence, la rédemption et bien sûr le Christ qu’on croise au détour du tatouage d’un patient. Le scénario adapté d’un Roman de Dennis Lehane ( Mystic River, Gone Baby Gone) est un bijou de précision qui offre plusieurs niveaux de lecture et évite le côté grand-guignolesque de la plupart des productions de ce genre. Scorsese nous offre des scènes d’une beauté formelle à couper le souffle, comme cette scène entre Teddy Daniels et sa femme sous une pluie de cendres.

Un très grand film de Scorsese , et Dieu sait que l’attente était forte de ma part! A peine sorti de la salle que j’avais déjà envie de le revoir!!!

Un conseil: regardez le film une seconde fois! Quand on connaît l’histoire, on s’aperçoit que de A à Z, le film peut-être vu différemment et on se rend compte que le scénario est vraiment brillant!

LES CHAUSSONS ROUGES (1949)

Carlotta Films

La danseuse étoile Victoria Page et le compositeur/chef d’orchestre Julian Craster sont engagés par le chef de ballet Boris Lermontov pour mettre en scène un conte d’Andersen, « les chaussons rouges ». Quand Lermontov s’aperçoit de l’idylle entre le chef et l’étoile, il congédie le jeune compositeur qui sera suivi bientôt par sa dulcinée. La colère de Lermontov est alors terrible…

Réalisé en 1949 par les Britanniques Michael Powell et Emeric Pressburger, « les chaussons rouges » est ressorti sur les écrans français depuis le dernier festival de Cannes grâce au travail de Martin Scorsese et de sa fondation qui avait déjà formidablement restauré « le Guépard » de Visconti. Une fois de plus, le résultat est magnifique pour ce film qui reste l’un des favoris de réalisateurs comme Scorsese donc, Spielberg, De palma ou encore Coppola qui lui rend hommage dans son dernier film « Tetro ».

Film sur l’art et le sacrifice qu’il représente pour ceux qui le font, le film reste très réaliste sur les coulisses du ballet tout en restant empreint d’une atmosphère étrange, proche du fantastique, liée au conte d’Andersen. Pour plus de réalisme, les réalisateurs avaient d’ailleurs tenu à ce que le premier rôle soit tenu par une vraie danseuse et non une actrice, Moira Shearer, fantastique dans le rôle. Bénéficiant d’un somptueux technicolor, magnifié par le travail de restauration, le film connaît son point d’orgue avec une scène de ballet de 17 minutes d’anthologie.

A voir absolument dans l’une des dix salles qui le jouent encore ou en dvd prochainement chez Carlotta.