CRITIQUE: SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE

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2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Très souvent, quand un jeune cinéaste en vogue se retrouve à la tête d’une superproduction internationale, il se retrouve muselé et le produit fini paraît fade et sans personnalité dans le meilleur des cas. Après de grands films comme Memories of Murder, The Host et Mother , l’adaptation de la BD française du même titre par Bong Joon Ho pouvait nous faire craindre le pire, un énième blockbuster sans âme. Après avoir vu le film, on ne peut qu’être rassuré et réjoui de constater qu’il est possible de concilier gros budget, scénario d’une grande richesse et metteur en scène de talent!

Extrêmement intelligent, le scénario propose au-delà d’une aventure totalement folle et jubilatoire, une véritable réflexion politique dont je ne dirai rien de plus pour ne pas ternir le plaisir de ceux qui ne l’auraient pas encore vu. Quoi qu’il en soit, la progression des héros de l’arrière vers l’avant du train donne l’occasion au cinéaste d’offrir à chaque voiture une aventure nouvelle dans des décors nouveaux et toujours plus fous et d’offrir des pistes scénaristiques foisonnantes et autant de questions: qu’y a-t-il à l’avant du train? Qui est ce personnage mystérieux au commandement de ce train? Que deviennent les enfants arrachés à leurs parents? Y a-t-il un avenir possible en dehors du train?

Visuellement éblouissant, le film repose en plus sur un casting parfait bien qu’audacieux: Chris Evans prouve qu’il vaut mieux que Captain America, Song Kan Ho, Ed Harris, John Hurt, Jamie Bell et bien sûr Tilda Swinton absolument magistrale!

Non seulement Bong Joon Ho a su rester cohérent avec son oeuvre mais Snowpiercer s’impose comme le plus grand film de science-fiction depuis les Fils de l’Homme et s’il nous invite au voyage c’est bien en première classe! Chef d’oeuvre!

NOTE: 9.5/10

 

CRITIQUE: ELYSIUM

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En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre…

Après des débuts encourageants avec District 9, Neil Blomkamp livre son deuxième film de science-fiction sous la houlette cette fois de Sony. Grande était la crainte de voir une fois de plus un talent disparaître sous le poids d’une grosse machine; maheureusement c’est encore le cas ici. Si l’on ne peut reprocher grand chose à la mise en scène du jeune cinéaste, le film est victime d’un scénario beaucoup trop hollywoodien, dans le mauvais sens du terme. Avec ces riches vivant sur Elysium, Beverly Hills de l’espace, bien habillés parlant anglais et ces pauvres, sur Terre, entassés les uns sur les autres, sales, malades et parlant espagnol et ces méchants très très méchants, le manichéisme ne pose aucun problème à Blomkamp. Si l’on rajoute par-dessus un bon chantage émotionnel avec une petite condamnée par un cancer que le héros doit sauver, une Jodie Foster économe de son talent autant que des choix de carrière pertinents depuis 15 ans, et un happy end trop beau pour être honnête, on obtient une preuve de plus que les blockbusters de qualité sont rares!

NOTE: 4/10

 

CRITIQUE: EXPLORERS

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Passionné de science-fiction, le jeune Ben Crandall souhaite plus que tout au monde rencontrer des extra-terrestres. Une nuit, le garçon fait un rêve étrange concernant un vaisseau spatial. Le lendemain, il décide de construire cet appareil volant avec son ami Wolfgang, génie en herbe. Une fois l’engin élaboré, les apprentis astronautes partent à la découverte de l’espace sans se douter de l’accueil que leur réserve les autres planètes…

Sorti un an après le carton de Gremlins, le 4 ème film de Joe Dante, bien que désavoué par son auteur, porte clairement sa patte. Hommage aux films de science-fiction des années 50, Explorers nous parle de science comme Piranhas ou l’Aventure Intérieure par exemple et porte un regard critique sur la société américaine et les médias, thème récurrent également. Film d’aventures prenant comme héros trois adolescents, le film eut un impact dans le cœur des enfants de ma génération semblable à E.T. ou les Goonies. Il est amusant de le revoir aujourd’hui et de retrouver des comédiens comme Ethan Hawke ou feu River Phoenix.

Malheureusement, les dernières minutes, très hollywoodiennes, sont indignes du cinéaste qui fut dépossédé de son projet par des changements de studio en cours de tournage. Joe Dante s’en explique dans une interview dont vous trouverez le lien ci-dessous.

NOTE: 7/10

 


 

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CRITIQUE: OBLIVION

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2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui.

Vivant et patrouillant à très haute altitude de ce qu’il reste de la Terre, la vie « céleste » de Jack est bouleversée quand il assiste au crash d’un vaisseau spatial et décide de porter secours à la belle inconnue qu’il renferme. Ressentant pour Jack une attirance et une affinité qui défient toute logique, Julia déclenche par sa présence une suite d’événements qui pousse Jack à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir…

Trois ans après avoir ressucité Tron, Joseph Kosinski reste dans la science-fiction en adaptant son propre roman graphique, Oblivion. Bien qu’assez réussi, son film a tendance à nous laisser sur notre faim.

Esthétiquement magnifique avec une direction artistique assez bluffante, le film n’est pas totalement convaincant. Après une première heure menée sur un rythme très lent, trop lent diront certains, durant laquelle le cinéaste prend le temps de nous présenter son personnage principal, Jack, incarné par le toujours vert Tom Cruise, le film retrouve vite dans la seconde partie son allure de blockbuster avec de l’action et un dénouement heureux!

Bourré de références, le film offre aux fans de science-fiction l’occasion de repérer les clins d’oeil plus ou moins discrets, de Wall-E à Alien en passant bien sûr par 2001! Le vrai défaut du film tient en son traitement un peu léger des personnages qui réduit l’empathie qu’ils peuvent suciter; le personnage incarné par Morgan Freeman étant pour le moins succint.

Reste que l’expérience visuelle soulignée par l’atmosphérique BO du groupe français M83 vaut largement le détour même si l’on passe à côté de quelque chose de grand.

NOTE: 7/10

 

CRITIQUE DVD: CRAWLSPACE

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LE FILM: 6/10

Pine Gap, base secrète de la CIA dédiée aux manipulations génétiques, ne donne plus aucun signe de vie depuis quelques heures. L unité de soldats d élite
envoyée sur place découvre alors avec stupeur un lieu qui paraît abandonné depuis des années et dont les occupants ont tous disparu. Dans cette base sous
haute sécurité, certaines expériences ont mal tourné…

Premier film de réalisateur de Justin Dix, responsable des effets spéciaux sur des films comme Star Wars épisode II et III, ce Crawlspace débarque directement en video sans passer par la case cinéma, ce qui en général n’est pas très bon signe. En l’occurence, ici, on se trouve face à un film de SF qui n’a rien d’infamant, bien au contraire.

Mis en scène avec un certain brio et esthétiquement assez abouti, ce Crawlspace pêche un peu au niveau de son scénario assez confus mais surtout aux références un peu appuyées. Au détour de nombreuses scènes on se prend à se souvenir de tel ou tel film, la référence la plus nette provenant du film Aliens de James Cameron et ce, dès le début avec cette escouade de soldats de laquelle émerge une nénette qui rigole pas!

Le film reste malgré ça assez plaisant et mérite le détour!

TECHNIQUE: 8/10

Pour un DVD, c’est nickel!

BONUS: 1/10

La bande-annonce et c’est tout! Dommage…

VERDICT: 6/10

Un direct to Video qui ravira les amateurs de SF!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez FPE dès le 3 avril.

 


CRITIQUE: LOOPER

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les «Loopers») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe (Joseph Gordon-Levitt), découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…

Troisième long métrage de Rian Johnson après « Brick » et « une Arnaque presque parfaite », ce « Looper » devrait ouvrir une nouvelle ère dans la carrière de son réalisateur. Sur un thème maintes fois traîté, à savoir le voyage dans le temps et la possibilité qu’il offre de modifier le cours des choses, « Looper » est pourtant enthousiasmant et surprenant, et même assez souvent jubilatoire! Ecrit par Johnson lui-même, le scénario de Looper, malgré la complexité de l’intrigue, s’avère d’une limpidité étonnante et repose sur une intrigue très prenante! La mise en scène, quant à elle, est éblouissante de maîtrise et le futur dépeint par Johnson ne croule pas sous un excès de technologie comme souvent. Concernant l’interprétation, Joseph Gordon-Levitt est parfait en Bruce Willis jeune, reprenant même ses tics et mimiques (bouche qui s’ouvre à peine et yeux plissés!) et ce dernier, tout en sobriété, ne tire pas la couverture à lui.

Le résultat donne un excellent thriller d’anticipation bourré d’action qui, même s’il fait beaucoup penser à du Christopher Nolan (y a pire comme comparaison!), demeure un divertissement largement recommandable!

NOTE: 8/10