CRITIQUE: UN HEUREUX EVENEMENT (2011)

Quand Barbara, jeune étudiante en Philo et Nicolas, vendeur dans un video-club et éternel adolescent, se rencontrent, c’est très vite l’Amour fou. Au bout de quelques mois, dans l’insouciance, ils décident de faire un enfant. La vie du jeune couple, de la grossesse aux premiers pas de la petite Léa, va s’en trouver bouleversée. Personne n’avait préparé les jeunes adultes à un tel cataclysme.

Tiré d’un roman éponyme d’Eliette Abécassis, c’est le troisième long métrage de Rémi Bezançon à qui l’on doit « ma vie en l’air » et le très surcoté « le premier jour du reste de ta vie ».  Très clairement calibré pour faire un carton (je prends les paris!), en particulier chez les trentenaires dont j’ai l’honneur de faire partie, le film est pourtant loin d’être réussi. Il comporte exactement les mêmes défauts que le film précédent de Bezançon à savoir un style ouvertement calqué sur les romcoms « étatsuniennes », ce qui comprend entre autres une utilisation abusive de la musique (encore une fois de Sinclair qui ferait mieux de retourner dans son jury sur M6). Pourquoi toujours souligner les scènes « d’émotion » avec du violon et parsemer le film de scènes ponctuées de rock à la façon des clips? Au niveau narratif ensuite, je suis très gêné par l’usage excessif de la voix off; autant le « je » ne nuit pas du tout à la lecture de cet excellent livre autant cet outil est à prendre avec des pincettes au Cinéma, ce que n’a pas fait Rémi Bezançon.

Maintenant, la parole est à la défense! Certes, même si aucun lieu commun ne nous est épargné (les ébats dérangés par les cris du bébé, les couches sales qui sentent mauvais et le vomi sur le col des chemises, j’en passe et des meilleures!), certaines scènes m’on fait sourire me remémorant certains bons moments de ma vie de jeune père. La scène de la rencontre du couple est aussi une superbe idée dont je vous laisse la surprise. Le couple Louise Bourgoin/Pio Marmaï est excellent, démontrant une complicité qui fait plaisir à voir et prouvant que l’ancienne miss météo est une vraie actrice (en course pour un César?) ! C’est SON film! Josiane Balasko trouve ici son meilleur rôle depuis des lustres, incarnant à merveille la mère soixante-huitarde de Louise Bourgoin.

« Un heureux évènement » est donc un film qui amusera sûrement ceux qui ont eu des enfants et qui en dégoûtera les autres!

CRITIQUE: L’ORPHELINAT (2007)

Wild Bunch Distribution

Le plus grand succès espagnol de tous les temps! Et c’est amplement mérité!

Juan Antonio Bayona rejoint Guillermo Del Toro et Alejandro Amenabar au sein de cette Nouvelle Vague espagnole dont on parle tant en ce moment.Et ici, ça n’a rien à voir avec le très décevant « Abandonnée » de Nacho Cerda; il s’agit là d’un sommet du film de « fantômes », genre très codifié, rempli de passages obligés.

Laura s’installe avec son mari et son fils adoptif, Simon, dans l’orphelinat au sein duquel elle a grandi: elle souhaite en faire un centre pour handicapés. Simon joue, de plus en plus souvent, avec des enfants imaginaires, au grand dam de ses parents. Un jour, Simon disparaît et les mois passant, Laura va commencer à croire à cette histoire d’enfants qui auraient enlevé Simon et à entrer dans l’univers de son fils. Elle y fera d’étranges découvertes…

Tous les classiques du genre sont donc réunis dans ce film: grande maison isolée à la « Psychose », bruits nocturnes, grincements de portes et cris d’enfants… Les mêmes ingrédients que dans l’excellent « les Autres » d’Alejandro Amenabar. Mais Bayona réussit malgré ça à nous transporter dans son histoire du début à la fin grâce à une mise en scène brillante, sans esbrouffe et effets de styles faciles.

Le dénouement vous glacera le sang autant qu’il vous nouera la gorge d’émotion. Il s’agit ici vraiment d’un coup de maître à découvrir de toute urgence.