CRITIQUE DVD: AGNOSIA

Le 5 octobre sort chez Wild Side en DVD et Blu-ray un film inédit en salles, « Agnosia ».

LE FILM:

Joanna Pratts souffre d’agnosie, une étrange maladie neuropsychologique qui altère sa perception et sa reconnaissance des choses ou des personnes. Elle est aussi l’unique héritière d’un secret industriel de grande valeur qui lui vient de son père.

La jeune femme devient la victime d’une sinistre machination visant à profiter de sa maladie, la plongeant dans le plus  angoissant des chaos…

Bien que vendu avec le nom de Guillermo del Toro et les références au « labyrinthe de Pan » et « l’orphelinat », le film n’a rien à voir avec ceux-ci. Non pas que ce soit un mauvais film, bien au contraire, mais dans la recette film espagnol + film d’époque+ film fantastique, le dernier ingrédient est complètement absent! Cela n’empêche pas le jeune réalisateur Eugenio Mira de signer un film visuellement magnifique à la mise en scène élégante et au sujet original. Une très jolie surprise donc mais livré dans le mauvais emballage! RAS côté technique (j’ai visionné le DVD) avec une image et un son tout à fait corrects!

LES BONUS:

Outre les bandes-annonces traditionnelles, un making-of intéressant sous forme de journal de tournage (29 mns) et 14 scènes coupées.

EN CONCLUSION:

Un film très réussi à découvrir à condition de ne pas s’attendre à voir un cousin du « labyrinthe de Pan » car grande serait la déception.

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CRITIQUE: L’ORPHELINAT (2007)

Wild Bunch Distribution

Le plus grand succès espagnol de tous les temps! Et c’est amplement mérité!

Juan Antonio Bayona rejoint Guillermo Del Toro et Alejandro Amenabar au sein de cette Nouvelle Vague espagnole dont on parle tant en ce moment.Et ici, ça n’a rien à voir avec le très décevant « Abandonnée » de Nacho Cerda; il s’agit là d’un sommet du film de « fantômes », genre très codifié, rempli de passages obligés.

Laura s’installe avec son mari et son fils adoptif, Simon, dans l’orphelinat au sein duquel elle a grandi: elle souhaite en faire un centre pour handicapés. Simon joue, de plus en plus souvent, avec des enfants imaginaires, au grand dam de ses parents. Un jour, Simon disparaît et les mois passant, Laura va commencer à croire à cette histoire d’enfants qui auraient enlevé Simon et à entrer dans l’univers de son fils. Elle y fera d’étranges découvertes…

Tous les classiques du genre sont donc réunis dans ce film: grande maison isolée à la « Psychose », bruits nocturnes, grincements de portes et cris d’enfants… Les mêmes ingrédients que dans l’excellent « les Autres » d’Alejandro Amenabar. Mais Bayona réussit malgré ça à nous transporter dans son histoire du début à la fin grâce à une mise en scène brillante, sans esbrouffe et effets de styles faciles.

Le dénouement vous glacera le sang autant qu’il vous nouera la gorge d’émotion. Il s’agit ici vraiment d’un coup de maître à découvrir de toute urgence.

CRITIQUE: VINCERE (2009)

Ad Vitam

Ida Dasler rencontre Mussolini alors qu’il débute en politique. Séduite par ses idées révolutionnaires, elle en tombe folle amoureuse. Elle l’aime tellement qu’elle vend tous ses biens pour lui permettre de créer son journal. De cet amour naît un fils mais lorsque la guerre éclate, Ida découvre que Benito est déjà marié et qu’il a également des enfants. A partir de ce moment là, Ida et son fils sont mis à l’écart. Elle se retrouve internée dans un asile et son fils placé dans un orphelinat. Ida Dasler n’aura de cesse de clamer qu’elle est la femme de Mussolini et la mère de son fils…

Le nouveau film de Marco Bellochio, l’un des enfants terribles du Cinéma Italien avec Moretti, est une oeuvre noire, puissante, magistrale, qui fera date. Le destin poignant d’Ida Dasler et de son fils donne lieu ici à un vrai opéra cinématographique.Giovanna Mezzogiorno, dans le rôle de cette femme qui se battra jusqu’à sa mort, sans relâche pour que son existence soit reconnue, est absolument fantastique. Le festival de Cannes ne s’y était pas trompé en lui décernant le prix d’interprétation.

Bouleversant et merveilleux, un film à découvrir sans faute chez MK2!

CRITIQUE: ESTHER (2008)

Warner Bros. France

John et Kate forment avec leurs deux enfants, Daniel et Max la cadette, sourde et muette, la famille parfaite. La vie, pourtant, ne les a pas épargnés. Après avoir eu un enfant mort-né, Kate est tombée dans l’alcoolisme et lors d’une de ses crises a failli perdre la petite Max par noyade. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, le couple souhaite adopter pour assouvir cet inextinguible besoin d’amour qu’ils éprouvent pour les enfants. Ils ont le coup de foudre, lors de la visite d’un orphelinat, pour l’adorable Esther, une petite fille modèle. Très vite, le comportement étrange de l’enfant va bouleverser la vie de la famille…

Moi qui pourrait écrire une thèse sur le film d’horreur, m’en étant gavé depuis mon plus jeune âge (Maman s’inquiétait de ma santé mentale!), je dois dire que je ce film m’a littéralement scotché dans mon canapé! Jeune réalisateur espagnol (décidément les spécialistes du genre!) qui n’a pour l’instant guère brillé (Goal 2, la Maison de cire), Collet-Serra prend déjà le temps pour nous raconter son histoire. Le film dure en effet deux heures, chose rare dans ce genre de films, qui durent plutôt autour de 90 minutes habituellement. Il nous laisse donc le temps de découvrir par petites touches cette famille et son passé, puis d’accueillir Esther et d’apprendre à la connaître. Et petit à petit, il fait monter la tension jusqu’à un niveau rarement atteint. Il faut noter la prestation de la jeune actrice qui incarne Esther, hallucinante! On a très vite envie de l’étriper! Le film est joussivement politiquement incorrect, ce qui ne gâte rien. Dans le genre, on en a déjà vu beaucoup mais là, c’est vraiment réussi jusqu’au dénouement vraiment surprenant!

A voir, les portes bien verrouillées!!! 

PS: Moi qui ai un neveu adopté, l’adoption c’est quand même une super aventure! Ce n’est qu’un film!

CRITIQUE: UNE VIE TOUTE NEUVE (2008)

Diaphana Films

Séoul, 1975, Jinhee a 9 ans. Un jour, elle se promène avec son père qui lui achète un très beau gâteau. Puis, ils prennent le bus qui les mène dans une grande demeure remplie d’enfants encadrés par des soeurs. Puis le père s’en va et laisse Jinhee: il l’abandonne dans un orphelinat. Petit à petit, Jinhee va sortir de son mutisme même si elle va refuser l’adoption pendant longtemps, persuadée du retour de son père. Puis, elle va se résigner, elle ne le reverra jamais…

Magnifique premier film, complètement autobiographique, d’Ounie Lecomte. Le sujet de l’adoption avait déjà été traité mais toujours du côté des parents adoptifs. Ici, la jeune réalisatrice s’intéresse à l’enfant, formidable Kim Saeron, bouleversante de bout en bout. Ici, pas de pathos, mais des émotions vraies, parfois déchirantes, comme lorsque la petite Jinhee explique son abandon par le fait qu’elle a fait pleurer le bébé de sa belle-mère. Et que dire de cette scène d’ouverture terrible dans laquelle le père abandonne sa fille qui ne comprend pas ce qui lui arrive, sans même lui faire un baiser d’adieu.

Vraiment un très beau film poignant qui révèle un vrai talent de cinéaste!