Critique: Parasite

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Titre original 기생충
Réalisation Bong Joon-ho
Scénario Bong Joon-ho1
Han Jin-won2
Acteurs principaux
Sociétés de production Barunson E&A3
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Genre drame horrifique
Durée 131 minutes4
Sortie 5 juin 2019

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Après deux productions américaines (« Snowpiercer » et « Okjo »), le Sud-Coréen Bong Joon Ho revient dans son pays et nous offre son septième long métrage, décrochant pas moins que la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes! Forte était donc l’attente pour ce film qui a véritablement enthousiasmé la Croisette. Depuis ses débuts, si Bong Joon Ho a toujours offert de vrais moments de cinéma, plaçant toujours le plaisir du spectateur en première ligne, il n’a jamais cessé de s’interroger sur l’avenir de la planète (The Host, Snowpiercer, Okja) ou dénoncer les manquements de la justice coréenne (Mother, Memories of Murder), bref de susciter la réflexion.

Avec « Parasite », curieux mélange de comédie, thriller ou film d’horreur, Bong Joon Ho nous relate l’histoire d’une famille de paumés qui ne voient que les petites combines pour tenter de s’en sortir. Le fils de famille a l’opportunité de se faire engager comme professeur d’Anglais pour la fille d’une riche famille. Une fois dans la place, il décide de tout faire pour faire engager tous les membres de sa famille à différents postes chez ces gens. Remarquablement écrit, « Parasite » parvient à dérouler 2h10 de film sans aucun temps mort et en surprenant sans cesse son public, jouant notamment sur ses ruptures de ton et naviguant entre les genres. Quant à la mise en scène, elle est elle aussi d’une inventivité dingue, notamment dans l’exploitation du décor de la maison bourgeoise dans laquelle la caméra virevolte. Sur la forme, le film de Bong Joon Ho est une vraie déclaration d’amour au 7ème art mais aussi à son public. Sur le fond, même s’il s’en défend, le cinéaste fait clairement un film politique, dénonçant une société coréenne plus que jamais scindée en deux, la classe de la haute bourgeoisie et une classe quasi miséreuse dénuée de tout espoir de s’en sortir, si ce n’est par la ruse. Cela faisait bien longtemps qu’une Palme d’Or n’avait autant réconcilié critique et public; il serait dommage de s’en priver!

5

Critique: Ghostland

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Titre original Incident in a Ghost Land
Réalisation Pascal Laugier
Scénario Pascal Laugier
Acteurs principaux
Sociétés de production 5656 Films
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la France France
Genre horreur
Durée 89 minutes
Sortie 14 mars 2018

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.
Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des évènements étranges vont alors commencer à se produire…

Après « Saint Ange » et « Martyrs », deux films d’horreur très prometteurs, le Français Pascal Laugier tente l’aventure aux States avec « The Secret » qui, malheureusement, ne sera pas la réussite escomptée. Son nouveau film est à nouveau une production internationale dont la grosse curiosité est la présence au générique de la chanteuse Mylène Farmer. Mais heureusement « Ghostland » n’est pas que ça!

Alors que le Cinéma d’Horreur surfe depuis quelques années sur la mode du film de fantômes, Laugier réveille le genre. Après une première partie où l’on croit à une énième variation sur le thème, Laugier revient à l’horreur réaliste dans tout ce qu’elle a de plus glauque, tout en rendant hommage à la littérature fantastique et notamment H.P.Lovecraft. Laugier ne recule devant rien, exploite toutes les recettes du genre mais avec savoir faire et exploite son décor de la plus belle des manières. Quant au couple de meurtriers, il entre au panthéon des plus grands malades aux côtés des familles de « Massacre à la tronçonneuse » et « la colline a des yeux »! Si vous voulez frissonner, courez voir « Ghostland »!!!

4.5