Critique: Hippocrate saison 1

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Un hôpital public en périphérie d’une grande ville. Suite à des mesures sanitaires, les médecins titulaires du service de médecine interne se retrouvent confinés chez eux pour 48h. Trois internes inexpérimentés et un médecin légiste, qui ne se connaissent pas encore, vont devoir faire bloc pour gérer seuls le service et les malades. Mais la quarantaine se prolonge…

Quelques mois à peine après la sortie du troisième volet de sa trilogie médicale au cinéma, « Première Année« , Thomas Lilti nous offre une série inspirée de son film « Hippocrate« . Durant les 8 épisodes de cette première saison, Lilti nous emmène dans le quotidien d’un hôpital parisien qui se retrouve aux mains d’une poignée d’internes alors que les médecins titulaires sont cloîtrés chez eux, en quarantaine. Comme dans ses films, Lilti parvient à mélanger habilement réalisme documentaire et romanesque. Remarquablement écrit et parfaitement rythmé, son récit nous transporte sans temps mort tout au long de la saison entre message sur les difficultés rencontrées par l’hôpital en France et les vies de ses personnages, médecins comme patients. S’il recrute pour sa série un casting composé de quelques jolies pointures comme Eric Caravaca ou Anne Consigny, la surprise vient des petits jeunes Zacharie Chasseriaud, Karim Leklou, Louise Bourgoin et surtout Alice Belaïdi que l’on voit enfin dans un rôle à la mesure de son talent! Cette superbe série française n’a absolument rien à envier à son modèle US « Urgences »!

4.5

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Critique: Les dents, pipi et au lit

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Antoine est un célibataire endurci, fêtard et séducteur. Il vit dans un magnifique appartement Parisien avec Thomas, son colocataire, où les soirées arrosées battent leur plein toutes les semaines. Lorsque Thomas part vivre à Los Angeles, il trouve à Antoine un nouveau colocataire pour le remplacer… « Jeanne, 1m70, yeux bleus ». Si la description fait saliver Antoine, il ne sait pas encore que la charmante Jeanne n’emménage pas seule… Mais accompagnée de ses deux enfants : Théo, 8 ans, et Lou, 5 ans ! 
Antoine, qui est loin d’être un papa poule, va goûter bien malgré lui aux joies de la vie de famille…

Premier film d’Emmanuel Gillibert, « les dents, pipi et au lit » est aussi le premier « premier rôle » de l’humoriste Arnaud Ducret. Il incarne un quadra complètement immature qui ne jure que par ses potes, les soirées alcoolisées, sa console et les filles, « bonnes » de préférence. Au moment où il découvre sa nouvelle coloc, Jeanne, incarnée par Louise Bourgoin, il se dit que la chance lui sourit… Jusqu’à ce que ses deux enfants de 5 et 8 ans débarquent! Finis les beuveries et le monopole de la télé! Seul objectif: virer les trois intrus au plus vite, à moins que finalement… Si l’objectif est de passer un bon moment, sans effort, le contrat est rempli notamment grâce à deux comédiens charmant à l’énergie communicative. Maintenant, si quelques gags font mouche, souvent en dessous de la ceinture (on notera une scène de « air sex » interminable) le film ne surprend jamais tant il emprunte, tout en les moquant, tous les standards de la comédie romantique. Dispensable…

2.5

CRITIQUE: UN HEUREUX EVENEMENT (2011)

Quand Barbara, jeune étudiante en Philo et Nicolas, vendeur dans un video-club et éternel adolescent, se rencontrent, c’est très vite l’Amour fou. Au bout de quelques mois, dans l’insouciance, ils décident de faire un enfant. La vie du jeune couple, de la grossesse aux premiers pas de la petite Léa, va s’en trouver bouleversée. Personne n’avait préparé les jeunes adultes à un tel cataclysme.

Tiré d’un roman éponyme d’Eliette Abécassis, c’est le troisième long métrage de Rémi Bezançon à qui l’on doit « ma vie en l’air » et le très surcoté « le premier jour du reste de ta vie ».  Très clairement calibré pour faire un carton (je prends les paris!), en particulier chez les trentenaires dont j’ai l’honneur de faire partie, le film est pourtant loin d’être réussi. Il comporte exactement les mêmes défauts que le film précédent de Bezançon à savoir un style ouvertement calqué sur les romcoms « étatsuniennes », ce qui comprend entre autres une utilisation abusive de la musique (encore une fois de Sinclair qui ferait mieux de retourner dans son jury sur M6). Pourquoi toujours souligner les scènes « d’émotion » avec du violon et parsemer le film de scènes ponctuées de rock à la façon des clips? Au niveau narratif ensuite, je suis très gêné par l’usage excessif de la voix off; autant le « je » ne nuit pas du tout à la lecture de cet excellent livre autant cet outil est à prendre avec des pincettes au Cinéma, ce que n’a pas fait Rémi Bezançon.

Maintenant, la parole est à la défense! Certes, même si aucun lieu commun ne nous est épargné (les ébats dérangés par les cris du bébé, les couches sales qui sentent mauvais et le vomi sur le col des chemises, j’en passe et des meilleures!), certaines scènes m’on fait sourire me remémorant certains bons moments de ma vie de jeune père. La scène de la rencontre du couple est aussi une superbe idée dont je vous laisse la surprise. Le couple Louise Bourgoin/Pio Marmaï est excellent, démontrant une complicité qui fait plaisir à voir et prouvant que l’ancienne miss météo est une vraie actrice (en course pour un César?) ! C’est SON film! Josiane Balasko trouve ici son meilleur rôle depuis des lustres, incarnant à merveille la mère soixante-huitarde de Louise Bourgoin.

« Un heureux évènement » est donc un film qui amusera sûrement ceux qui ont eu des enfants et qui en dégoûtera les autres!