CRITIQUE DVD: L’EAU FROIDE

LE FILM: 9/10

1972, près de Paris, Christine et Gilles sont élèves de la même classe. Enfants  de parents divorcés, ils sont livrés à eux-mêmes. Si Gilles s’en sort grâce à  ses divers trafics, Christine, elle, est écartelée entre sa mère scientologue,  et son père, honnête quincailler. Elle voudrait retrouver l’équilibre et aimer  Gilles, mais elle sent que le garçon n’est pas assez fort…

Cinquième film d’Olivier Assayas, « L’eau froide » est sans doute l’un des meilleurs films traîtant de la révolte adolescente. Situé au début des années 70, le film d’Assayas dresse le portrait d’un jeune couple d’ados animés de la même rage que les personnages de « Désordre », premier film du réalisateur. Un peu marginaux, Gilles tout en rébellion et Christine, en vraie souffrance psychologique ne trouvent le réconfort qu’ensemble. Ni la société qui les exclue (internat ou hôpital psychiatrique) ni leurs parents (divorcés, scientologues) ne peut les intégrer. Porté par un couple d’acteurs débutants épatants, Virginie Ledoyen et Cyprien Fouquet et une bande originale 70’s absolument géniale, le film d’Assayas n’a pas pris une ride tant la souffrance des ados reste toujours la même. En prime, un plan séquence merveilleux pendant lequel Virginie Ledoyen se coupe les cheveux sur la musique de Janis Joplin! Fabuleux!

Rien à dire sur ce DVD de qualité!

LES BONUS: 9/10

Outre une bande annonce, on trouve les essais des comédiens, et une interview des deux comédiens principaux qui révèle une Virginie Ledoyen vraiment passionnante!

VERDICT: 9/10

Indispensable!

Disponible en DVD (9,99 euros) chez MK2

 

CRITIQUE: LES ADIEUX A LA REINE

En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés.

Benoît Jacquot a choisi pour son vingtième film de nous parler de Marie-Antoinette à travers le personnage de sa liseuse Sidonie Laborde. Contrairement à Sofia Coppola dans son « Marie Antoinette », il délaisse le bling-bling et le rose bonbon pour dépeindre une société qui s’écroule. Axant son récit sur 4 jours autour du 14 juillet 1789, il nous raconte l’histoire d’une groupie, Sidonie (incarnée par une sublime Léa Seydoux), aveuglée d’admiration pour sa reine (Diane Kruger dans un de ses meilleurs rôles) qui, elle, n’a d’yeux que pour l’électrique Madame de Polignac (Virginie Ledoyen qu’on avait pas vue depuis longtemps aussi convaincante!). Ce trio autour duquel le film de Jacquot est construit court à une issue totalement mélodramatique dont je ne dévoilerai rien alors que la monarchie s’effondre!

La mise en scène, toute en finesse, de Benoît Jacquot, nous fait entrer dans l’intimité de la Reine, en distillant dès le début une réelle tension, renforcée par la superbe et omniprésente partition de Bruno Coulais. Quant au casting, il réunit le gratin du Cinéma Français avec outre le trio déjà cité, la formidable Noémie Lvovsky, Lolita Chammah, Julie-Marie Parmentier et Xavier Beauvois dans le rôle de Louis XVI.

Un des grands films de 2012 sans aucun doute!