CRITIQUE: UNE JOURNEE PARTICULIERE (1977)

Hier soir, ma chère salle de proximité a eu la riche idée de projeter dans le cadre de l’opération « ciné-mémoire » le magnifique film d’Ettore Scola « Une journée particulière », film que j’avais découvert en VHS il y a une vingtaine d’années mais dont j’avais conservé plusieurs scènes en mémoire.

Le 8 mai 1938, à Rome, Hitler rend visite à Mussolini et l’Italie met les petits plats dans les grands pour rendre hommage à la rencontre des deux dictateurs. Tous les habitants d’un immeuble se rendent donc aux festivités exceptées trois personnes: une mère de famille nombreuse surexploitée par sa famille (Sophia Loren), un homme d’une quarantaine d’années gay, ce qui ne manque pas d’importance à une époque où c’est un motif de déportation (Marcello Mastroianni), et la concierge. Alors que le perroquet de la première s’échappe de la fenêtre, celle-ci doit se rendre chez le second afin de le récupérer. Les deux personnages vont donc se rencontrer pour la première fois et finalement passer la journée ensemble, pouvant enfin partager leur solitude et trouver quelqu’un pour les écouter. Malgré son mari et ses six enfants, elle est seule car elle elle est considérée chez elle telle une bonne à tout faire et par son mari comme un objet sexuel. Lui est seul car il vit dans la honte et le silence, obligé de cacher son homosexualité, pour éviter la déportation. C’est donc une journée particulière que vont passer ensemble cet homme et cette femme…

Voilà un film vraiment magnifique à voir sur grand écran avec cette très belle image presque sépia et ces deux acteurs incroyables que sont Sophia Loren et Marcello Mastroianni. L’histoire est forte et touchante; quel dommage qu’elle n’ait été partagée que par huit personnes, moi compris, alors qu’il s’agit d’un film tout à fait abordable et toujours d’actualité. Un bel hymne au respect de l’autre.

CRITIQUE: A SINGLE MAN (2008)

Mars Distribution

Los Angeles, 1962, Georges Falconer, professeur à l’université, perd son compagnon Jim dans un accident de voiture. Solitaire, Georges a pour seule amie la belle Charley, complètement désoeuvrée depuis que son couple s’est défait. La vie ne semble plus avoir aucun sens pour Georges…

Tom Ford, célèbre styliste chez Gucci en particulier,  passe derrière la caméra pour la première fois et laisse entrevoir de vrais talents de cinéaste. On pourrait situer ce mélodrame gay quelque part entre Douglas Sirk pour le fond et Pedro Almodovar pour certaines audaces esthétiques. Pour incarner son personnage principal, Ford a eu l’excellente idée de faire appel à un acteur anglais très connu sans pourtant avoir les rôles que son talent mériterait, Colin Firth. Toute en retenue et en grâce, il joue une partition parfaite qui lui permit fort justement de décrocher le prix d’interprétation à Venise en 2009. En face, Julianne Moore, toujours parfaite, montre une fois de plus qu’elle emprunte un parcours à part à Hollywood. Le vrai plus du film est que Ford réalise un film vraiment universel et pas uniquement « gay friendly ».

Un très beau film!