Critique Dvd: Nos Meilleures Années

71ubu83456L._SL1000_.jpg

Titre original La meglio gioventù
Réalisation Marco Tullio Giordana
Scénario Sandro Petraglia
Stefano Rulli
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Durée 358 minutes (5 h 58 min)
Sortie 9 juillet 2003

LE FILM:

4.5

A la fin des années 60 en Italie, deux frères, Nicola et Matteo, partagent les mêmes rêves et les mêmes amitiés. Leur rencontre avec Giorgia, une jeune fille fragile, détermine leur destin : Nicola décide de devenir psychiatre tandis que Matteo abandonne ses brillantes études pour entrer dans la police. Leur histoire et celle de leur famille s’inscrit en parallèle avec les événements de l’Italie contemporaine : l’inondation de Florence, la lutte contre la mafia, les grands matches de football, les Brigades Rouges…

C’est une oeuvre d’une ambition complètement folle qu’il nous est donner de (re)découvrir en vidéo! Marco Tullio Giordana entreprend avec « Nos meilleures années » de raconter en 6 heures (!) le destin de deux frères et de leur famille tout en racontant quarante ans de l’Histoire de l’Italie. On suit donc Nicola et Matteo de la fin des années 60 au début des années 2000. Cette fresque magistrale remarquablement écrite et interprétée nous parle donc des liens familiaux, de l’amitié, de transmission et la grande réussite du film tient au fait que les évènements historiques participent totalement à l’action du film et ne servent pas seulement de toile de fond (l’un des personnages entre donc par exemple dans les Brigades Rouges). « Nos meilleures années » est un film somme, magistral, passionnant, émouvant, drôle, enthousiasmant et si certains films de 90 minutes paraissent durer des heures, les 6 heures de ce film passent comme un éclair! Génial!

TECHNIQUE:

4

Rien de méchant mais l’on sent parfois les limites du support SD!

BONUS:

2.5

On trouve sur un troisième disque, une interview du réalisateur et un court making of d’époque. On reste sur notre faim!

VERDICT:

4.5

Une grande fresque, juste indispensable!

Disponible en DVD (24.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez PYRAMIDE VIDEO

 

Publicités

Livre: La grande bouffe de Ugo Tognazzi

71qvGZmM8DL.jpg

Ni autobiographie ni simple livre de cuisine, l’ouvrage proposé par Ugo Tognazzi, la star de « la Cage aux folles », se situe quelque part entre les deux et ravira les cinéphiles adeptes de bonne chair. Dans une première partie, l’acteur évoque des souvenirs de sa vie liés à la cuisine tout en en livrant à chaque fois la recette. Dans une seconde partie, Tognazzi partage ses recettes italiennes préférées, des recettes toujours simplement réalisables. Dans une troisième partie, Ugo Tognazzi  évoque le tournage du film de Marco Ferrerri « la grande bouffe » tout en donnant les recettes des plats vus dans le film. Enfin, à la fin de l’ouvrage, Florence Rigollet, la traductrice du livre revient sur le scandale du film et la carrière du réalisateur et de son comédien. Très belle idée donc d’évoquer le 7ème art par le prisme de la cuisine dans un livre à la fois gourmand et distrayant.

4.5

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : SEGUIER (NOUVELLES ED.) (4 mai 2016)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2840496550
  • ISBN-13: 978-2840496557
  • Dimensions du produit: 24 x 2 x 17 cm

 

CRITIQUE DVD: L’ANGE DU MAL

LE FILM:

Un premier crime à l’âge de 9 ans, une réputation d’envergure à 27 ans : le gangster Renato Vallanzasca défraie la chronique en Italie. Son charme et son humour gagnent le cœur de la plupart des Italiens, malgré les violences commises par son gang. Arrêté à maintes reprises et aujourd’hui condamné à une quadruple perpétuité, celui qu’on surnomme « l’Ange du mal » s’est joué des institutions pénitentiaires pour s’imposer comme l’une des légendes du grand banditisme…

Après Mesrine ou Carlos, voici un nouveau biopic sur une star du crime. Ici, Michele Placido (Romanzo Criminale) s’attaque au mythe Renato Vallanzasca. Contrairement aux reproches entendus çà et là accusant le film de glorifier le criminel, ‘l’Ange du mal » cherche plutôt à éviter tout manichéisme en montrant les failles du personnage mais aussi ses quelques points de lumière. Déclinant chronologiquement les évènements sur une vingtaine d’années, le film s’appuie sur une mise en scène maîtrisée mais nerveuse et une très belle reconstitution de l’Italie des années de plomb. L’interprétation fait un sans-faute, en particulier en ce qui concerne le rôle titre, incarné par un Kim Rossi Stuart au magnétisme et à la présence rares. Même s’il ne fait pas preuve d’une originalité débordante, « l’Ange du mal » est un excellent polar qui se regarde avec beaucoup de plaisir. Un sans faute côté technique pour ce DVD!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces d’usage, on trouve un making-of court mais non dénué d’intérêt, 5 scènes coupées et une interview (10 mins) de l’acteur principal Kim Rossi Stuart, brillant et passionnant! Du court mais de qualité!

VERDICT:

Un DVD à se procurer sans crainte si vous aimez les films de gangster!

Disponible en DVD (19.99 euros) et Blu-ray (24.99 euros) le 11 janvier 2012 chez WILD SIDE VIDEO.

CRITIQUE: MIRACLE A SANTA ANNA (2008)

New York, années 80. Hector Negron, un employé de banque noir abat sans raison apparente un immigré italien venu acheter des timbres. Un jeune journaliste, Tim Boyle, est autorisé à rencontrer le tueur avant son procès. Celui-ci s’avère posséder une tête de statue dérobée en 1944 dans l’Italie occupée par les Allemands. Hector était membre des « Buffalo Soldiers », premier bataillon entièrement constitué d’hommes de couleur, ayant débarqué notamment en Toscane cet été là, près d’un village martyr nommé Santa Anna…

La sortie en vidéo de manière quasi-anonyme, puisqu’uniquement disponible dans les magasins FNAC, du dernier long métrage (de fiction) de Spike Lee dont le public français a déjà été privé en salles, me donne l’occasion de vous en parler. Après un début  proche du polar, très vite les flashbacks nous renvoient au film de guerre promis. Dans la forme, le film reste très proche du « soldat Ryan » de Spielberg. On peut se demander pourquoi Spike Lee s’est lancé dans le film de guerre; et bien tout simplement pour traiter de ce bataillon uniquement composé d’hommes noirs mieux considérés par les citoyens italiens que par leur pays. Il nous donne l’occasion également d’en apprendre un peu plus sur le massacre de Santa Anna, sorte d’Oradour sur Glane italien.

Au final, cela nous donne un film ambitieux et assez maîtrisé dans la forme mais un peu naïf sur le fond et un peu long parfois, bref, pas indispensable. « Miracle à Santa Anna » aurait tout de même certainement trouvé son public, tellement de plus mauvais films ayant l’occasion de nous être régulièrement présentés.

CRITIQUE: NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES (1974)

Gianni, l’avocat lombard (Vittorio Gassman), Antonio, le militant de gauche romain, brancardier dans le civil (Nino Manfredi) et Nicola, l’enseignant napolitain passionné par le septième art (Satta Flores) deviennent amis au sein de la résistance italienne. A la fin de la guerre le trio se retrouve à Rome, où il rencontre une jeune femme, Luciana (Stefania Sandrelli). Ils vont s’aimer, se perdre, se retrouver, traçant, en creux, le bilan d’une génération désabusée.

En 1974, « nous nous sommes tant aimés » est le huitième film d’Ettore Scola mais c’est bien le premier à participer à la renommée de son auteur avant « affreux, sales et méchants ». Le metteur en scène italien nous offre à travers le récit de ces trente années d’amitié un voyage passionnant dans l’Histoire de l’Italie et de son Cinéma. Il nous montre par exemple à travers une scène de débat à la suite de la projection du « voleur de bicyclettes » de De Sica, la volonté farouche du parti « démocratie chrétienne » de supprimer le genre néoréaliste du paysage cinématographique de l’époque. On a également droit à une scène où les personnages se retrouvent sur le tournage de « la dolce vita » de Fellini avec l’apparition du Maître lui-même et de Mastroianni. Et toutes ces références au Cinéma sont l’occasion de belles trouvailles de mise en scène jubilatoires! Sans compter la magnifique interprétation du quatuor, Nino Manfredi en tête même si Aldo Fabrizi dans le rôle de l’homme d’affaires véreux est fabuleux.

Un film magnifique, fleuron du cinéma italien des années 70.

CRITIQUE: UNE JOURNEE PARTICULIERE (1977)

Hier soir, ma chère salle de proximité a eu la riche idée de projeter dans le cadre de l’opération « ciné-mémoire » le magnifique film d’Ettore Scola « Une journée particulière », film que j’avais découvert en VHS il y a une vingtaine d’années mais dont j’avais conservé plusieurs scènes en mémoire.

Le 8 mai 1938, à Rome, Hitler rend visite à Mussolini et l’Italie met les petits plats dans les grands pour rendre hommage à la rencontre des deux dictateurs. Tous les habitants d’un immeuble se rendent donc aux festivités exceptées trois personnes: une mère de famille nombreuse surexploitée par sa famille (Sophia Loren), un homme d’une quarantaine d’années gay, ce qui ne manque pas d’importance à une époque où c’est un motif de déportation (Marcello Mastroianni), et la concierge. Alors que le perroquet de la première s’échappe de la fenêtre, celle-ci doit se rendre chez le second afin de le récupérer. Les deux personnages vont donc se rencontrer pour la première fois et finalement passer la journée ensemble, pouvant enfin partager leur solitude et trouver quelqu’un pour les écouter. Malgré son mari et ses six enfants, elle est seule car elle elle est considérée chez elle telle une bonne à tout faire et par son mari comme un objet sexuel. Lui est seul car il vit dans la honte et le silence, obligé de cacher son homosexualité, pour éviter la déportation. C’est donc une journée particulière que vont passer ensemble cet homme et cette femme…

Voilà un film vraiment magnifique à voir sur grand écran avec cette très belle image presque sépia et ces deux acteurs incroyables que sont Sophia Loren et Marcello Mastroianni. L’histoire est forte et touchante; quel dommage qu’elle n’ait été partagée que par huit personnes, moi compris, alors qu’il s’agit d’un film tout à fait abordable et toujours d’actualité. Un bel hymne au respect de l’autre.