Critique Bluray: Pleins feux sur l’assassin

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LE FILM:

4

Un vieux comte original décide de quitter le monde des vivants et se cache pour mourir. Ses héritiers apprennent qu’il leur faudra attendre cinq ans un héritage dont ils avaient bien besoin. Ils imaginent, pour payer les frais d’entretien du domaine dont ils ont la charge, d’organiser un spectacle son et lumière. Pendant les répétitions, commence une série de morts mystérieuses.

Quelques mois après son chef d’oeuvre de l’angoisse, « les Yeux sans visage« , George Franju adapte à nouveau Boileau-Narcejac avec « Pleins feux sur l’assassin ». Comme Franju le disait lui-même, son film est un film d’atmosphère. Après cette étrange disparition du Comte, on retrouve tous ses héritiers dans son château et les morts accidentelles se succèdent. C’est un peu comme si le fantastique poétique de Cocteau rencontrait les intrigues à la Agatha Christie. Trintignant est ici parfait et la musique de Maurice Jarre absolument splendide! Une belle découverte!

TECHNIQUE:

5

Une copie absolument splendide avec une définition magique et un son des plus limpides! Bravo!

BONUS:

1

On se contentera ici d’une courte interview d’époque de Georges franju.

VERDICT:

4

Un suspense poético-fantastique à (re) découvrir!

Disponible en bluray (12.99 euros) chez Gaumont

 

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CRITIQUE: LA PIEL QUE HABITO

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme
cobaye…

Deux ans après le magnifique « étreintes brisées » et pour son dix-huitième long-métrage, Pedro Almodovar se lance dans le thriller. Ici point de décors et de costumes aux couleurs bigarées et de l’humour à toute petite dose; place à une certaine sobriété que ce soit dans la mise en scène, la photo ou le jeu des comédiens. Le style Almodovar est présent comme souvent à travers un scénario à surprises, succession de flash-backs et de flash-forwards jusqu’au dénouement qui en traumatisera beaucoup. Le génial réalisateur espagnol se permet au passage de citer Hitchcock, notamment Rebecca avec sa gouvernante ou encore Georges Franju et ses « yeux sans visage » à travers le sujet même du film. La mise en scène, brillante, est un merveilleux écrin pour l’interprétation de Banderas qu’on pensait perdu pour le Cinéma et de Marisa Paredes excellente dans le rôle de la gouvernante. Et comme d’habitude, Almodovar filme ses comédiennes comme personne notamment la très belle Elea Anaya qu’on avait déjà vue dans « parle avec elle ». Et tout ça sur une superbe bande originale d’ Alberto Iglesias.

Brillant, angoissant, horrifiant, un très grand Almodovar!

CRITIQUE: LES YEUX SANS VISAGE (1959)

Un de mes films d’horreur favoris reste sans aucun doute « Les yeux sans visage » de Georges Franju sorti en 1960 sur les écrans.

Le scénario est signé de la plume de Boileau et Narcejac qui adaptent ici un roman de Jean Redon. L’amusant ici est que Boileau et Narcejac sont plus connus comme écrivains, notamment d’oeuvres à l’origine de scénarios comme « les Diaboliques » de Clouzot ou encore « Sueurs froides » du maître Alfred Hitchcock, deux chefs-d’oeuvre du Thriller.

L’histoire est celle de Christiane Genessier (incarnée par Edith Scob), fille d’un grand chirurgien esthétique, qui au cours d’un accident de la route, se retrouve totalement défigurée. Son père, joué par Pierre Brasseur, la fait alors passer pour morte et la garde enfermée dans clinique privée, en rase campagne. Il va consacrer toute son énergie à lui reconstruire un visage, une identité.

Pour ce faire, son assistante (la grande Alida Valli),est chargée d’enlever de jeunes  et jolies étudiantes à qui le professeur Genessier va découper le visage afin d’en recouvrir sa fille.

Au rythme des échecs, les victimes vont se multiplier, dans l’horreur la plus totale. L’angoisse qu’inspire ce film réside uniquement dans l’ambiance qui s’installe petit à petit: ce visage toujours recouvert d’un masque blanc, la clinique à l’écart de tout, ces cris d’oiseaux et de chiens qu’on entend régulièrement et tout simplement cette peur viscérale de la perte du visage, siège de l’identité de chaque être humain.

A la même époque, deux autres films se rapprochent des Yeux sans visage dans leur traitement: « Psychose » d’Alfred Hitchcock et « les Diaboliques » d’Henri-Georges Clouzot. Rien d’horrible n’est montré, tout est suggéré: l’ombre derrière le rideau de douche dans le premier ou encore le travelling dans le couloir sur un bruit de machine à écrire dans le second.

Petite anecdote: on peut voir dans le rôle d’un des enquêteurs Claude Brasseur dans un de ses premiers rôles.

En 1988, un remake des « Yeux sans visage » est réalisé par Jess Franco avec Helmut Berger, Brigitte Lahaie (dans une tentative de reconversion) et Stéphane Audran.

A l’inverse de son modèle, celui-ci est un film ultra-gore mâtiné d’un érotisme très années 80 avec porte-jarretelles et guêpière noire idoine, histoire de ne pas trop sous-employer la blonde starlette. C’est pourtant une belle réussite et une curiosité à (re)découvrir.

L’original et son remake sont tous les deux à voir en dvd parus chez René Chateau vidéo autour de 10 euros, ce qui reste tout à fait abordable.