CRITIQUE: LA PIEL QUE HABITO

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme
cobaye…

Deux ans après le magnifique « étreintes brisées » et pour son dix-huitième long-métrage, Pedro Almodovar se lance dans le thriller. Ici point de décors et de costumes aux couleurs bigarées et de l’humour à toute petite dose; place à une certaine sobriété que ce soit dans la mise en scène, la photo ou le jeu des comédiens. Le style Almodovar est présent comme souvent à travers un scénario à surprises, succession de flash-backs et de flash-forwards jusqu’au dénouement qui en traumatisera beaucoup. Le génial réalisateur espagnol se permet au passage de citer Hitchcock, notamment Rebecca avec sa gouvernante ou encore Georges Franju et ses « yeux sans visage » à travers le sujet même du film. La mise en scène, brillante, est un merveilleux écrin pour l’interprétation de Banderas qu’on pensait perdu pour le Cinéma et de Marisa Paredes excellente dans le rôle de la gouvernante. Et comme d’habitude, Almodovar filme ses comédiennes comme personne notamment la très belle Elea Anaya qu’on avait déjà vue dans « parle avec elle ». Et tout ça sur une superbe bande originale d’ Alberto Iglesias.

Brillant, angoissant, horrifiant, un très grand Almodovar!

4 réflexions sur “CRITIQUE: LA PIEL QUE HABITO

  1. Loin d’être le meilleur d’Almodovar, on retrouve malgré tout son style empreint de violence, de piégeur piégé, de drogue, d’homosexualité, et biensûr, le rôle éminent d’une mère discrète jouée par une actrice hors pair. Même si le casting est réussi, il n’en demeure pas moins que le film parait bâclé voire volontairement mal terminé. Il aurait été plus intéressant que le cobaye reste avec son ravisseur pour exploiter le syndrome de stockholm par exemple.

    • Ce n’est peut-être pas son meilleur film mais je trouve qu’il atteint une maîtrise parfaite dans sa mise en scène et il parvient à traiter à nouveau de ses thèmes de prédilection sans se répéter. Je respecte tout à fait ton analyse même si pour moi le film est loin d’être bâclé. Je ne trouve pas grand chose à redire au film alors que j’y allais avec un à priori pas très positif! En tout cas, merci de ton commentaire, j’aime entendre les avis de mes lecteurs. A bientôt

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