Critique: Douleur et Gloire

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Titre original Dolor y gloria
Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre comédie dramatique
Durée 113 minutes
Sortie 17 mai 2019

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Présenté en compétition lors cette dernière édition du Festival de Cannes, le nouveau film de Pedro Almodovar permettra-t-il au cinéaste espagnol de décrocher une Palme si convoitée? Pas impossible!

Sur l’affiche, on voit Antonio Banderas et son ombre qui ressemble étrangement au cinéaste ibère. En effet, Banderas interprète un réalisateur en panne créative, tiraillé par toutes sortes de maux physiques ou psychologiques. Pour les soulager, il cède aux addictions tout en revenant sur sa vie. Fortement autobiographique, « Douleur et Gloire » convoque deux des muses d’Almodovar, Banderas et Penelope Cruz et se présente comme un film presque testamentaire. Sobre et délicat, parfois vraiment émouvant, ce nouveau film du Maître donne également l’occasion à son interprète principal de livrer l’une de ses plus belles prestations. Cet hommage à la création extrêmement personnel pourrait bien être le film de la consécration mais restera quoi qu’il arrive l’un des grands films du maître.

4.5

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Critique Bluray: Julieta

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Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar d’après des nouvelles d’Alice Munro
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo S.A., Agustín Almodóvar, Esther García
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame
Durée 96 minutes
Sortie 18 mai 2016

LE FILM:

4.5

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Trois ans après le crash des « Amants Passagers« , Almodovar revenait en compétition lors du dernier Festival de Cannes avec « Julieta » et un exercice qu’il affectionne, le portrait de femme. Ici point d’évènement incroyable et de péripéties, le récit malgré sa structure en flash-backs est simple et limpide. Almodovar s’intéresse à une simple relation mère/fille chahutée par le temps et les soubresauts du destin. Si Julieta est remarquablement interprété par deux sublimes actrices, Emma Suarez et Adriana Ugarte, la mise en scène d’Almodovar porte le film très très haut. Visuellement splendide, Julieta comprend entre autres réjouissances une scène de train totalement magique qui évoque évidemment Hitchcock et tout un tas d’idées de mise en scène comme cette ellipse qui nous fait changer d’actrice dans le même plan. Un très grand film assurément, on a retrouvé Almodovar!

TECHNIQUE:

4.5

Magnifique copie avec une définition et un contraste respectueux de la superbe photographie du film.

BONUS:

1.5

Outre une courte interview du réalisateur et de son actrice Adriana Ugarte, on trouve un court making of. L’édition spéciale FNAC propose la masterclass que le réalisateur a donné à Paris lors de la sortie du film (45 mins), passionnant!

VERDICT:

4.5

L’un des grands films de l’année, forcément indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Pathé

Critique: Julieta

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Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar d’après des nouvelles d’Alice Munro
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo S.A., Agustín Almodóvar, Esther García
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame
Durée 96 minutes
Sortie 18 mai 2016

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Trois ans après le crash des « Amants Passagers« , Almodovar revenait en compétition lors du dernier Festival de Cannes avec « Julieta » et un exercice qu’il affectionne, le portrait de femme. Ici point d’évènement incroyable et de péripéties, le récit malgré sa structure en flash-backs est simple et limpide. Almodovar s’intéresse à une simple relation mère/fille chahutée par le temps et les soubresauts du destin. Si Julieta est remarquablement interprété par deux sublimes actrices, Emma Suarez et Adriana Ugarte, la mise en scène d’Almodovar porte le film très très haut. Visuellement splendide, Julieta comprend entre autres réjouissances une scène de train totalement magique qui évoque évidemment Hitchcock et tout un tas d’idées de mise en scène comme cette ellipse qui nous fait changer d’actrice dans le même plan. Un très grand film assurément, on a retrouvé Almodovar!

4.5

 

Cannes 2016: une sélection excitante

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Ce matin, Thierry Frémaux et Pierre Lescure dévoilaient la sélection pour le prochain Festival de Cannes qui aura lieu du 11 au 22 mai prochain. Concernant la compétition officielle, on trouvera quatre films français et pas mal de grosses pointures!

En ouverture, ce sera le nouveau Woody Allen, « Cafe Society ».

  • Toni Erdmann de Maren Ade

Première participation pour cette cinéaste allemande.

Synopsis: Lorsque Winfried, 65 ans, rend une visite surprise à sa fille Ines, 37 ans, en Roumanie, il pense que cette dernière a perdu le sens de l’humour et décide de l’aider à le retrouver, en multipliant les farces.

  • Julieta de Pedro Almodóvar

Après un prix de la mise en scène pour « Tout sur ma mère » en 1999 et un prix du scénario pour « Volver » en 2006, Almodovar décrochera-t-il la Palme?

Synopsis: Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

  • American Honey d’Andrea Arnold

La cinéaste anglaise a déjà décroché deux prix du jury pour « Red road » en 2006 et « Fish Tank » en 2009.

Synopsis: Un jeune homme rejoint l’équipe commerciale d’un magazine. Il découvre alors une vie faite de beuveries, de morale douteuse et de sexe…

  • La fille inconnue des frères Dardenne

Grand habitués de Cannes, toujours présents au Palmarès avec une Palme d’Or en 1999 avec « Rosetta », une autre en 2005 pour « l’Enfant », un prix du scénario pour  » le silence de Lorna » en 2008, un grand Prix en 2011 pour « le Gamin au vélo » et une mention spéciale du jury oecuménique pour « Deux jours, une nuit »! Jamais deux sans trois?

Synopsis: Jenny, médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que l’identité de la jeune fille est inconnue, Jenny se met en quête de trouver son nom…

  • Personal Shopper d’Olivier Assayas

Après une sélection pour « Sils Maria », Assayas retrouve Kristen Stewart pour décrocher un prix.

Synopsis: Maureen est une jeune américaine à Paris gagnant sa vie comme «personal shopper» pour une célébrité. Elle possède aussi une capacité aigue à communiquer avec les esprits, qu’elle partageait avec son frère jumeau, Lewis, décédé récemment…

  • Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Après un prix du jury pour « Mommy » en 2014, Xavier Dolan retrouve la compétition avec un casting français: Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux et Vincent Cassel!

Synopsis: Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, le film raconte l’après-midi en famille d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine.

  • Ma Loute de Bruno Dumont

Deux Grands Prix du Jury en 99 (l’Humanité) et 2006 (Flandres) à son actif, Bruno Dumont revient avec un film plus léger qu’à l’habitude et un gros casting!

Synopsis:

Eté 1910, baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace adjoint Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent, bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs particulières et Billie Van Peteghem, la benjamine d’une famille de riches bourgeois Lillois décadents.
  • Paterson, de Jim Jarmusch

Après une Caméra d’Or (Stranger than paradise) et deux participations à la compétition, Jarmush est de retour!

Synopsis:

Le périple d’un chauffeur de bus du New Jersey, poète à ses heures.
  • Rester vertical, d’Alain Guiraudie

Première compet pour Alain Guiraudie après un prix de la mise en scène à Un certain regard pour « l’inconnu du lac ».

Synopsis: Rester vertical suit en effet les errances d’un cinéaste en panne d’inspiration et en mal de paternité à travers la France. Cette dérive va quasiment conduire le héros à la déchéance sociale.

  • Aquarius de Kleber Mendonça Filho

Première participation pour le Brésilien Kleber Mendonça Filho.

Synopsis: Clara, 65 ans, est critique de musique retraitée. Veuve, elle a trois enfants aujourd’hui adultes et vit dans dans un appartement plein de disques et de livres situé dans l’immeuble « Aquarius ». Mais Clara a un talent particulier : elle voyage dans le temps…

  • Mal de Pierres, de Nicole Garcia

Marion Cotillard sera à nouveau sur les marches avec ce huitième film de Nicole Garcia.

Synopsis: Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve.

  • I, Daniel Blake de Ken Loach

18 films sélectionnés dont 13 en compétition, 3 prix du jury et une Palme d’Or, Ken Loach est le poids lourd de la catégorie!

Synopsis: Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée  en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

  • Ma’Rosa de Brillante Mendoza

Après son prix de la mise en scène en 2009 pour « Kinatay », le Philippin est de retour!

  • Baccalauréat de Cristian Mungiu

Palme d’Or en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et prix du scénario en 2012 pour « au-delà des collines », le Roumain présente un film pour la 3ème fois en compétition.

Synopsis: Ce que les parents disent à leurs enfants et ce que ces derniers voient leurs parents faire.

  • Loving de Jeff Nichols

Alors que « Midnight special » est encore à l’affiche, Jeff Nichols présente déjà son cinquième film, cette fois-ci en compétition!

Synopsis: Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

  • Agassi de Park Chan-Wook

Le Coréen a déjà ramené un Grand Prix en 2004 pour « Old boy » et un prix du jury en 2009 pour « Thirst »!

Synopsis: Entre la Corée et le Japon des années 1930, « The Handmaiden » retrace l’histoire fascinante d’une jeune femme fortunée, d’un escroc surnommé le « Conte », très intéressé par son argent, et d’une fille pickpocket qu’il placera comme servante chez la riche héritière.

  • The Last Face de Sean Penn

Si Sean Penn l’acteur a déjà été récompensé à Cannes pour « She’s so lovely », le réalisateur n’a connu qu’une sélection pour « the Pledge » en 2001.

Synopsis: Une docteur, qui travaille dans l’humanitaire en Afrique, tombe amoureuse d’un collègue.

  • Sieranevada de Cristi Puiu

Prix un Certain regard en 2005 pour  » La Mort de Dante Lazarescu »,  le cinéaste roumain est cette fois en compétition.

Synopsis: De retour d’un voyage d’affaires à Paris, un neurologue rejoint sa femme pour un dîner organisé pour l’anniversaire de la mort du père de cette dernière. Sur place, tous les convives attendent le prêtre censé célébrer la cérémonie…

  • Elle de Paul Verhoeven

Il avait enflammé la Croisette en 1992 avec Basic Instinct hors compétition; le cinéaste hollandais revient en compétition cette fois avec un casting français: Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny et Charles Berling!

Synopsis: Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

  • The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Prix de la mise en scène en 2011 pour « Drive », Winding Refn emballera-t-il la Croisette après l’avoir déstabilisée en 2013 (Only god forgives) ?

Synopsis: Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

 

Dans un Certain Regard, on notera le nouveau film de Kore-Eda et hors compétition la présence des nouveaux films de Spielberg et Jodie Foster.

 

CRITIQUE: LES AMANTS PASSAGERS

LES+AMANTS+PASSAGERS

Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d’un avion à destination de Mexico.
Une panne technique (une sorte de négligence justifiée, même si cela semble contradictoire ; mais, après tout, les actes humains le sont) met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península. Les pilotes s’efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards sont des personnages atypiques et baroques, qui, face au danger, tentent d’oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. La vie dans les nuages est aussi compliquée que sur terre, pour les mêmes raisons, qui se résument à deux mots : « sexe » et « mort ».
Les passagers de la Classe Affaire sont : un couple de jeunes mariés, issus d’une cité, lessivés par la fête du mariage ; un financier escroc, dénué de scrupules, affligé après avoir été abandonné par sa fille ; un don juan invétéré qui a mauvaise conscience et qui essaie de dire au revoir à l’une de ses maîtresses ; une voyante provinciale ; une reine de la presse du cœur et un Mexicain qui détient un grand secret. Chacun d’eux a un projet de travail ou de fuite à Mexico. Ils ont tous un secret, pas seulement le Mexicain.
La vulnérabilité face au danger provoque une catharsis générale, aussi bien chez les passagers qu’au sein de l’équipage. Cette catharsis devient le meilleur moyen d’échapper à l’idée de la mort. Sur fond de comédie débridée et morale, tous ces personnages passent le temps en faisant des aveux sensationnels qui les aident à oublier l’angoisse du moment.

Passé maître dans l’art de se situer là où l’on ne l’attend pas, Almodovar avait surpris son monde en mettant fin à une série de mélodrames entamée avec Tout Sur Ma Mère pour un thriller avec l’excellent La Piel Que Habito. Montrant de réelles dispositions pour ce genre, il nous prend à nouveau à contre-pied en revenant à un genre qui le fit connaître, la comédie déjantée à forte teneur sexuelle!

En plus de trente ans de carrière, Almodovar a rarement déçu et nous avait habitués à un haut degré d’exigence que malheureusement ce nouvel opus est loin d’atteindre.

On y retrouve certes une troupe de comédiens qui représente le gratin du cinéma ibère, notamment Carlos Areces (qu’on a découvert dans Balada Triste), Raul Arevalo (Balada Triste également), Javier Camara (Parle avec Elle ou encore La Mauvaise Education…), Lola Duenas (Parle avec Elle, Etreintes Brisées, Volver…), Cecilia Roth (Tout sur ma mère, Parle avec Elle…), la magnifique Blanca Suarez (la Piel Que Habito) et les caméos de Banderas et Penelope Cruz, et l’on retrouve évidemment le grain de folie qu’on aime chez Almodovar. Mais ces Amants Passagers pêchent avant tout au niveau du scénario qui, malgré la bonne idée de la métaphore sur la crise espagnole à travers cet avion qui tourne en rond et dont on aurait drogué la classe éco pour lui éviter la catastrophe, ne parvient jamais à décoller. On ne quitte malheureusement jamais les histoires de sexe, d’alcool et de drogue entre les membres de l’équipage et les passagers de la première classe. Ce n’est pas la seule incursion hors de l’appareil avec une histoire de téléphone en guise de cheveu sur la soupe qui redonne de l’intérêt au film.

Outre le casting sympa, on se réjouira du talent d’Almodovar dans l’utilisation de sa caméra dans un espace restreint et d’un numéro musical hilarant sur un tube des Pointer Sisters mais ça ne sauve pas le film d’un crash inévitable!

NOTE: 4/10

 

CRITIQUE: LA PIEL QUE HABITO

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme
cobaye…

Deux ans après le magnifique « étreintes brisées » et pour son dix-huitième long-métrage, Pedro Almodovar se lance dans le thriller. Ici point de décors et de costumes aux couleurs bigarées et de l’humour à toute petite dose; place à une certaine sobriété que ce soit dans la mise en scène, la photo ou le jeu des comédiens. Le style Almodovar est présent comme souvent à travers un scénario à surprises, succession de flash-backs et de flash-forwards jusqu’au dénouement qui en traumatisera beaucoup. Le génial réalisateur espagnol se permet au passage de citer Hitchcock, notamment Rebecca avec sa gouvernante ou encore Georges Franju et ses « yeux sans visage » à travers le sujet même du film. La mise en scène, brillante, est un merveilleux écrin pour l’interprétation de Banderas qu’on pensait perdu pour le Cinéma et de Marisa Paredes excellente dans le rôle de la gouvernante. Et comme d’habitude, Almodovar filme ses comédiennes comme personne notamment la très belle Elea Anaya qu’on avait déjà vue dans « parle avec elle ». Et tout ça sur une superbe bande originale d’ Alberto Iglesias.

Brillant, angoissant, horrifiant, un très grand Almodovar!

64 EME FESTIVAL DE CANNES: LA SELECTION EN IMAGES

Alors que le coup d’envoi de cette nouvelle édition du Festival de Cannes a été donné hier avec la présentation hors compétition du dernier Woody Allen après une cérémonie d’ouverture rondement menée par la pétillante Mélanie Laurent( qu’il est de bon ton de railler en ce moment), voici l’occasion de voir quelques images des films qui concourent pour la si convoitée Palme d’or.

Footnote de Joseph Vedar, cinéaste israélien qui réalise ici son premier film

L’Apollonide de Bertrand Bonello avec Hafsia Herzi et Noémie Lvovsky. C’est le deuxième passage en compétition pour le réalisateur français après Tiresia en 2003.

Drive de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling. C’est le premier film d’action américain du cinéaste danois à qui l’on doit la trilogie « Pusher », « Bronson » et « Le guerrier silencieux ».

HABEMUS PAPAM de Nanni Moretti avec Michel Piccoli. Cette plongée au coeur du Vatican donnera peut-être l’occasion au réalisateur italien, grand habitué de la Croisette, de remporter une seconde Palme après « la Chambre du fils ».

LE GAMIN AU VELO de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Cécile de France et Jérémie Renier. C’est l’occasion pour les frères belges de remporter une troisième Palme d’Or après « Rosetta » et « l’enfant » avec un film déjà encensé par la critique.

HANEZU de Naomi Kawase

A  41 ans, la réalisatrice japonaise revient pour la troisième fois en compétition après « Shara » en 2003 et « la forêt de Mogari » en 2007(grand prix du jury)

ONCE UPON A TIME IN ANATOLIA de Nuri Bilge Ceylan

Le cinéaste turc, habitué de la compétition, revient avec un film fleuve.

HARA-KIRI, DEATH OF A SAMURAI de Takashi Miike.

Miike, bien connu pour son terrifiant « audition » présente ici le remake en 3D d’un classique de Masaki Kobayashi, « harakiri » qui avait remporté le prix spécial du jury en 1963.

LA PIEL QUE HABITO de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas. Après plusieurs passages récompensés, le cinéaste espagnol espère enfin remporter le prix suprême.

LE HAVRE de Aki Kaurismäki avec André Wilms et Jean-Pierre Darroussin.

Le Finlandais, déjà récompensé avec « l’homme sans passé » d’un grand prix du Jury a posé sa caméra cette fois en France pour son dernier film. Peut-être cela lui portera-t-il chance?

MELANCHOLIA de Lars Von Trier avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Lars Von Trier concourt pour une deuxième Palme d’Or après « dancer in the dark » avec ce film sur fond de fin du monde à nouveau basé sur l’improvisation.

MICHAEL de Markus Schleinzer. Premier film du réalisateur autrichien, il pourrait faire polémique, traitant de pédophilie.

PATER d’Alain Cavalier avec Vincent Lindon. Le réalisateur français s’interroge sur les relations entre metteur en scène et comédien et livre selon Thierry Frémaux « une des choses les plus bizarres de l’histoire du festival »!

POLISSE de Maïwenn avec Karin Viard, Marina Foïs et Joey Starr. Après le « bal des actrices », Maïwenn s’intéresse au quotidien de la brigade de protection des mineurs et a réussi à convaincre le chanteur des NTM de jouer le rôle d’un flic!

–  SLEEPING BEAUTY de Julia Leigh, un conte de fée érotique pour ce premier film australien.

LA SOURCE DES FEMMES de Radu Mihaileanu avec Leïla Bekhti et Hafsia Herzi. C’est avec un plaidoyer féministe que Mihaileanu vient à Cannes pour la première fois.

THE ARTIST deMichel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman. Un outsider de choix pour cet hommage au cinéma muet par le réalisateur d’OSS 117!

THE TREE OF LIFE de Terrence Mallick avec Brad Pitt et Sean Penn. Trente-deux ans après « les moissons du ciel », c’est le retour de Mallick dont le nouveau film suscite toutes les attentes.

THIS MUST BE THE PLACE de Paolo Sorrentino avec Sean Penn. Premier film en Anglais du réalisateur italien qui avait reçu le prix du jury pour « il divo », film qu’avait adoré Sean Penn qui tenait absolument à travailler avec lui. C’est chose faite!

WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN  de Lynne Ramsey avec Tilda Swinton. Pour son troisième long métrage, Lynne Ramsey raconte les relations ambivalentes entre une mère et son fils meurtrier.

Dans les autres compétitions, certains films sont très attendus également. Dans « un certain regard », on note les présences de Guédiguian, Gus Van Sant, Kim Ki-Duk, Na Hong-Jin; à « la quinzaine des réalisateurs », on attend entre autres le dernier film d’André Téchiné. Bref, beaucoup de bonnes choses en perspective!