Critique Bluray: Pleins feux sur l’assassin

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LE FILM:

4

Un vieux comte original décide de quitter le monde des vivants et se cache pour mourir. Ses héritiers apprennent qu’il leur faudra attendre cinq ans un héritage dont ils avaient bien besoin. Ils imaginent, pour payer les frais d’entretien du domaine dont ils ont la charge, d’organiser un spectacle son et lumière. Pendant les répétitions, commence une série de morts mystérieuses.

Quelques mois après son chef d’oeuvre de l’angoisse, « les Yeux sans visage« , George Franju adapte à nouveau Boileau-Narcejac avec « Pleins feux sur l’assassin ». Comme Franju le disait lui-même, son film est un film d’atmosphère. Après cette étrange disparition du Comte, on retrouve tous ses héritiers dans son château et les morts accidentelles se succèdent. C’est un peu comme si le fantastique poétique de Cocteau rencontrait les intrigues à la Agatha Christie. Trintignant est ici parfait et la musique de Maurice Jarre absolument splendide! Une belle découverte!

TECHNIQUE:

5

Une copie absolument splendide avec une définition magique et un son des plus limpides! Bravo!

BONUS:

1

On se contentera ici d’une courte interview d’époque de Georges franju.

VERDICT:

4

Un suspense poético-fantastique à (re) découvrir!

Disponible en bluray (12.99 euros) chez Gaumont

 

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Critique Bluray: l’Agression

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LE FILM:

3

Un homme se consacre à venger sa femme et sa fille qui ont été violées et assassinées par un groupe de motards sur l’autoroute des vacances.

Si Gérard Pirès s’est fait connaître du grand public avec « Taxi » en 1998, il a toutefois commencé sa carrière de réalisateur en 1968 avec « Erotissimo ». C’est en 1974 qu’il réalise son quatrième film, « l’agression » avec un trio d’acteurs de gros calibre: Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve et Claude Brasseur. Si le scénario ne vole pas bien haut, frôlant même parfois le ridicule, le film sort en pleine mode des Vigilante Movies façon « Justicier de Minuit » où un individu se venge par le sang, généralement d’un crime qui l’a privé de sa femme et/ou de ses enfants. C’est le cas ici du personnage incarné par Trintignant qui va chercher à éliminer ceux qu’il croit coupables du meurtre et du viol de sa femme et sa fille. A voir pour les performances de Trintignant en justicier, Deneuve en belle-soeur coquine et Brasseur en serveur facho; accessoirement pour rire du rôle ridicule de Charlebois!

TECHNIQUE:

3.5

Une copie correcte avec un grain assez prononcé.

BONUS:

0.5

Seul bonus, une courte interview d’époque de Trintignant sur le plateau.

VERDICT:

3

Un vigilante movie à la Française!  Curieux…

Disponible en Bluray (12.99) chez Gaumont dès le 24 février

Critique Bluray: Ma Nuit chez Maud

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  • Réalisé par :
    Eric Rohmer
  • Avec :
    Jean-Louis Trintignant, Françoise Fabian, Marie-Christine Barrault…
  • Durée :
    1h50min
  • Pays de production :
    français
  • Année de production :  1969
  • Distributeur :
    CFAC

LE FILM: 8/10

Installé depuis peu à Clermont-Ferrand, Jean-Louis remarque à la messe Françoise, dont il décide qu’elle sera sa femme. Un ami d’enfance lui présente Maud, qui manque de peu le faire déroger à ses principes de fidélité.

Deuxième long métrage de la série des Contes Moraux après la Collectionneuse, Ma Nuit chez Maud permit à Eric Rohmer de se faire connaître à l’étranger. Sous des allures austères, sans musique, en noir et blanc et faisant se succéder de longues plages de dialogues, le film de Rohmer évite pourtant l’ennui grâce à l’intelligence de son écriture et parfois même sa légèreté. Réflexion sur l’amour et la religion, Ma nuit chez Maud reste comme l’un des films majeurs de son auteur et de la Nouvelle Vague!

TECHNIQUE: 8/10

Très belle copie avec une définition exemplaire et un son débarrassé de toute impureté!

BONUS: 9/10

On trouve ici un court documentaire d’époque sur la femme étudiante à la fin des années 60, une interview de Françoise Fabian ainsi que l’émission Télécinéma dans laquelle Trintignant vient parler du film (30 mins).

VERDICT: 8.5/10

Une magnifique édition pour un film majeur de la Nouvelle Vague!

Disponible en combo Bluray/dvd (19.99 euros) dès le 2 septembre chez Potemkine

CESAR 2013: LE PALMARES

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L’Amour aura donc triomphé comme prévu, dominant un palmarès assez juste, n’en déplaise aux fans d’Holy Motors ou de Camille Redouble! Le film de Carax bouillonnant d’idées et de génie pour ses inconditionnels reste un film assez élitiste (vous savez ce que j’en pense!); quant au film de Noémie Lvovsky, ses treize nominations restaient pour moi une énigme totale, vu son manque d’originalité et ses longueurs épouvantables. Le seul regret vient du fait que De Rouille et d’Os n’ait pas glané soit le Meilleur film, soit le meilleur réalisateur. Concernant le César du meilleur film étranger, l’Académie a fait un choix assez frileux récompensant l’oeuvre la moins originale au détriment de la bombe Bullhead, du spleenesque Oslo 31 août ou du kubrickien Royal Affair!

Meilleur film : Amour de Michael Haneke

Meilleur réalisateur : Michael Haneke pour Amour

Meilleur acteur : Jean-Louis Trintignant pour Amour

Meilleure actrice : Emmanuelle Riva pour Amour

Meilleur court-métrage : Le Cri du homard de Nicolas Guiot

Meilleurs costumes : Christian Gasc pour Les Adieux à la reine

Meilleur montage : Juliette Welfling pour De Rouille et d’os

Meilleur décor : Katia Wyszkop pour Les Adieux à la reine

Meilleur documentaire : Les Invisibles de Sébastien Lifshitz

Meilleure second rôle féminin : Valerie Benguigui dans Le Prenom

Meilleur scénario original : Amour de Michael Haneke

Meilleure musique originale : Alexandre Desplat pour De Rouille et d’os

Meilleur film étranger : Argo de Ben Affleck

Meilleur son : A. Deflandre, E. Tisserand, G. Boulay pour Cloclo

Meilleure photo : Romain Winding pour Les Adieux à la reine

Meilleur espoir masculin : Matthias Schoenaerts pour De Rouille et d’os

Meilleure adaptation : Thomas Bidegain et Jacques Audiard pour De Rouille et d’os

Meilleur film d’animation : Ernest et Célestine

Meilleur second rôle masculin : Guillaume de Tonquedec

Meilleur premier film : Louise Wimmer de Cyril Mennegun

Meilleure espoir féminin : Izia Higelin dans Mauvaise fille

CRITIQUE: Amour

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

Trois ans après son dernier film, « le Ruban Blanc », Palme d’Or à Cannes, le cinéaste autrichien Michael Haneke remporte à nouveau la récompense suprême avec ce film inspiré de son expérience familiale. Cinéaste au style assez froid et clinique aux films souvent violents, Haneke baptise ce nouveau film « Amour » mais en fait pourtant son film le plus dur. Traitant du thème de la fin de vie et des répercussions sur la famille, Haneke nous montre les derniers mois au sein d’un couple jusqu’à l’issue fatale.

Il place donc le spectateur en face d’un drame qui touchera forcément chacun un jour et n’épargne aucun détail: le personnage d’Anne, déclinant physiquement au fil des semaines, connait la paralysie, l’incontinence, la démence et tous les détails inhérents à ce genre de problèmes et son mari, Georges, tente, autant que faire se peut, de faire face. Comme toujours chez Haneke, la caméra ne s’encombre d’aucun artifice et laisse les personnages évoluer dans son champ, pour plus de réalisme,  et n’élude rien, en étirant les scènes au maximum, parfois à la limite du supportable. Mais là où le film est magique, c’est qu’au-delà de ces actes quotidiens souvent douloureux, l’Amour entre ces deux êtres que sont Anne et Georges suinte à chaque plan, que ce soit dans les paroles ou dans les gestes, quand il lave les cheveux de sa femme ou qu’il lui caresse la main.

La réussite du film d’Haneke ne serait pas la même sans l’interprétation de Jean-Louis Trintignant (sorti de 10 ans de retraite cinématographique pour ce film!) et Emmanuelle Riva, couple de cinéma bouleversant.

Un très grand film sur un sujet peu vendeur mais qui dévastera ceux qui tenteront l’expérience, tant il nous questionne : qu’est-ce que l’Amour et jusqu’où est-on prêt à aller pour accompagner l’être aimé ?

NOTE: 9.5/10