CRITIQUE BLU-RAY: MORT OU VIF

51Zj96+T1JL__SL500_

LE FILM: 8/10

Comme chaque année, les plus fines gâchettes de l’ouest américain se retrouvent à Rédemption. Herod, qui règne en tyran sur la petite ville, organise un tournoi de duels à mort, récompensé pour le finaliste par une énorme somme d’argent. Redoutable tireur, Herod a toujours été le vainqueur. Cette fois-ci, c’est la surprise, une jeune femme, venue de nulle part, s’inscrit pour défier le tueur…

Réalisé bien avant les Spider-Man par un Sam Raimi qui sort tout juste du troisième volet des Evil Dead, ce Mort ou Vif est un bel hommage au western en plein milieu des années 90, durant lesquelles ce dernier se fait rare: à part Danse avec les loups en 1990 et Impitoyable en 1992, les quelques autres productions n’ont pas vraiment marqué les esprits. Grande était donc la curiosité de voir ce réalisateur de films d’horreur un peu barrés se réapproprier la légende de l’Ouest!

Bonne nouvelle: Sam Raimi réussit son hommage tout en gardant son style! L’action se déroule dans une petite ville avec son saloon et son bordel et le cowboys y ont la gachette facile. L’originalité ici tient au fait que le héros est une femme et qu’elle ne compte pas se laisser faire; elle débarque en ville assoiffée de vengeance et rien ne pourra la faire dévier de sa mission. Elle veut la peau de Herod et pour ça elle devra aller au bout du tournoi de duels.

Tout en respectant les codes du western et en y ajoutant quelques clins d’oeil comme la présence de Woody Strode (acteur spécialisé dans le western qu’on a pu voir notamment dans Il était une fois dans l’Ouest) en croque-mort, on reconnaît la caméra de Raimi qui multiplie les effets, donnant à ce western des allures de cartoon! Les blessures par balle laissent même passer la lumière du jour! Et chaque duel est clairement jubilatoire!

Quant au casting, il est absolument parfait: Sharon Stone, Gene Hackman, le jeune Leonardo di Caprio et Russel Crowe sont tous excellents! Rajoutez là-dessus une bande originale d’Alan Silvestri alternant les morceaux typiques de son travail et d’autres ouvertement inspirés de Bacalov et Morricone et vous obtenez un très bon western!

TECHNIQUE: 8/10

Malgré un grain assez présent notamment sur les arrières plan, la définition est très bonne tout comme les couleurs et le son est explosif!

BONUS: 0/10

Nada!

VERDICT: 8/10

Un incontournable pour les fans de western!

Disponible en Blu-ray (14,99 euros) chez SPHE

CRITIQUE: DJANGO UNCHAINED

20366454_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

En vingt ans de carrière, Quentin Tarantino dresse une filmographie en forme d’hommage: après avoir honoré le film de braquage (Reservoir Dogs), les romans « pulp » (Pulp Fiction), les films de blaxploitation (Jackie Brown), le chambara (Kill Bill), les séries B présentées en double programme (Boulevard de la mort qui devait être projeté au départ avec Planète Terreur de Rodriguez) ou encore le film de guerre (Inglourious Basterds) tout en faisant très souvent référence au western, il était logique que QT réalise enfin SON western, si possible à tendance spaghetti lorsqu’on connaît son amour pour ce genre et pour Sergio Corbucci en particulier.

django-unchained-2

S’inspirant d’ailleurs  de ce dernier, jusqu’au nom de son héros et son thème musical, les premières minutes du film montrent, sur la célèbre musique de Luis Bacalov, non pas un Blanc trainant un cercueil mais un groupe d’exclaves noirs, enchaînés, encadrés par deux cowboys blancs. L’un de ces esclaves est Django! On retrouvera également une histoire de vengeance et des hommes encagoulés mais l’histoire reste très éloignée du film de Corbucci, écartant complètement l’idée de remake.

QT a choisi, pour son western, de nous parler de l’esclavage aux Etats-Unis en situant son  histoire deux ans avant la Guerre de Sécession. Outre le western spaghetti pur, c’est carrément un buddy movie que nous propose le cinéaste avec cette association improbable entre Django l’esclave et le Dr King Schultz, chasseur de primes allemand, qui vont faire équipe, l’un pour tuer une bande de malfrats que seul Django connaît, l’autre pour retrouver sa femme Broomhilda, aux mains du sadique Candie!

Comme toujours chez Tarantino, on retrouve un cinéma ultra référencé, de longues scènes de dialogues toujours très inventifs, des flambées de violence intense (des geysers de sang inondent l’écran à plusieurs reprises notamment lors d’un gunfight d’anthologie),  une bande originale composée d’emprunts variés(on retrouve ici Morricone, Bacalov, 2pac) et des numéros d’acteurs souvent épatants.

Avec ce Django Unchained, QT multiplie les scènes très dialoguées mais jamais inutilement, défaut que l’on pouvait parfois lui attribuer notamment dans Kill Bill 2 ou Boulevard de la Mort. Et l’inventivité de ses dialogues est tout au long du film ahurissante, notamment lors d’une scène où les membres du KKK discutent de la qualité de leurs cagoules et de leur aspect pratique! Côté mise en scène, il ne cherche jamais à singer les tics du western spaghetti, s’accordant juste le plaisir de quelques zooms rapides bien sentis, et propose certains plans d’une beauté rare. Quant à l’interprétation, QT nous offre un quatuor d’acteurs merveilleux: Christoph Waltz (chasseur de primes allemand dont la rare éloquence précède souvent à la mort de l’interlocuteur), Jamie Foxx (Django, exclave libéré en quête de vengeance), DiCaprio (en esclavagiste au sadisme effrayant) et Samuel L.Jackson (maître de maison converti aux pensées racistes de son maître).

Sur un sujet fort, Quentin Tarantino réalise donc ici un pur chef d’oeuvre et son meilleur film à ce jour. 2h45 de génie et de plaisir de la part d’un cinéaste cinéphile! Galopez-y!

NOTE: 9.5/10