Critique: La Favorite (les Arcs Film Festival – Sommet)

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Titre original The Favourite
Réalisation Yórgos Lánthimos
Scénario Deborah Davis
Tony McNamara
Acteurs principaux
Sociétés de production Element Pictures
Scarlet Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Irlande Irlande
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre historique
Durée 120 minutes
Sortie 6 février 2019

Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de renouer avec ses racines aristocratiques. Alors que les enjeux politiques de la guerre absorbent Sarah, Abigail quant à elle parvient à gagner la confiance de la reine et devient sa nouvelle confidente. Cette amitié naissante donne à la jeune femme l’occasion de satisfaire ses ambitions, et elle ne laissera ni homme, ni femme, ni politique, ni même un lapin se mettre en travers de son chemin.

Un an après « mise à mort du Cerf Sacré », Yorgos Lanthimos est de retour avec un film plus classique sur le fond que ces précédents. Ici, point de postulat de départ foldingue: la jeune servante Abigail Hill débarque à la cour de la Reine Anne en espérant retrouver un rang conforme à ce qu’elle connaissait avant que son père ne la vende pour payer ses dettes de jeu. Elle va donc tout mettre en oeuvre pour occuper la place de favorite de la Reine à la place de Lady Sarah. Sur cette base très classique, une lutte de pouvoir à la Cour, Lanthimos va tout de même injecter une dose de folie frôlant parfois le burlesque, comme une scène de danse mêlant menuet et hip hop! Découpé en chapitres aux titres énigmatiques, « la Favorite » est un régal de mise en scène évoquant tour à tour Greenaway ou Kubrick (on pense inévitablement à Barry Lyndon) et surtout l’occasion au trio Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone de s’en donner à coeur joie. Cette dernière, si certains en doutaient encore, confirme la grande actrice qu’elle est, livrant une prestation ahurissante, avec une immense palette de jeu! « la Favorite » est déjà l’un des très grands film de 2019!

5

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Critique: Battle of the Sexes

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Réalisation Jonathan Dayton
Valerie Faris
Scénario Simon Beaufoy
Acteurs principaux
Sociétés de production Cloud Eight Films
Decibel Films
Fox Searchlight Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre biopic
Sortie 22 Novembre 2017

1972. La championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple…

Alors que le féminisme reprend depuis peu du poil de la bête, ce « Battle of the sexes » tombe à point nommé pour rappeler que le combat est loin d’être gagné. Le duo Dayton/Farris à qui l’on doit « Little Miss Sunshine » s’attaque au sujet sous l’angle du biopic. Si le titre et la bande annonce laisse présager d’un simple affrontement entre la joueuse féministe Billie Jean King et le macho Bobby Riggs pour prouver la supériorité de l’un ou de l’autre, c’est en cela que le film est plutôt malin. En effet, lors de la préparation de cet affrontement qui fit sensation, Billie Jean King, mariée, tombe amoureuse de sa coiffeuse. C’est sur le combat intérieur vécu par la joueuse que le film met l’accent, à une époque où faire son coming out était plus que difficile. « Battle of the sexes », jusque dans sa mise en scène, choisit de délaisser le spectaculaire du match de l’année, montré à travers les images de la télé, pour insister sur le dilemme de la joueuse: d’un côté mener un combat pour toutes les femmes et de l’autre, se cacher pour ne pas choquer. Loin d’être la comédie que l’on pressentait, « Battle of the sexes », remarquable par sa direction artistique et son duo de comédiens (Emma Stone/ Steve Carrell), est en fait un vibrant plaidoyer pour l’égalité au sens large.

4

Critique: La La Land

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Réalisation Damien Chazelle
Scénario Damien Chazelle
Acteurs principaux
Sociétés de production Black Label Media
Gilbert Films
Impostor Pictures
Marc Platt Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film musical
Durée 126 minutes
Sortie 25 janvier 2017

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Le chemin vers l’accomplissement artistique est semé d’embûches, semble nous dire le jeune Damien Chazelle depuis son précédent film, « Whiplash ». On y suivait l’apprentissage à la dure d’un jeune batteur de jazz; dans son nouveau film, « La la land », Mia enchaîne les castings humiliants, rêvant d’être en haut de l’affiche. A ses côtés, Sebastian, jeune pianiste, rêve de monter son club de jazz pour redonner ses lettres de noblesse à un art qui disparaît; pour survivre, il devra se compromettre dans des groupes improbables. Toutefois, leur rencontre pourrait donner un autre sens à leur vie. Il y a quelques années, Michel Hazanavicius rendait un vibrant hommage au Cinéma muet avec The Artist, en reprenant tous les codes du genre. Ici, Chazelle honore la Comédie Musicale mais en lui redonnant un coup de frais. On y croise les fantômes de Demy ou Donen mais remis au goût du jour, comme lors de cette superbe scène d’ouverture sur l’autoroute où dans un bouchon très actuel, tous les automobilistes sortent pour chanter et danser. Si le film constitue une vibrante réflexion sur l’art ou la poursuite des rêves, « La la land » est surtout une magnifique histoire d’Amour qui ne serait pas ce qu’elle est sans les performances d’Emma Stone, pétillante et émouvante, et Ryan Gosling, dont le jeu minimaliste laisse passer tant d’émotions. Musique brillante, mise en scène hallucinante de maîtrise (Chazelle n’a que 32 ans!), couple iconique, La la land est un classique instantané, un concentré de Cinéma pur, émouvant et emballant! Courrez-y vite!

5

La La Land: la bande-annonce !

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Deux ans après le génialissime « Whiplash« , le jeune Damien Chazelle revient avec un nouveau film qui suscite une attente des cinéphiles quasiment insupportable! Une histoire d’Amour chantée et dansée par le couple ultra glamour Ryan Gosling/Emma Stone et voici la bande-annonce qui fait plus que mettre l’eau à la bouche! On sent déjà qu’on va adorer « La La Land »!!! Fin de l’attente: 25 janvier!

« Proche de la perfection. »

Time

« Un chef d’œuvre »

The Guardian

« Un triomphe absolu »

The Playlist

« En pôle position pour l’Oscar du meilleur film »

The Telegraph

« Un film magique ! Il devrait être imbattable aux Oscars »

Didier Allouch

« La La Land fait des claquettes dans les cœurs de tous les romantiques de la planète »

Screen International

« Une injection de vitamines et de soleil ! »

The Hollywood Reporter

« Le monde a besoin de La La Land. Maintenant ! »

The playlist

« Un film qu’on ne veut pas voir finir »

  The Guardian

 

Synopsis

 

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia (Emma Stone) sert des cafés entre deux auditions.

De son côté, Sebastian (Ryan Gosling), passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.

Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…

Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Critique: L’Homme Irrationnel

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Titre original Irrational Man
Réalisation Woody Allen
Scénario Woody Allen
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 14 octobre 2015

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Il a le sentiment que quoi qu’il ait entrepris – militantisme politique ou enseignement – n’a servi à rien.Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons. D’abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. Si Jill est amoureuse de son petit copain Roy, elle trouve irrésistibles le tempérament torturé et fantasque d’Abe, comme son passé exotique. Et tandis que les troubles psychologiques de ce dernier s’intensifient, Jill est de plus en plus fascinée par lui. Mais quand elle commence à lui témoigner ses sentiments, il la rejette. C’est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

Comme tous les ans, à l’image du Beaujolais Nouveau, on déguste le nouveau cru allenien, pas toujours du même niveau mais immanquable de toute façon. Le cru 2015 est clairement une bonne année! Après une première partie, comédie existentielle dans laquelle un prof de philo alcoolique et dépressif séduit une collègue nymphomane et l’une de ses jeunes étudiantes tout en cherchant une inspiration disparue, le film vire à mi-parcours dans la noirceur, avec la décision de Lucas de commettre un meurtre pour redonner du sens à sa vie. On est alors plus proche de films comme « Crimes et délits » ou « Match Point », et le film aurait même quelques accents hitchcockiens: on pense à « la Corde » et ses intellectuels qui cherchent à commettre le crime parfait, juste pour le plaisir et Allen se permet même d’introduire un MacGuffin avec une lampe de poche à l’importance capitale. Les dialogues sont comme toujours pétillants, l’interprétation du duo Phoenix/Stone brillante, la mise en scène inventive et la photo magnifique! Encore!!!

4

Welcome Back, le nouveau Cameron Crowe directement sur Netflix! Ca vaut quoi?

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  • Réalisé par :
    Cameron Crowe
  • Avec :
    Bradley Cooper, Emma Stone, Rachel McAdams…
  • Durée :
    1h44min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  2015
  • Titre original : Aloha
  • Distributeur :
    Inédit en salles en France

Un militaire de renom retourne sur les terres où il a connu les plus grands succès de sa carrière. Alors qu’il renoue des liens avec un amour de jeunesse, il tombe contre toute attente sous le charme d’une militaire de l’Air Force qu’on lui a assigné.

Quatre ans après son piteux « Nouveau Départ« , Cameron Crowe revient avec « Welcome back » (Aloha en VO). Véritable bide aux Etats-Unis malgré un casting plutôt vendeur (Bradley Cooper, Emma Stone, Rachel McAdams, Alec Baldwin et Bill Murray!), la Fox décide finalement d’annuler la sortie salles en France! Ce sont les abonnés de Netflix qui auront le privilège de découvrir le film, ce que je me suis empressé de faire!

L’impression est mitigée! La première moitié du film a dû subir des coupes car l’histoire est incompréhensible! On ne comprend que très tard dans le métrage qui est Bill Murray et quel est le rôle de Bradley Cooper, ce qui s’avère gênant pour vraiment entrer dans l’histoire! Quand le brouillard se dissipe un peu, il faut avouer que l’on s’attache aux personnages (Emma Stone a rarement été aussi craquante!) et que Crowe nous gratifie de deux scènes qui sauvent totalement le film, deux scènes sans dialogues où tout passe par le regard. Si l’on sent qu’on retrouve le cinéaste, on se demande quand même à quel point le film a subi des interventions extérieures!

3

Critique Bluray: Magic in the Moonlight

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LE FILM:

4.5

 

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Pour la 46ème fois, les lettres blanches sur fond noir s’affichent sur un air de jazz des années 20. Une fois de plus Woody Allen nous parle d’amour comme dans toute son oeuvre mais aussi de magie comme dans Alice, Scoop ou le sortilège du Scorpion de Jade et pourtant ce n’est jamais le même film qu’il nous offre!

S’il ne joue pas dans celui-ci, le personnage incarné par Colin Firth lui ressemble étrangement dans son cynisme et sa manière de décourager toute tentative de positiver ou d’espérer de ses congénères. Puis, devant les dons de Sophie (pétillante Emma Stone), on le prend à douter puis même prier le Bon Dieu à notre grande surprise, le Maître Allen ne nous ayant pas habitué à ce genre de faiblesses. Mais ce cynisme allenien n’a pas disparu pour autant et prouve que le cinéaste n’a rien perdu de sa verve et de sa patte. Magnifiquement photographié par Darius Khondji, drôle, léger, ce Magic in the Moonlight est bel et bien magique et l’un des meilleurs Woody depuis très longtemps!

TECHNIQUE:

5

 

Un écrin pour la magnifique photo de Darius Khondji! Somptueux!

BONUS:

Aucun bonus comme toujours avec Woody Allen! Quel dommage…

VERDICT:

4.5

 

Un grand cru allenien! A ne pas manquer!

Disponible en DVD (19.9.9 euros) et bluray (24.99 euros) chez FranceTV Distribution/TF1 Vidéo dès le 1er avril