CRITIQUE: LA GUERRE EST DECLAREE

Quand Romeo et Juliette se rencontrent, ils se plaisent tout de suite. Ils croient d’abord à une blague puis se disent qu’un couple tel que le leur ne peut que souffrir. Et puis ils n’y pensent plus et vivent le bonheur. Ce bonheur, ils vont le concrétiser en donnant naissance au petit Adam et bien qu’il pleure beaucoup, ils se disent après tout que « les bébés, ça pleure ». Mais alors que plusieurs facteurs les alertent, le verdict tombe: Adam a une tumeur au cerveau. Que faire? Se laisser abattre? Non! La guerre est déclarée!

Valérie Donzelli, pour son deuxième film après « la reine des pommes », traite d’un sujet qui lui est cher puisqu’il s’agit de son histoire et celle de Jérémie Elkaïm et de leur fils, l’histoire du combat qu’ils ont mené et remporté contre sa maladie. Ils ont donc décidé de partager cette douloureuse expérience en écrivant tous les deux le scénario et en l’interprétant tout en étant derrière la caméra, pour Valérie.

On pouvait craindre le pire d’un tel sujet, si lourd et si propice à sombrer dans le pathos! Que nenni! Dès le début du film, on comprend que l’issue n’est pas fatale, otant toute idée de suspense malvenu et malsain. Puis l’on suit cette histoire plutôt pleine d’énergie et de vie; certes les plus sensibles (dont je fais partie!) laisseront échapper quelques larmes mais Valérie Donzelli ne cherche jamais, et c’est son plus grand mérite, à nous les arracher. C’est uniquement grâce à son récit et à l’empathie que l’on ressent pour ce couple si attachant que l’émotion affleure. Sur la forme, le film est jubilatoire tant les trouvailles de mise en scène se multiplient et la bande originale, naviguant de Vivaldi à Bach en passant par Delerue, Morricone ou Yuksek, est une succession de petits bijoux! En tout cas même si Romeo et Juliette en sortent « détruits mais plus solides », moi j’en suis sorti heureux!

CRITIQUE: UN JOUR (2011)

 Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d’étude et décident…de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s’adorer, se séparer, se détester, se manquer… finiront-ils par comprendre qu’ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils sont ensemble ?

Septième film d’une réalisatrice danoise que je ne connaissais pas, Lone Scherfig, mais qui a fait parler d’elle avec son précédent film « une éducation » (dont je vous parlerai dès que je l’aurai vu), « un jour » mérite d’être vu. Je dois bien avouer que je suis aller le voir sans trop en attendre avec même un a priori négatif et bien tant mieux, la surprise n’en a été que plus grande. La première raison tient à l’originalité de la construction qui nous conte la même journée, le 15 juillet, sur une période de vingt ans. On suit donc les deux personnages principaux du lycée à la trentaine bien tassée assistant à leur évolution aussi bien physique (ah les 80’s) que psychologique (le showbiz, ça vous change un homme!). Je ne saurais vous parler de la qualité de l’adaptation, le film étant tiré du livre éponyme, puisque je l’ai pas lu mais ce qui est sûr c’est que le scénario est très bien ficelé. On ne s’ennuie pas une seconde et l’on évite la guimauve qui aurait pu inonder un tel projet. D’autant que le film prend l’énorme risque de se frotter à un genre ô combien casse-gueule, le mélodrame, le vrai! Et n’y voyez rien de péjoratif: Douglas Sirk en avait bien fait sa spécialité! L’autre raison de trouver ce film très attachant est la qualité de l’interprétation du couple Anne Hattaway/Jim Sturgess, très complémentaire.

Une vraie réussite à voir en amoureux!