CRITIQUE: BOULEVARD DU CREPUSCULE (1949)

J’ai vu pour la première fois hier soir un film absolument magnifique qui confirme tout le bien que je pense de son réalisateur Billy Wilder, à qui l’on doit entre autres « la Garçonnière », « Certains l’aiment chaud » « embrasse-moi idiot » ou encore « 7 ans de réflexion ».

Une star du cinéma muet, interprétée par une époustouflante Gloria Swanson, vit recluse dans sa villa en compagnie de son seul majordome (Erich Von Stroheim) qui fut par ailleurs son premier mari et son metteur en scène. Le cinéma est devenu parlant et elle fait partie de ces nombreux acteurs que cette évolution a fait disparaître. Un jeune scénariste en manque d’argent se retrouve dans cette maison à la suite d’une panne de voiture et va être embauché pour travailler à l’écriture du film qui relancera la carrière de la star déchue: « Salomé ». Il deviendra son amant puis s’en éloignera progessivement, fuyant la folie dans laquelle elle plonge progressivement.

Wilder signe ici un magnifique hommage au cinéma et en particulier au passage du muet au parlant comme l’avait fait Stanley Donen avec « Chantons sous la pluie ».  Il signe en même temps une satyre sur Hollywood et le star-system. En tout cas, un des joyaux du cinéma américain de l’après-guerre qui de plus n’a pas pris une ride

CRITIQUE: INGLOURIOUS BASTERDS (2009)

Universal Pictures International France

Enfin, j’ai pu voir le nouveau millésime de Tarantino , le réalisateur le plus excitant de ces dernières années. Dans la France occupée de 1940, Shosanna (Mélanie Laurent) assiste à l’exécution de sa famille par le colonel nazi Hans Landa (Christoph Walz) et ses hommes mais parvient à s’échapper. Elle refera sa vie sous un autre nom, comme exploitante d’une salle de cinéma parisienne. De son côté, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) livre une guerre sans merci avec ses hommes contre les Nazis qui croisent leur chemin. Ce commando, composé de Juifs américains, scalpe ses victimes et laisse quelques survivants sur lesquels ils gravent une croix gammée sur le front. Associés à Shosanna, ils vont profiter de la projection du film de Goebbels pour tenter d’assassiner Hitler et les principaux membres du parti nazi.

Le film débute par une scène hallucinante à glacer le sang où l’on découvre le personnage d’Hans Landa incarné par l’incroyable Christoph Walz, qui a d’ailleurs remporté le prix d’interprétation au dernier festival de Cannes. Les passages d’anthologie se succèdent malgré certains tunnels de dialogues interminables qui semblent devenir la spécialité de notre ami Quentin. C’était en effet déjà le cas dans son précédent film « Boulevard de la Mort » et c’est bien dommage. Je pense en particulier à la scène où les soldats jouent aux cartes dans la taverne qui aurait mérité quelques coupes. On ne peut par contre que s’incliner devant l’interprétation avec un Christoph Walz impressionnant dans ce rôle de SS qui cache une effroyable cruauté derrière ses bonnes manières et son apparente douceur. Brad Pitt est à mourir de rire dans ce rôle de soldat US avec son accent de bouseux du sud à couper au couteau (à voir impérativement en VO!) et s’impose définitivement comme un grand acteur aux choix de carrière souvent judicieux. Mélanie Laurent s’en tire haut la main dans ce rôle de jeune Juive assoiffée de vengeance après la mort de sa famille, qui pourrait être la petite soeur de la mariée de Kill Bill.

Le film est d’autre part accompagné d’une superbe bande originale, comme toujours chez Q.T., qui s’est cette fois débarassé des habituels standards du funk et de la soul des 70’s, pour utiliser des musiques de westerns, dont quatre emprunts faits au maître Morricone, qui s’adaptent parfaitement au récit.

En conclusion, du bon Tarantino, mais pas le meilleur. Mérite toutefois une deuxième vision.