CRITIQUE: BOULEVARD DU CREPUSCULE (1949)

J’ai vu pour la première fois hier soir un film absolument magnifique qui confirme tout le bien que je pense de son réalisateur Billy Wilder, à qui l’on doit entre autres « la Garçonnière », « Certains l’aiment chaud » « embrasse-moi idiot » ou encore « 7 ans de réflexion ».

Une star du cinéma muet, interprétée par une époustouflante Gloria Swanson, vit recluse dans sa villa en compagnie de son seul majordome (Erich Von Stroheim) qui fut par ailleurs son premier mari et son metteur en scène. Le cinéma est devenu parlant et elle fait partie de ces nombreux acteurs que cette évolution a fait disparaître. Un jeune scénariste en manque d’argent se retrouve dans cette maison à la suite d’une panne de voiture et va être embauché pour travailler à l’écriture du film qui relancera la carrière de la star déchue: « Salomé ». Il deviendra son amant puis s’en éloignera progessivement, fuyant la folie dans laquelle elle plonge progressivement.

Wilder signe ici un magnifique hommage au cinéma et en particulier au passage du muet au parlant comme l’avait fait Stanley Donen avec « Chantons sous la pluie ».  Il signe en même temps une satyre sur Hollywood et le star-system. En tout cas, un des joyaux du cinéma américain de l’après-guerre qui de plus n’a pas pris une ride

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CRITIQUE: POTICHE (2010)

Hier soir, comme prévu, c’était l’avant-première du dernier film de François Ozon, Potiche, en présence de ce dernier  accompagné de Judith Godrèche et du monument Catherine Deneuve!

En 1977, dans une petite ville du Nord de la France, Suzanne Pujol est l’épouse soumise de Robert Pujol qui dirige l’entreprise familiale de fabrication de parapluies. Celui-ci est insupportable et despotique avec ses ouvriers comme avec sa femme Suzanne, réduite au rôle de potiche, dont l’opinion n’est que « perte de temps ». Alors que le climat social au sein de l’entreprise se déteriore avec grève à l’appui, Robert doit partir en cure de repos. C’est Suzanne qui assure l’intérim, demandant conseil au député maire communiste Babin (excellent Depardieu). Au retour de Pujol, les choses se compliquent…

Adaptation d’une pièce de Barillet et Grédy, « Potiche » se situe dans la carrière d’Ozon quelque part entre « 8 femmes » et le formidable « gouttes d’eau sur pierres brûlantes ». La bonne idée du film représente aussi à mes yeux son défaut principal: tout est ici surjoué comme dans une pièce de boulevard sauf qu’on est ici au cinéma. Il est donc d’autant plus dur d’entrer dans le film tant tout est « too much ». Cette caractéristique du film donne toutefois l’occasion au casting quatre étoiles (Deneuve, Lucchini, Godrèche, Depardieu, Rénier, Viard…) de se lâcher et de se faire plaisir et ça fonctionne assez bien. Les dialogues sont parfois très drôles (on y cite même notre Président Sarkozy) et la reconstitution des 70’s est parfaite (ah le téléphone recouvert de velours!). Une bonne comédie qui aurait mérité d’être un peu plus incisive mais c’est pas tous les jours qu’on voit Catherine Deneuve faire son footing en jogging Adidas