CRITIQUE DVD: GEBO ET L’OMBRE

visuel

LE FILM: 8.5/10

Malgré l’âge et la fatigue, Gebo poursuit son activité de comptable pour nourrir sa famille. Il vit avec sa femme, Doroteia, et leur belle-fille, Sofia, mais c’est l’absence de leur fils, João, qui occupe les esprits. Gebo semble cacher quelque chose à son sujet, en particulier à Doroteia, qui vit dans l’attente passionnée de leur enfant. De son côté, Sofia attend également le retour de son mari, tout en le redoutant. De manière soudaine, João réapparaît, tout bascule.

70 ans après son premier film, Manoel de Oliveira, cinéaste le plus âgé en activité, adapte une pièce de théâtre de Raul Brandao. Dans un lieu unique, il filme en longs plans séquences fixes la famille de Gebo. Ce dernier passe ses journées à tenir les comptes de personnes dont il n’aura jamais la richesse alors que le fils Joao est aux abonnés absents. Ce qui frappe dans le film de De Oliveira, c’est ce qu’il donne à ressentir au spectateur tout en restant dans le minimalisme. On ressent la pluie qui tombe au dehors, la chaleur de la lampe à huile et même les odeurs qui règnent dans la demeure du vieux comptable. Pour peu que l’on ne soit pas rebuté par ce minimalisme, on ne peut que se laisser porter par ces magnifiques comédiens (Michael Lonsdale, Claudia Cardinale ou Jeanne Moreau) et savourer ces images qui constituent de vraies toiles de maître.

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur ce DVD impeccable.

BONUS: 7/10

Outre la bande-annonce , on trouve une galerie photos, les filmographies du réalisateur et de ses comédiens, une video de l’avant-première à la Cinémathèque où chacun y va de son discours (sans grand intérêt) et une interview de Michael Lonsdale et Claudia Cardinale.

VERDICT: 8.5/10

Un grand film qui se mérite!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Epicentre Films

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CRITIQUE: IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST (1968)

Alors qu’il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain (Claudia Cardinale) hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons se portent sur un aventurier, Cheyenne ( Jason Robards)…

La sortie du film en blu-ray m’a donné l’occasion de revoir ce chef d’oeuvre dans sa version restaurée et dans des conditions sonores et visuelles étourdissantes. Après avoir créé sa « trilogie du dollar » (« Pour une poignée de dollars », « et pour quelques dollars de plus » et « le bon, la brute et le truand »), Sergio Leone entame sa trilogie des « il était une fois » avec ce film pour la conclure ensuite avec « il était une fois la révolution » et « il était une fois en Amérique ». Avec ce premier volet, il procède en quelque sorte à l’enterrement du western, genre très présent dans les années 50 et 60 pour disparaître petit à petit des écrans. Leone montre ici la création des Etats-Unis avec l’arrivée du rail et place les enjeux financiers de cette Révolution au centre de son action. Sur la forme, d’une durée de quasiment trois heures, le film est une succession de scènes dilatées à l’extrême dans lesquelles les gros plans sur les visages et les panoramiques se suivent portés par la musique légendaire d’Ennio Morricone. La scène la plus connue est sans doute la scène d’ouverture durant laquelle on assiste à l’attente de l’arrivée du train dans lequel se trouve l’homme à l’harmonica (Charles Bronson) par trois tueurs. Pendant treize minutes, alors que la caméra passe d’un visage à l’autre, les seuls sons entendus sont ceux des mouches et de l’éolienne qui grince jusqu’à l’arrivée de Bronson caractérisée par le son de l’harmonica. Ce son-là reviendra à intervalles réguliers tout au long du film pour introduire une tension qui aboutira comme l’on s’en doute à un règlement de comptes.

Truffé d’images magnifiques que la musique ne fait que sublimer et porté par un casting formidable qui comprend notamment Henry Fonda génial dans le rôle du méchant et la merveilleuse Claudia Cardinale, le film est à redécouvrir dans cette édition irréprochable. Les yeux bleus de Fonda n’auront jamais été aussi perçants et ceux de Cardinale aussi envoutants. Sans conteste l’un des plus grands films jamais réalisés!