CRITIQUE: RANGO (2011)

Un jour, Rango, un caméléon domestique, echappé par accident de son vivarium, échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l’Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu’il peut enfin se rendre utile. Dernier espoir des habitants de Poussière, Rango s’improvise shérif et n’a d’autre choix que d’assumer ses nouvelles fonctions. Affrontant des personnages plus extravagants les uns que les autres, Rango va-t-il devenir le héros qu’il se contentait jusque-là d’imiter ?

Curiosité que ce dessin animé sorti cet hiver sur nos écrans et que je n’avais pas eu le temps d’aller voir en salle; j’ai donc comblé cette lacune à l’occasion de la sortie en blu-ray. Pourquoi une curiosité? Simplement parce que c’est la quatrième collaboration de Gore Verbinski et de Johnny Depp après la trilogie « Pirates des Caraïbes » , séduisante trilogie d’aventures qui avait réussi le pari donner vie à l’écran à une attraction de Disney World! Savoir que le duo se reformait pour un film d’animation alors que le marché est quasiment monopolisé par le géant Pixar, avait de quoi éveiller notre impatience.

Et bien c ‘est une énorme surprise! Ne serait-ce qu’au niveau technique, Rango est éblouissant et se hisse tout à fait au niveau des créateurs de Cars et Nemo: un florilège d’images merveilleuses aussi bien au niveau des décors que des personnages, une sacrée collection de trognes de western! Sur le fond, le film est bourré de références au western spaghetti, à Sergio Leone en particulier avec notamment une apparition de l' »homme sans nom », alias Clint Eastwood, et une musique Leonienne en diable. Pour les références, ce n’est pas tout, on notera aussi « apocalypse now » , « star wars », « les 7 mercenaires » ou encore « arizona dream »!

Une réussite! Pour les enfants mais aussi leur papa!

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CRITIQUE: IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST (1968)

Alors qu’il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain (Claudia Cardinale) hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons se portent sur un aventurier, Cheyenne ( Jason Robards)…

La sortie du film en blu-ray m’a donné l’occasion de revoir ce chef d’oeuvre dans sa version restaurée et dans des conditions sonores et visuelles étourdissantes. Après avoir créé sa « trilogie du dollar » (« Pour une poignée de dollars », « et pour quelques dollars de plus » et « le bon, la brute et le truand »), Sergio Leone entame sa trilogie des « il était une fois » avec ce film pour la conclure ensuite avec « il était une fois la révolution » et « il était une fois en Amérique ». Avec ce premier volet, il procède en quelque sorte à l’enterrement du western, genre très présent dans les années 50 et 60 pour disparaître petit à petit des écrans. Leone montre ici la création des Etats-Unis avec l’arrivée du rail et place les enjeux financiers de cette Révolution au centre de son action. Sur la forme, d’une durée de quasiment trois heures, le film est une succession de scènes dilatées à l’extrême dans lesquelles les gros plans sur les visages et les panoramiques se suivent portés par la musique légendaire d’Ennio Morricone. La scène la plus connue est sans doute la scène d’ouverture durant laquelle on assiste à l’attente de l’arrivée du train dans lequel se trouve l’homme à l’harmonica (Charles Bronson) par trois tueurs. Pendant treize minutes, alors que la caméra passe d’un visage à l’autre, les seuls sons entendus sont ceux des mouches et de l’éolienne qui grince jusqu’à l’arrivée de Bronson caractérisée par le son de l’harmonica. Ce son-là reviendra à intervalles réguliers tout au long du film pour introduire une tension qui aboutira comme l’on s’en doute à un règlement de comptes.

Truffé d’images magnifiques que la musique ne fait que sublimer et porté par un casting formidable qui comprend notamment Henry Fonda génial dans le rôle du méchant et la merveilleuse Claudia Cardinale, le film est à redécouvrir dans cette édition irréprochable. Les yeux bleus de Fonda n’auront jamais été aussi perçants et ceux de Cardinale aussi envoutants. Sans conteste l’un des plus grands films jamais réalisés!