CRITIQUE DVD: GEBO ET L’OMBRE

visuel

LE FILM: 8.5/10

Malgré l’âge et la fatigue, Gebo poursuit son activité de comptable pour nourrir sa famille. Il vit avec sa femme, Doroteia, et leur belle-fille, Sofia, mais c’est l’absence de leur fils, João, qui occupe les esprits. Gebo semble cacher quelque chose à son sujet, en particulier à Doroteia, qui vit dans l’attente passionnée de leur enfant. De son côté, Sofia attend également le retour de son mari, tout en le redoutant. De manière soudaine, João réapparaît, tout bascule.

70 ans après son premier film, Manoel de Oliveira, cinéaste le plus âgé en activité, adapte une pièce de théâtre de Raul Brandao. Dans un lieu unique, il filme en longs plans séquences fixes la famille de Gebo. Ce dernier passe ses journées à tenir les comptes de personnes dont il n’aura jamais la richesse alors que le fils Joao est aux abonnés absents. Ce qui frappe dans le film de De Oliveira, c’est ce qu’il donne à ressentir au spectateur tout en restant dans le minimalisme. On ressent la pluie qui tombe au dehors, la chaleur de la lampe à huile et même les odeurs qui règnent dans la demeure du vieux comptable. Pour peu que l’on ne soit pas rebuté par ce minimalisme, on ne peut que se laisser porter par ces magnifiques comédiens (Michael Lonsdale, Claudia Cardinale ou Jeanne Moreau) et savourer ces images qui constituent de vraies toiles de maître.

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur ce DVD impeccable.

BONUS: 7/10

Outre la bande-annonce , on trouve une galerie photos, les filmographies du réalisateur et de ses comédiens, une video de l’avant-première à la Cinémathèque où chacun y va de son discours (sans grand intérêt) et une interview de Michael Lonsdale et Claudia Cardinale.

VERDICT: 8.5/10

Un grand film qui se mérite!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Epicentre Films

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CRITIQUE DVD: LES HOMMES LIBRES

LE FILM:

1942, Paris est occupée par les Allemands. Younes, un jeune émigré algérien, vit du marché noir. Arrêté par la police française, Younes accepte d’espionner pour leur compte à la Mosquée de Paris. La police soupçonne en effet les responsables de la Mosquée, dont le Recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, de délivrer de faux-papiers à des Juifs et à des résistants.
A la mosquée, Younes rencontre le chanteur d’origine algérienne Salim Halali. Touché par sa voix et sa personnalité, Younes se lie d’amitié avec lui. Il découvre rapidement que Salim est juif. Malgré les risques encourus, Younes met alors un terme à sa collaboration avec la police. Face à la barbarie qui l’entoure, Younes, l’ouvrier immigré et sans éducation politique, se métamorphose progressivement en militant de la liberté.

« Les hommes libres » est typiquement le genre de films au sujet tellement fort que toute exigence formelle semble avoir été mise de côté. En effet, c’est la première fois qu’on traîte de ce sujet au Cinéma et il est fort dommage d’avoir livré un film si mou, si peu imaginatif et si scolaire! On aimerait vibrer avec le personnage de Younes qui fait l’indic pour la police française avant de rejoindre l’armée de l’ombre et on ne fait malheureusement qu’admirer les jolis costumes d’époque et les belles tractions avant. L’intérêt historique et l’interprétation de Tahar Rahim sont les seules raisons justifiant le visionnage du film!

Un DVD d’excellente facture malgré tout tant au niveau de l’image que du son.

LES BONUS:

Outre la bande annonce, un making of très intéressant qui montre la surprenante présence d’effets spéciaux sur un tel projet et une interview du réalisateur et de l’historien Benjamin Stora qui apportent des éléments sur le contexte historique (passionnant).

VERDICT:

Un DVD très réussi pour un film qui l’est beaucoup moins. Si vous avez un exposé à faire…

 

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez France Télévision Distribution