Critique: Réparer les Vivants

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Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Trois ans après l’excellent « Suzanne », Katell Quillévéré réalise son troisième film, adapté du roman éponyme, « Réparer les vivants ». On suit ici le drame qui frappe une famille avec la perte de leur fils de 17 ans dans un accident de voiture. Les parents auront la possibilité de faire don des organes de leur fils. A priori peu attirant, ce postulat de départ est prétexte à un film choral sur le don d’organes. En effet, si la première partie se concentre sur le drame et la décision que vont devoir prendre les parents du jeune Simon, la seconde partie nous donne à suivre le destin d’une femme condamnée par un coeur malade, à moins qu’elle consente à s’en faire greffer un. La réalisatrice parvient non seulement à éviter le pathos, en collant au réel, sans afféteries, mais réussit à orienter son récit, non vers la mort mais vers la vie. Le film est évidemment émouvant mais totalement positif. Le casting est brillant (d’Emmanuelle Seigner à Tahar Rahim en passant par Kool Shen ou Finnegan Oldfield) et la mise en scène inspirée notamment avec un premier quart d’heure absolument somptueux! Un grand film!

4.5

 

Critique Bluray: Samba

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  • Date de sortie :
    15 octobre 2014
  • Réalisé par :
    Olivier NakacheEric Tolédano
  • Avec :
    Omar SyCharlotte GainsbourgTahar Rahim
  • Durée :
    1h58min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Gaumont

LE FILM: 

3.5

 

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots, Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent…Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Si Samba, le nouveau film des Toledano/Nakache est bien différent d’Intouchables, il part tout de même d’un postulat identique, deux êtres que tout sépare et qui vont pourtant s’élever en se rencontrant, Charlotte Gainsbourg prenant ici la place de François Cluzet. Si cette adaptation est assez fidèle au roman de Delphine Coulin, elle donne toutefois une plus grande importance au personnage d’Alice justement.  Et c’est une bien riche idée, l’actrice étant l’une des grandes forces du film. L’autre force c’est aussi celle que les Toledano/Nakache ont de parvenir à parler de sujets graves (ici l’immigration) avec légèreté et humour, et parfois même avec (trop de) naïveté. En s’entourant toujours d’acteurs talentueux et en apportant un vrai soin à la mise en image de leurs histoires, ils rehaussent le niveau de la comédie à la Française de ces dernières années. Petit bémol, quelques longueurs sont préjudiciables à la parfaite réussite du projet.

TECHNIQUE:

5

 

C’est parfait!

BONUS:

4.5

 

On trouve ici un excellent making of de 45 mins, un court montage sur les avant-premières et quelques scènes coupées avec ou non le commentaire des réalisateurs.

VERDICT:

3.5

 

Très belle édition pour une comédie séduisante!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Gaumont  dès le 18 février


CRITIQUE BLU-RAY: LE PASSE

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LE FILM: 9/10

La critique est ici

TECHNIQUE: 10/10

Irréprochable!

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on trouve un très bon making of de 26 mins.

VERDICT: 9/10

L’un des grands films de l’année!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez FranceTV Distribution



CRITIQUE: GRAND CENTRAL

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De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace…

Pour son deuxième long métrage après « Belle Epine », Rebecca Zlotowski confirme tout le bien qu’on pensait d’elle avec un film d’une étonnante maîtrise. L’originalité de son approche, avec le parallèle entre la vie dans la centrale et ses dangers et l’histoire d’amour entre les personnages interprétés par Tahar Rahim et Léa Seydoux, fait le grand intérêt de ce film. Le génie de ce scénario tient au fait d’avoir fait de la centrale plus qu’un simple décor mais un élément primordial de l’histoire, en ce sens qu’elle démasquera les amants cachés. Le traitement que la réalisatrice fait de son film est assez passionnant; on a plus l’impression d’assister à un thriller qu’à une histoire d’amour tant elle instille une tension permanente et qui va crescendo.

Quant au casting, il est absolument parfait! Outre le duo principal dont Rahim qui trouve peut-être son meilleur rôle depuis Un Prophète, les seconds rôles sont remarquables: Denis Ménochet, Olivier Gourmet (parfait comme toujours) ou encore Johan Libereau tous impeccables.

Magnifique et d’une puissance atomique!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE: LE PASSE

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Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé…

Pour son sixième long métrage, le cinéaste iranien dont le dernier film, « Une Séparation« , a fait sa renommée dans le monde entier, a choisi de tourner son film en France. L’excitation le disputait à l’inquiétude tant ce genre de déplacement se fait rarement sans dégâts! Le Passé est une très belle réussite dont le principal intérêt sera, je l’espère, de faire découvrir l’immense scénariste et cinéaste qu’est Farhadi à ceux qui n’ont pas eu la curiosité de découvrir ses précédents films.

Reprenant les thèmes qui lui sont chers comme la famille et ses conflits, le secret, le mensonge, Farhadi nous offre un récit gigogne débutant sur un postulat simple avec un couple qui se retrouve pour divorcer, un nouveau conjoint et des enfants dont on ne sait pas exactement à qui ils sont. A partir de là, petit à petit, certaines questions trouvent leur réponse et des problèmes surgissent au gré des révélations des uns et des autres. Seul le personnage d’Ahmad semble irréprochable et à la recherche de solutions mais tout ce qu’il entreprend semble conduire inexorablement au conflit. Tous les autres personnages autour de lui, comme dans les précédents films de Farhadi, attirent la sympathie ou l’antipathie au fur et à mesure que les secrets sont révélés.

Comme toujours mis en scène avec une précision impressionnante, le film épate surtout par son scénario à la mécanique implacable même s’il paraît parfois trop écrit et trop parfait. Tahar Rahim, comme toujours excellent donne la réplique à une Bérénice Béjo surprenante,  à un très bon Ali Mosaffa au jeu tout en douceur et à la révélation Pauline Burlet en adolescente rongée par la douleur. C’est donc un exil réussi pour Asghar Farhadi même si la dimension documentaire de ses précédents films sur son pays, la société iranienne ou la religion est ici absente.

Une vraie démonstration de cinéma pur vraiment impressionnante.

NOTE: 9/10

CRITIQUE: A PERDRE LA RAISON

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Murielle et Mounir s aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique…

Le cinéaste belge Joachim Lafosse s’inspire ici d’un fait divers, un infanticide commis par une mère de famille desespérée. Après les premières images où l’on devine quel drame s’est produit, Lafosse choisit de traiter son sujet sous la forme d’un long flash-back, nous faisant suivre en une succession de scènes les principales étapes de la vie de ce couple de la rencontre à l’issue fatale. Grâce à une mise en scène millimétrée, Lafosse fait une autopsie de ce couple que la présence d’un élément perturbateur, le personnage interprété par Niels Arestrup, va complètement détruire à petits feux. La réussite de ce film ne serait rien sans la présence de son trio d’acteurs Arestrup/Rahim/Dequenne, cette dernière livrant une prestation assez époustouflante: elle se détruit petit à petit, opérant même une transformation physique assez impressionnante.

Générant un sentiment de malaise continu, le film de Lafosse ne verse toutefois jamais dans le sensationnisme préférant le réalisme. L’une des scènes finales nous montrant l’issue tragique est un bijou de mise en scène qui, sans rien montrer, en garde autant de force si ce n’est plus! Porté intégralement par une bande originale baroque (Scarlatti), A perdre la raison est l’un des films les plus forts de l’année!

NOTE: 8.5/10

 

CRITIQUE DVD: LES HOMMES LIBRES

LE FILM:

1942, Paris est occupée par les Allemands. Younes, un jeune émigré algérien, vit du marché noir. Arrêté par la police française, Younes accepte d’espionner pour leur compte à la Mosquée de Paris. La police soupçonne en effet les responsables de la Mosquée, dont le Recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, de délivrer de faux-papiers à des Juifs et à des résistants.
A la mosquée, Younes rencontre le chanteur d’origine algérienne Salim Halali. Touché par sa voix et sa personnalité, Younes se lie d’amitié avec lui. Il découvre rapidement que Salim est juif. Malgré les risques encourus, Younes met alors un terme à sa collaboration avec la police. Face à la barbarie qui l’entoure, Younes, l’ouvrier immigré et sans éducation politique, se métamorphose progressivement en militant de la liberté.

« Les hommes libres » est typiquement le genre de films au sujet tellement fort que toute exigence formelle semble avoir été mise de côté. En effet, c’est la première fois qu’on traîte de ce sujet au Cinéma et il est fort dommage d’avoir livré un film si mou, si peu imaginatif et si scolaire! On aimerait vibrer avec le personnage de Younes qui fait l’indic pour la police française avant de rejoindre l’armée de l’ombre et on ne fait malheureusement qu’admirer les jolis costumes d’époque et les belles tractions avant. L’intérêt historique et l’interprétation de Tahar Rahim sont les seules raisons justifiant le visionnage du film!

Un DVD d’excellente facture malgré tout tant au niveau de l’image que du son.

LES BONUS:

Outre la bande annonce, un making of très intéressant qui montre la surprenante présence d’effets spéciaux sur un tel projet et une interview du réalisateur et de l’historien Benjamin Stora qui apportent des éléments sur le contexte historique (passionnant).

VERDICT:

Un DVD très réussi pour un film qui l’est beaucoup moins. Si vous avez un exposé à faire…

 

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez France Télévision Distribution