CRITIQUE: LE RUBAN BLANC (2009)

Les Films du Paradoxe

Nord de l’Allemagne, un petit village protestant à quelques mois du début de la Première Guerre Mondiale. L’histoire des enfants du village, de leur instituteur, le baron, la sage-femme, le médecin… D’étranges incidents se succèdent… Qui en est l’auteur?

Dans un somptueux noir et blanc qui renforce l’aspect strict et sévère de l’histoire, Haneke plonge ses spectateurs dès le début dans un climat opressant, angoissant mais aussi envoutant. Ce qui frappe dans ce film, c’est qu’aucun plan ne semble être le fruit du hasard, tout a un sens. Quant à l’impression de violence crue que l’on ressent tout au long du film alors que finalement tout se déroule souvent hors champ, elle est accentuée par cette absence de musique. Oui, on entend de la musique dans une ou deux scènes mais aucune bande originale à proprement parler dans le but de souligner l’action. Outre l’aspect formel absolument épatant, Haneke nous mène à réfléchir sur la morale et sur les conséquences qu’engendre le fait de vouloir imposer à tout prix certaines valeurs.

Une Palme d’Or absolument méritée à découvrir ou redécouvrir en dvd et blu-ray! La version blu-ray est magnifique et met vraiment en valeur ce somptueux noir et blanc. Les bonus sont à la hauteur avec un making-of de 30 minutes, la montée des marches, la conférence de pressr et la remise de la Palme à Cannes, ainsi qu’un portrait d’une cinquantaine de minutes de Michael Haneke très instructif.

CRITIQUE: VINCERE (2009)

Ad Vitam

Ida Dasler rencontre Mussolini alors qu’il débute en politique. Séduite par ses idées révolutionnaires, elle en tombe folle amoureuse. Elle l’aime tellement qu’elle vend tous ses biens pour lui permettre de créer son journal. De cet amour naît un fils mais lorsque la guerre éclate, Ida découvre que Benito est déjà marié et qu’il a également des enfants. A partir de ce moment là, Ida et son fils sont mis à l’écart. Elle se retrouve internée dans un asile et son fils placé dans un orphelinat. Ida Dasler n’aura de cesse de clamer qu’elle est la femme de Mussolini et la mère de son fils…

Le nouveau film de Marco Bellochio, l’un des enfants terribles du Cinéma Italien avec Moretti, est une oeuvre noire, puissante, magistrale, qui fera date. Le destin poignant d’Ida Dasler et de son fils donne lieu ici à un vrai opéra cinématographique.Giovanna Mezzogiorno, dans le rôle de cette femme qui se battra jusqu’à sa mort, sans relâche pour que son existence soit reconnue, est absolument fantastique. Le festival de Cannes ne s’y était pas trompé en lui décernant le prix d’interprétation.

Bouleversant et merveilleux, un film à découvrir sans faute chez MK2!