Critique: Une Affaire de Famille

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Titre original 万引き家族
Manbiki kazoku
Réalisation Hirokazu Kore-eda
Scénario Hirokazu Kore-eda
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Sortie 12 Décembre 2018

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets…

Après l’intermède policier « The Third Murder », Kore Eda revient à un thème plus proche de ses habitudes, la famille. Un homme et son jeune fils volent dans un supermarché, ce qui semble être une habitude. Chez eux vivent la grand mère, une jeune fille qui vit de son corps et une femme qui semble être la mère. Sauf que dans cette drôle de famille, bientôt complétée par une petite fille maltraitée par ses parents, il n’y a aucun lien du sang. Pourtant, tout le monde semble vivre dans le bonheur d’être ensemble. Kore Eda, avec ce film étonnamment assez léger, questionne sur ce qu’est une famille mais aussi porte un regard critique et acerbe sur un Japon qui laisse de côté une partie de sa population, condamnée à la misère. Drôle mais aussi terriblement émouvant, « Une affaire de famille » est un petit bijou de délicatesse qui a tout de la Palme d’Or parfaite!

5

 

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Critique: Moi, Daniel Blake

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Titre original I, Daniel Blake
Réalisation Ken Loach
Scénario Paul Laverty
Acteurs principaux

Dave Johns
Hayley Squires

Sociétés de production Sixteen Films
Why Not Productions
Wild Bunch
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre drame
Durée 100 minutes
Sortie 26 octobre 2016

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

Dix ans après « le Vent se lève », Ken Loach décroche une seconde Palme d’Or qui fit pourtant couler beaucoup d’encre, d’aucuns reprochant au cinéaste de se répéter, de céder à la facilité. Je ne sais personnellement pas si « Moi Daniel Blake » méritait plus que d’autres la récompense suprême. Ce qui est sûr, c’est que Ken Loach semble plus affûté et en colère que jamais et que son oeuvre est indispensable. Comme toujours dans son style documentaire, quoique cinématographiquement irréprochable, il nous emmène dans le quotidien kafkaïen de son héros. Souffrant d’un problème cardiaque, il ne peut médicalement travailler alors que l’administration lui intime l’ordre de trouver un emploi. Alors qu’il s’épuise dans ce combat perdu d’avance, il jette ses dernières forces pour venir en aide à une jeune mère célibataire et ses deux enfants, dans une détresse semblable. Ken Loach, sublimant comme toujours ses interprètes, pousse un cri de colère qui devrait résonner longtemps tant il crèvera le coeur des plus endurcis!

4.5

 

Cannes 2016: le Palmarès

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Après 10 jours d’un festival cette année de très haute tenue selon l’avis général, le jury présidé par George Miller a rendu son verdict et livré un palmarès qui, comme souvent, fait débat. Tout d’abord quelques éléments d’importance ont marqué cette soirée:

  • Le Maître de cérémonie Laurent Lafitte a semblé prendre en compte les critiques qui ont suivi son intervention lors de l’ouverture en restant étonnamment sage.
  • Ibrahim Maalouf nous a gratifiés d’un intermède musical de haute volée en reprenant quelques musiques de Palmes d’Or accompagné d’autres musiciens comme le trio féminin LEJ.
  • Chaque prix a été remis cette année par l’un des membres du jury.
  • Une Palme d’honneur a été remise à Jean-Pierre Léaud.

Après la Palme du court-métrage, les récompenses pour les longs métrages ont été les suivantes:

  • Caméra d’Or pour « Divines » de Houda Benyamina. La réalisatrice est l’auteur d’un discours de remerciement qui n’en finissait pas et qui ne manquait pas de « clito »!
  • Prix d’Interprétation masculine pour Shahab Hosseini pour « le client » d’Asghar Farhadi. Le cinéaste iranien avait déjà décroché un prix d’interprétation pour Bérénice Bejo pour son précédent film, « le Passé ».
  • Prix du jury pour « American Honey » d’Andrea Arnold, road movie de trois heures qui n’enthousiasma pas la Croisette. C’est le troisième prix du jury récolté par la réalisatrice anglaise.
  • Prix d’Interprétation pour Jaclyn Jose dans « Ma Rosa » de Brillante Mendoza, film qui ne fit pas l’unanimité, loin de là. Le réalisateur philippin décrocha un Prix de la mise en scène en 2009 pour « Kinatay ».
  • Prix du meilleur Scénario pour « le Client » d’Asghar Farhadi. C’est une surprise, le festival n’attribuant, en principe, jamais deux prix pour le même film.
  • Prix de la mise en scène ex-aequo à Olivier Assayas pour « Personal Shopper » et Cristian Mungiu pouyr « Baccalauréat ». C’est la première fois que le réalisateur décroche une récompense à Cannes. Quant au cinéaste roumain dont le film fut très positivement accueilli, il a déjà raflé une Palme d’Or pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et un Prix du scénario pour « Au-delà des collines ».
  • Grand Prix pour « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan, assez fraîchement accueilli par la critique. Le réalisateur, déjà récipiendaire d’un Prix du jury il y a deux ans pour « Mommy » fut l’auteur d’un discours ému et émouvant qu’il conclut par ces mots : « Je préfère la folie des passions à la sagesse de l’indifférence ».
  • Enfin, la Palme d’Or revient pour la deuxième fois à Ken Loach pour son film « I Daniel Blake » que beaucoup considèrent comme son plus mauvais film, véritable chantage émotionnel! Le discours du cinéaste fut très politiquement engagé, comme il en a l’habitude.

Evidemment aucun commentaire ne sera émis dans ces lignes sur ce palmarès tant que je n’aurai pas vu les films. Les observateurs regrettent l’absence au tableau des récompenses de films comme « Toni Erdmann », « Julieta », « Ma loute », « Aquarius » ou encore « Elle ». Quoi qu’il en soit, tout ceci donne très envie!

 

Cannes 2016: une sélection excitante

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Ce matin, Thierry Frémaux et Pierre Lescure dévoilaient la sélection pour le prochain Festival de Cannes qui aura lieu du 11 au 22 mai prochain. Concernant la compétition officielle, on trouvera quatre films français et pas mal de grosses pointures!

En ouverture, ce sera le nouveau Woody Allen, « Cafe Society ».

  • Toni Erdmann de Maren Ade

Première participation pour cette cinéaste allemande.

Synopsis: Lorsque Winfried, 65 ans, rend une visite surprise à sa fille Ines, 37 ans, en Roumanie, il pense que cette dernière a perdu le sens de l’humour et décide de l’aider à le retrouver, en multipliant les farces.

  • Julieta de Pedro Almodóvar

Après un prix de la mise en scène pour « Tout sur ma mère » en 1999 et un prix du scénario pour « Volver » en 2006, Almodovar décrochera-t-il la Palme?

Synopsis: Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

  • American Honey d’Andrea Arnold

La cinéaste anglaise a déjà décroché deux prix du jury pour « Red road » en 2006 et « Fish Tank » en 2009.

Synopsis: Un jeune homme rejoint l’équipe commerciale d’un magazine. Il découvre alors une vie faite de beuveries, de morale douteuse et de sexe…

  • La fille inconnue des frères Dardenne

Grand habitués de Cannes, toujours présents au Palmarès avec une Palme d’Or en 1999 avec « Rosetta », une autre en 2005 pour « l’Enfant », un prix du scénario pour  » le silence de Lorna » en 2008, un grand Prix en 2011 pour « le Gamin au vélo » et une mention spéciale du jury oecuménique pour « Deux jours, une nuit »! Jamais deux sans trois?

Synopsis: Jenny, médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que l’identité de la jeune fille est inconnue, Jenny se met en quête de trouver son nom…

  • Personal Shopper d’Olivier Assayas

Après une sélection pour « Sils Maria », Assayas retrouve Kristen Stewart pour décrocher un prix.

Synopsis: Maureen est une jeune américaine à Paris gagnant sa vie comme «personal shopper» pour une célébrité. Elle possède aussi une capacité aigue à communiquer avec les esprits, qu’elle partageait avec son frère jumeau, Lewis, décédé récemment…

  • Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Après un prix du jury pour « Mommy » en 2014, Xavier Dolan retrouve la compétition avec un casting français: Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux et Vincent Cassel!

Synopsis: Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, le film raconte l’après-midi en famille d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine.

  • Ma Loute de Bruno Dumont

Deux Grands Prix du Jury en 99 (l’Humanité) et 2006 (Flandres) à son actif, Bruno Dumont revient avec un film plus léger qu’à l’habitude et un gros casting!

Synopsis:

Eté 1910, baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L’improbable inspecteur Machin et son sagace adjoint Malfoy (mal)mènent l’enquête. Ils se retrouvent, bien malgré eux, au cœur d’une étrange et dévorante histoire d’amour entre Ma Loute, fils ainé d’une famille de pêcheurs aux mœurs particulières et Billie Van Peteghem, la benjamine d’une famille de riches bourgeois Lillois décadents.
  • Paterson, de Jim Jarmusch

Après une Caméra d’Or (Stranger than paradise) et deux participations à la compétition, Jarmush est de retour!

Synopsis:

Le périple d’un chauffeur de bus du New Jersey, poète à ses heures.
  • Rester vertical, d’Alain Guiraudie

Première compet pour Alain Guiraudie après un prix de la mise en scène à Un certain regard pour « l’inconnu du lac ».

Synopsis: Rester vertical suit en effet les errances d’un cinéaste en panne d’inspiration et en mal de paternité à travers la France. Cette dérive va quasiment conduire le héros à la déchéance sociale.

  • Aquarius de Kleber Mendonça Filho

Première participation pour le Brésilien Kleber Mendonça Filho.

Synopsis: Clara, 65 ans, est critique de musique retraitée. Veuve, elle a trois enfants aujourd’hui adultes et vit dans dans un appartement plein de disques et de livres situé dans l’immeuble « Aquarius ». Mais Clara a un talent particulier : elle voyage dans le temps…

  • Mal de Pierres, de Nicole Garcia

Marion Cotillard sera à nouveau sur les marches avec ce huitième film de Nicole Garcia.

Synopsis: Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve.

  • I, Daniel Blake de Ken Loach

18 films sélectionnés dont 13 en compétition, 3 prix du jury et une Palme d’Or, Ken Loach est le poids lourd de la catégorie!

Synopsis: Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée  en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

  • Ma’Rosa de Brillante Mendoza

Après son prix de la mise en scène en 2009 pour « Kinatay », le Philippin est de retour!

  • Baccalauréat de Cristian Mungiu

Palme d’Or en 2007 pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et prix du scénario en 2012 pour « au-delà des collines », le Roumain présente un film pour la 3ème fois en compétition.

Synopsis: Ce que les parents disent à leurs enfants et ce que ces derniers voient leurs parents faire.

  • Loving de Jeff Nichols

Alors que « Midnight special » est encore à l’affiche, Jeff Nichols présente déjà son cinquième film, cette fois-ci en compétition!

Synopsis: Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine.

  • Agassi de Park Chan-Wook

Le Coréen a déjà ramené un Grand Prix en 2004 pour « Old boy » et un prix du jury en 2009 pour « Thirst »!

Synopsis: Entre la Corée et le Japon des années 1930, « The Handmaiden » retrace l’histoire fascinante d’une jeune femme fortunée, d’un escroc surnommé le « Conte », très intéressé par son argent, et d’une fille pickpocket qu’il placera comme servante chez la riche héritière.

  • The Last Face de Sean Penn

Si Sean Penn l’acteur a déjà été récompensé à Cannes pour « She’s so lovely », le réalisateur n’a connu qu’une sélection pour « the Pledge » en 2001.

Synopsis: Une docteur, qui travaille dans l’humanitaire en Afrique, tombe amoureuse d’un collègue.

  • Sieranevada de Cristi Puiu

Prix un Certain regard en 2005 pour  » La Mort de Dante Lazarescu »,  le cinéaste roumain est cette fois en compétition.

Synopsis: De retour d’un voyage d’affaires à Paris, un neurologue rejoint sa femme pour un dîner organisé pour l’anniversaire de la mort du père de cette dernière. Sur place, tous les convives attendent le prêtre censé célébrer la cérémonie…

  • Elle de Paul Verhoeven

Il avait enflammé la Croisette en 1992 avec Basic Instinct hors compétition; le cinéaste hollandais revient en compétition cette fois avec un casting français: Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny et Charles Berling!

Synopsis: Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

  • The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Prix de la mise en scène en 2011 pour « Drive », Winding Refn emballera-t-il la Croisette après l’avoir déstabilisée en 2013 (Only god forgives) ?

Synopsis: Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

 

Dans un Certain Regard, on notera le nouveau film de Kore-Eda et hors compétition la présence des nouveaux films de Spielberg et Jodie Foster.

 

Critique: Dheepan

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  • Date de sortie :
    26 août 2015
  • Réalisé par :
    Jacques Audiard
  • Avec :
    Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby…
  • Durée :
    1h54min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2015
  • Distributeur :
    UGC Distribution

Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

La récompense suprême, la Palme d’Or, pour le cinéaste français le plus brillant du moment, voilà de quoi mourir d’impatience avant de découvrir ce « Dheepan »! Sur un sujet brûlant d’actualité, le problème des réfugiés, ce nouvel opus démarre plutôt bien et s’annonce même franchement excitant jusqu’à l’arrivée en France des trois protagonistes, sur un plan assez magique de Dheepan dans le noir avec des antennes clignotantes sur la tête, à la lisière du fantastique. A partir de cet instant, tout s’écroule! la famille de Sri Lankais se retrouve dans une cité de banlieue dans laquelle tout mais alors tout est pourri: logement insalubre, dealers à tous les étages, batailles de rue et la cité d’Audiard n’abrite aucune famille honnête, aucun travailleur, rien! Si bien que la moutarde monte au nez de Dheepan qui se transforme alors en Charles Bronson pour aller dézinguer tout ce petit monde dans un vigilante façon production Besson en plus léché quand même! Sarkozy a trouvé celui qui allait passer enfin le Karcher! Mais la cerise sur le gâteau, c’est quand même ce final qui nous prouve qu’en Angleterre c’est drôlement mieux puisqu’il suffit de franchir la frontière pour enfin profiter du tea time sur sa verte pelouse! La sélection à Cannes devait vraiment pas voler haut cette année pour qu’Audiard soit récompensé avec son plus mauvais film!

1

Cannes 2015: un palmarès très cocorico!

Director Jacques Audiard, center, holds the Palme d’Or award for his film Dheepan, alongside actress Emmanuelle Bercot holding the Best Actress award for the film Mon Roi, left, and actor Vincent Lindon with the Best Actor award for the film The Measure of a Man, during the awards ceremony at the 68th international film festival, Cannes, southern France, Sunday, May 24, 2015. (AP Photo/Lionel Cironneau)/XCAN172/286060530072/1505242040

N’ayant vu aucun des films en compétition lors de ce dernier festival de Cannes, je ne ferai aucun commentaire sur la qualité des films présentés.

Toutefois, on ne peut que se réjouir du sacre de trois Français dont la Palme d’Or pour le dernier film de Jacques Audiard! On est forcément impatient de voir les films pour juger de la pertinence du choix des frères Coen et de leur jury!

Palme d’Or : Dheepan de Jacques Audiard

Grand Prix du Jury : Le fils de Saul de László Nemes

Prix du Jury : The Lobster de Yórgos Lánthimos

Prix de la Mise en Scène : Hou Hsiao-hsien pour The Assassin

Prix d’Interprétation Féminine ex-aequo : Emmanuelle Bercot dans Mon Roi et Rooney Mara dans Carol

Prix d’Interprétation Masculine : Vincent Lindon dans La loi du marché

Prix du Scénario : Chronic de Michel Franco

Caméra d’Or : La Tierra y la Sombra de César Augusto Acevedo

Palme d’Or du Court Métrage : Waves’98 d’Ely Dagher

Critique Dvd: Winter Sleep

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  • Date de sortie :
    06 août 2014
  • Réalisé par :
    Nuri Bilge Ceylan
  • Avec :
    Haluk BILGINERMelisa SozenDemet AKBAG
  • Durée :
    3h16min
  • Pays de production :
    Turquie
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Kis uykusu
  • Distributeur :
    Memento Distribution

LE FILM:

3.5

Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa soeur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements…

Trois ans après « Il était une fois en Anatolie », Nuri Bilge Ceylan revenait à Cannes avec Winter Sleep pour y décrocher la récompense suprême, la Palme d’Or. Certes les 3h15 du film donnent une impression d’être en terrain connu, le film naviguant quelque part entre Antonioni et Bergman. On aurait bien envie de couper quelques minutes à droite à gauche tant le film multiplie les longs dialogues (dont deux scènes de plus de 20 mins entre le mari et sa femme, puis avec sa soeur). Toutefois, beaucoup moins contemplatif que le précédent film de Ceylan, ce Winter Sleep est non seulement brillant par son travail sur le cadre et par quelques fulgurances esthétiques mais surtout passionnant par son étude humaine. Le personnage de cet hôtelier, humaniste déclaré, qui se retrouve après un simple jet de pierre, réduit à sa condition d’exploiteur de la misère humaine, est absolument passionnant!

S’il reste donc assez difficile d’accès, ce Winter Sleep est tout de même un très beau film !

TECHNIQUE:

4

Un Dvd de très bonne facture, respectueux de la très belle photo du film!

BONUS:

5

Si l’éditeur est d’habitude assez avare en bonus, ici c’est Byzance! Outre un sujet sur la présentation du film à Cannes, on trouve un formidable making of de 2h15!

VERDICT:

4

Une Palme d’Or exigeante à voir!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (22.99 euros) chez Memento Films dès le 6 décembre