Critique Dvd: Au plus près du soleil

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Réalisation Yves Angelo
Scénario Yves Angelo
François Dupeyron
Gilles Legrand
Acteurs principaux
Sociétés de production Épithète Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 94 minutes
Sortie 9 septembre 2015

LE FILM:

4

Sophie, juge d’instruction, auditionne un jour Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Elle se rend compte après enquête que la prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. Olivier, son mari, désapprouve son attitude et entre en relation avec Juliette sans lui révéler sa véritable identité. Mais la jeune femme découvre qu’Olivier est le mari de sa juge. Elle ne comprend pas ce qu’il cherche, lui ne peut plus révéler la vérité…

Directeur photo renommé, notamment pour Alain Corneau, Yves Angelo tient peut-être de cette collaboration son inspiration pour réaliser ce film noir, très noir. C’est en effet à une véritable tragédie que le réalisateur nous convie avec cette histoire d’une juge (admirable Sylvie Testud), prête à tout pour éloigner de sa vie la mère naturelle de son enfant adopté, celle-ci étant de surcroît un poison violent pour tous les hommes qui oseraient succomber à ses charmes. Fort, prenant, magnifiquement mis en scène, « Au plus près du soleil » est une vraie réussite. Gadebois est comme toujours exceptionnel de présence et Mathilde Bisson (clone de Mathilde Seigner jeune) est la révélation du film!

TECHNIQUE:

4

Une copie exempte de tout défaut, à la définition parfaite.

BONUS:

Pas de bonus, c’est dommage…

VERDICT:

4

Un excellent film noir dans une édition minimaliste!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Bac Films

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CRITIQUE: NEUF MOIS FERME

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Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Cinquième film d’Albert Dupontel, Neuf Mois Ferme est le film le plus réussi de son auteur. Gardant le même humour délirant que dans ses précédents films, c’est sur la forme que Dupontel surprend. Son dernier film est une petite mécanique de précision débarassée de cette impression de désordre qu’on pouvait ressentir sur ses précédents. Si le rythme ne faiblit à aucun moment, c’est bien le soin apporté à la mise en scène qui surprend, confirmant que Dupontel maîtrise maintenant parfaitement son art. Quant à l’interprétation, le duo qu’il forme avec Sandrine Kiberlain est époustouflant. Caustique, irrévérencieux, Neuf Mois Ferme donne un coup de jeune au genre!

NOTE: 8.5/10

 

CRITIQUE BLU-RAY IMPORT: PHILADELPHIA

PHILADELPHIALE FILM: 8.5/10

Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carrière fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Mais, le jour où ses associés apprennent qu’Andrew est atteint du sida, ils n’hésitent pas à prétexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.

Deux ans après le chef d’œuvre « Le Silence des Agneaux », succès critique et public, Jonathan Demme revient avec un film ô combien important. En effet, c’est la première fois qu’un film grand public traîte du sida; seule la chaîne HBO avait sorti un téléfilm sur le sujet, « les Soldats de l’Espérance », avec Matthew Modine, par ailleurs très réussi. Il faut se rappeler qu’il y a 20 ans, le sida est encore une maladie mal perçue, encore rattachée à l’homosexualité elle aussi assez mal considérée.
Demme entreprend donc d’évoquer le fléau mais sous la forme d’un film de procès non sans évoquer les films de Capra avec un personnage en lutte contre la société et la machine judiciaire.
Demme retranscrit à merveille les craintes et les préjugés provoqués par la maladie notamment à travers le personnage de l’avocat incarné par Denzel Washington; la scène du premier rendez vous entre Beckett et son avocat est assez remarquable, la caméra suivant en gros plan les mains du malade, scrutant tous les objets avec lesquels il entre en contact.
Le personnage de l’avocat n’est d’ailleurs pas le chevalier blanc que Demme aurait pu en faire: seuls les affaires l’intéressent (il distribue sa carte à tout va) et quand il s’engage, la justice doit triompher: dans l’affaire Beckett, même s’il n’est pas un fervent défenseur de la cause gay, il doit prouver le licenciement abusif!
Et c’est ce personnage que Demme utilise pour faire évoluer les consciences nous disant « même si vous ne partagez pas la cause gay, leurs droits ne peuvent être impunément bafoués ».

Remarquablement mis en scène, Philadelphia marque les esprits par son interprétation époustouflante notamment de Tom Hanks qui remporta d’ailleurs un Oscar pour ce rôle pour lequel il perdit 12 kgs et bien sûr pour sa portée politique. On se souviendra également de la scène déchirante dans laquelle Beckett explique l’opéra à son avocat et bien sur de la chanson Streets of Philadelphia de Springsteen, Oscar de la meilleure chanson.
Incontestablement l’un des plus grands films des années 90!

TECHNIQUE: 9/10

Excellente copie HD! Vf et Vo st!

BONUS: 10/10

On trouve sur ce blu-ray un documentaire d’une heure et quart sur un centre qui soigne les malades du sida. Tourné à l’époque du film, on y suit quelques malades qui se racontent à la caméra; parmi eux un figurant du film Philadelphia. Une section de scènes coupées est également présente avec entre autres une scène où l’on voit Hanks et Banderas dans leur lit, scène sûrement jugée trop osée pour le montage final. On peut également visionner le clip de la chanson Streets of Philadelphia, un making of d’époque promo (5 mins) et un making of tourné récemment de près d’une heure dans lequel l’équipe revient sur l’aventure du tournage. On y voit le réalisateur, le scénariste, les comédiens et le producteur Edward Saxon dans un maillot du TFC (!). Ce making of revient bien sûr sur la disparition quelques mois après la sortie du film de l’acteur Ron Vawter atteint du sida.

VERDICT: 9/10

Une édition définitive d’un des plus grands films des 90’s inexplicablement introuvable en France!

Disponible en blu-ray (5.95 euros) chez Amazon Italie!

CRITIQUE: AUTOPSIE D’UN MEURTRE (1959)

L’avocat Paul Biegler (James Stewart) est engagé par Laura Manion (Kim Novak) pour défendre son mari (Ben Gazzara) accusé de meurtre. Il a tiré sur un patron de bar qui avait violé celle-ci. Le procès a lieu et fait surtout l’objet de formidables joutes oratoires entre Biegler et l’avocat adverse incarné par George C. Scott.

Preminger réalise ici un film sur l’absurdité de la justice des hommes où finalement la vérité importe peu, seules les batailles juridiques comptent.

Ce film fut jugé scandaleux à l’époque et subit la censure. S’agissant d’une affaire de viol, on y évoque en effet, les mots « slip » et « spermatogénèse » qui ont affolé les bonnes moeurs . C’est certainement un des meilleurs films de procès, spécialité américaine, servi par un casting quatre étoiles avec une mention spéciale pour James Stewart toujours formidable.