CRITIQUE: THE READER (2008)

SND

Allemagne, années 50, Michael, un jeune adolescent rencontre une femme de 20 ans son aînée, Hannah Schmidt, qui s’occupe de lui un jour où celui-ci fait un léger malaise. Une relation d’un été va se nouer et Michael et Hannah vont se voir régulièrement pour faire l’amour chez cette dernière. Un petit rituel va se mettre en place quand Hannah va demander à Michael de lui faire la lecture avant chaque rapport sexuel.

Un jour, à la fin de l’été, Hannah va disparaître sans laisser d’explication et laisser Michael dans le désespoir d’un premier grand amour déchu. Dix ans plus tard, Michael est étudiant en droit et assiste dans ce cadre à un procès concernant des femmes gardiennes de camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale. Parmi les accusées, il reconnaît Hannah.

A sa sortie, le film a créé la polémique tout comme « la Chute » et pour les mêmes raisons. Certains critiques reprochaient au film de forcer le spectateur à s’apitoyer sur le sort d’Hannah au détriment des femmes qu’elle était chargé de garder et de rendre son personnage trop humain.

Et bien je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Ce film très loin de tout manichéisme nous force au contraire à nous interroger et nous plonge dans le malaise en nous montrant justement que tous ces gens qui ont commis des atrocités étaient humains comme nous.

Stephen Daldry, à qui l’on doit « Billy Elliott », ne nous livre pas ici un chef d’oeuvre mais un très bon film, dérangeant, qui suscite la réflexion, aidé en cela par une Kate Winslet excellente (elle a d’ailleurs raflé l’oscar de la meilleure actrice pour son rôle). On sent dès le départ que son personnage cache des secrets. Son armure se fissure au fur et à mesure et c’est au moment où elle est prête à se briser complètement qu’elle préfère disparaître peut-être pour préserver son jeune amant.

Certes dérangeant mais intéressant!

CRITIQUE: BRIGHT STAR (2006)

Pathé Distribution

Londres, 1918, Le jeune poète John Keats et sa voisine, Fanny Brawne entament une liaison. Pourtant, Fanny se moque de la poésie, préférant de loin la couture, discipline dans laquelle elle excelle. Le meilleur ami de Keats, Brown, qui est également son partenaire dans l’écriture, la dénigre sans cesse. La maladie du jeune frère de Keats va rapprocher les deux amants et Keats va même consentir à donner des cours de poésie à Fanny, au grand dam de Brown. Naît alors un amour sans limite que rien ne pourra détruire à part peut-être la la tuberculose qui va frapper Keats à tout juste 25 ans…

Après quelques films pas toujours réussis ( Holy Smoke, In the cut…), on retrouve la Jane Campion de « la leçon de piano » ou de « portrait de femme ». Ici, point de biopic sur le poète John Keats mais juste la grande histoire d’amour qu’il vécut avec sa jeune voisine. Jane Campion se concentre sur la naîssance des sentiments, les frissons qu’un couple ressent la première fois que les mains se frôlent (le spectateur les ressent d’ailleurs lui aussi!), la sensation des lèvres qui se touchent la première fois… On est ici aux antipodes des films de Tony Scott: les plans sont longs, la musique très peu présentes, on entend la respiration des personnages, leurs murmures. Campion envoûte complètement son public et nous fait redécouvrir le véritable amour, très loin des romances cucul qu’on nous sert tous les jours à la télé. Et je partage tout à fait la réflexion du critique de Télérama Aurélien Férenczi qui dit: » Campion nous fait aimer l’Amour »!

A voir absolument! C’est magnifique! Et en plus, on découvre une jeune actrice formidable en plus d’être très jolie, Abbie Cornish!