CRITIQUE: UN AMOUR DE JEUNESSE (2011)

Camille et Sullivan, tous deux adolescents, s’aiment de leur premier Amour dans toute sa démesure. Mais dans un mois, à la fin de l’été, Sullivan partira pour dix mois en Amérique du Sud pour tenter de « devenir quelqu’un ». Camille est dévastée mais après tout, selon Sullivan, « ce n’est pas la fin du monde ». La vie de Camille est alors rythmée par la nouvelle relation épistolaire qu’elle entretient avec son amour. Régulières au début, les lettres vont petit à petit se faire rares. Après un passage difficile, quatre ans plus tard,  Camille mène des études brillantes en architecture et va tomber sous le charme de son professeur. Sullivan réapparaît alors…

La jeune réalisatrice Mia Hansen-Love signe ici son troisième long métrage après « tout est pardonné » ( que je n’ai pas vu) et l’excellent « le père de mes enfants« . Elle s’intéresse ici à l’adolescence et plus précisément au premier Amour, celui qui faire perdre toute raison. Porté par une formidable Lola Créton dont on devrait reparler, le film épate par la justesse de son propos et de ses personnages jamais dans la caricature. A travers une mise en scène très fine parsemée de jolies idées (par exemple celle du chapeau comme symbole de l’amour des deux adolescents), Mia Hansen-Love confirme qu’elle sait offrir un cinéma sans esbrouffe, un cinéma du ressenti. Comme l’on ressentait physiquement le malaise de l’absence du père dans le film précédent, elle nous fait ressentir cet Amour, inextinguible comme un feu qui sommeille et qui n’attend qu’une étincelle pour repartir. Je l’ai déjà dit et je le répète: avec d’autres réalisatrices comme Céline Sciamma, Mia Hansen-Love forme une nouvelle génération de cinéastes qui laissera une trace dans le Cinéma français.

CRITIQUE: J’VEUX PAS QUE TU T’EN AILLES (2006)

Mardi soir, ma télécommande me  guide vers la chaîne cryptée: générique de « j’veux pas que tu t’en ailles »! Pourquoi pas, on va peut-être rigoler, me dis-je. Que nenni!

Et quoi de pire qu’une comédie pas drôle du tout! Pourtant, la précédente production de ce cher Bernard Jeanjean, »j’me sens pas belle » avec Marina Foïs était plutôt encourageante . Il y traitait des déboires sentimentaux des trentenaires avec légèreté et beaucoup d’humour.

Ici, Richard Berry incarne un psy dont la vie de couple bat de l’aile.Un de ses patients (Julien Boisselier) lui raconte sa dernière histoire d’amour: Il va vite s’apercevoir que la nouvelle conquête de ce dernier n’est autre que sa propre femme (Judith Godrèche). Il va alors essayer de le manipuler pour que cesse cette liaison. S’enchaînent alors quiproquos et situations convenues; le scénario cousu de fil blanc ne ménage aucune surprise et on attend la fin avec impatience.

Même l’interpétation a beaucoup de mal à convaincre:la carrière de  Richard Berry semble vraiment en chute libre depuis quelques années tant il peine à dégoter le moindre rôle intéressant!

Bref, un film dont on peut très bien se passer.