Cannes 2016: le Palmarès

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Après 10 jours d’un festival cette année de très haute tenue selon l’avis général, le jury présidé par George Miller a rendu son verdict et livré un palmarès qui, comme souvent, fait débat. Tout d’abord quelques éléments d’importance ont marqué cette soirée:

  • Le Maître de cérémonie Laurent Lafitte a semblé prendre en compte les critiques qui ont suivi son intervention lors de l’ouverture en restant étonnamment sage.
  • Ibrahim Maalouf nous a gratifiés d’un intermède musical de haute volée en reprenant quelques musiques de Palmes d’Or accompagné d’autres musiciens comme le trio féminin LEJ.
  • Chaque prix a été remis cette année par l’un des membres du jury.
  • Une Palme d’honneur a été remise à Jean-Pierre Léaud.

Après la Palme du court-métrage, les récompenses pour les longs métrages ont été les suivantes:

  • Caméra d’Or pour « Divines » de Houda Benyamina. La réalisatrice est l’auteur d’un discours de remerciement qui n’en finissait pas et qui ne manquait pas de « clito »!
  • Prix d’Interprétation masculine pour Shahab Hosseini pour « le client » d’Asghar Farhadi. Le cinéaste iranien avait déjà décroché un prix d’interprétation pour Bérénice Bejo pour son précédent film, « le Passé ».
  • Prix du jury pour « American Honey » d’Andrea Arnold, road movie de trois heures qui n’enthousiasma pas la Croisette. C’est le troisième prix du jury récolté par la réalisatrice anglaise.
  • Prix d’Interprétation pour Jaclyn Jose dans « Ma Rosa » de Brillante Mendoza, film qui ne fit pas l’unanimité, loin de là. Le réalisateur philippin décrocha un Prix de la mise en scène en 2009 pour « Kinatay ».
  • Prix du meilleur Scénario pour « le Client » d’Asghar Farhadi. C’est une surprise, le festival n’attribuant, en principe, jamais deux prix pour le même film.
  • Prix de la mise en scène ex-aequo à Olivier Assayas pour « Personal Shopper » et Cristian Mungiu pouyr « Baccalauréat ». C’est la première fois que le réalisateur décroche une récompense à Cannes. Quant au cinéaste roumain dont le film fut très positivement accueilli, il a déjà raflé une Palme d’Or pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et un Prix du scénario pour « Au-delà des collines ».
  • Grand Prix pour « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan, assez fraîchement accueilli par la critique. Le réalisateur, déjà récipiendaire d’un Prix du jury il y a deux ans pour « Mommy » fut l’auteur d’un discours ému et émouvant qu’il conclut par ces mots : « Je préfère la folie des passions à la sagesse de l’indifférence ».
  • Enfin, la Palme d’Or revient pour la deuxième fois à Ken Loach pour son film « I Daniel Blake » que beaucoup considèrent comme son plus mauvais film, véritable chantage émotionnel! Le discours du cinéaste fut très politiquement engagé, comme il en a l’habitude.

Evidemment aucun commentaire ne sera émis dans ces lignes sur ce palmarès tant que je n’aurai pas vu les films. Les observateurs regrettent l’absence au tableau des récompenses de films comme « Toni Erdmann », « Julieta », « Ma loute », « Aquarius » ou encore « Elle ». Quoi qu’il en soit, tout ceci donne très envie!

 

Critique Bluray: Mia Madre

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Réalisation Nanni Moretti
Scénario Nanni Moretti
Gaia Manzini
Chiara Valerio
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre dramatique
Durée 106 minutes
Sortie 2  décembre 2015

LE FILM:

4.5

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

C’est pendant le tournage d’ »Habemus Papam », son dernier film, alors qu’il perdait sa mère, que Nanni Moretti eu l’idée de « Mia Madre ». S’il joue dans son film, Moretti confie le rôle principal à Margherita Buy, celui d’une réalisatrice que la mort de sa mère va chambouler alors qu’elle est en plein tournage. C’est un peu son rôle qu’il a confié à l’actrice, se contentant d’occuper un rôle secondaire, celui du frère qui va bien et qui assume, l’antithèse de ce qu’il est vraiment. On suit donc ici Margherita, réalisatrice en plein tournage très exigeant avec une star capricieuse et inefficace obligée de faire des allers-retours entre le plateau et la chambre d’hôpital de sa mère mourante. Le lent départ de la mère va tout remettre en perspective et faire comprendre à la fille ses manquements (son comportement irritant sur les tournages, les histoires d’amour de sa fille dont elle est la seule à ne rien savoir…).

Souvent burlesque, notamment lors des scènes avec John Turturro, désopilant dans l’un de ses tout meilleurs rôles, Mia Madre sait comme toujours chez Moretti saisir de petits instants de vie à peine esquissés et si lourds de sens et dégager une émotion intense. L’un des grands films de cette année reparti inexplicablement bredouille de Cannes!

TECHNIQUE:

4.5

Aucun souci, contraste et définition au rendez-vous!

BONUS:

0.5

La bande annonce et c’est tout! Quel dommage!

VERDICT:

4.5

Une édition minimaliste pour l’un des grands oubliés de Cannes 2015!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez le Pacte