Critique: Juste la fin du Monde

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Réalisation Xavier Dolan
Scénario Xavier Dolan
Acteurs principaux
Sociétés de production Sons of Manual
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 95 minutes
Sortie 21 Septembre 2016

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

Grand Prix au dernier Festival de Cannes, « Juste la fin du Monde », est l’adaptation par Xavier Dolan de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce qu’Anne Dorval avait fait découvrir au jeune réalisateur il y a quelques années. S’il n’avait pas été convaincu à l’époque, c’est en y revenant plus récemment qu’il y trouva des résonances et décida de travailler dessus. Il raconte donc dans son dernier opus l’histoire d’un auteur de théâtre (Gaspard Ulliel)qui revient dans sa famille le temps d’une journée pour leur apprendre qu’il est malade et qu’il va mourir. Arrivé dans la maison familiale, il y retrouve sa mère (Nathalie Baye), sa soeur (Léa Seydoux), son frère et sa femme (Vincent Cassel et Marion Cotillard). Malheureusement, sa famille semble s’être figée dans une certaine médiocrité et la journée des protagonistes se verra émaillée de cris et de crises alors que les non-dits prendront le pas sur les banalités et les mesquineries. Dolan semble de film en film trouver l’équilibre entre sa fougue et la maturité et si l’on reconnaît forcément son style, notamment ces scènes presque clipesques portées par des tubes de la culture populaire (Ozone par exemple!), il reste ici concentré sur la moelle de son récit. Il démontre encore une fois un vrai talent de directeur d’acteurs tant l’ensemble de sa troupe rivalise et parvient à incarner avec réalisme le style particulier de Lagarce, ce qui est en soi une véritable gageure, jusqu’à un plan final somptueux! Un choc!

4.5

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Critique: la Danseuse

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Réalisation Stéphanie Di Giusto
Scénario Stéphanie Di Giusto
Sarah Thibau
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre biographie
Sortie 28 septembre 2016

Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

Quand on lit au générique les noms des frères Dardenne ou de Vincent Maraval et Alain Attal à la production, de Benoît Debie à la photo ou encore un casting composé de Soko, Lily-Rose Depp, Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel et François Damiens, on a du mal à imaginer que l’on est en face d’un premier long métrage! C’est dire le pouvoir de persuasion et l’acharnement qu’a dû déployer la réalisatrice, Stéphanie Di Giusto, pour convaincre tout ce beau monde! D’autant que si nous sommes nombreux à déjà avoir entendu le nom d’Isadora Duncan, nous sommes peu à connaître Loïe Fuller, celle qui lui mit le pied à l’étrier et retomba dans l’oubli malgré son apport artistique. Le film retrace donc son ascension, son obstination à vivre de son art dans un monde où la Femme n’a pas le droit de s’exprimer. Elevée dans l’Amérique des cowboys (les premières scènes vraiment réussies nous font croire à un western!), elle rejoint très vite Paris pour y montrer le numéro qu’elle a créé, entre danse et performance. Elle devint une célébrité mais aussi une femme d’affaires, déposant de multiples brevets, et une découvreuse de talents, pas toujours reconnaissants, comme Isadora Duncan, qui l’oublia dès qu’elle fut en haut de l’affiche. Si l’on peut regretter que quelques personnages secondaires soient un peu survolés, l’émotion suscitée par la performance habitée de Soko et la beauté des scènes de danse emportent tout sur leur passage! Stéphanie Di Giusto est une cinéaste à suivre!

4

CRITIQUE: L’ART D’AIMER

Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus… Ce sont les premiers mots prononcés par le narrateur Philippe Torreton qui présentera tout au long du film cette succession de saynètes qui le compose. On y croisera une jeune femme qui poussera les idées communistes jusqu’à proposer à sa meilleure amie célibataire de lui prêter son mari, un voisin qui tente de séduire avec insistance sa voisine très compliquée, un jeune couple très libre qui aimerait tenter l’adultère, une femme mariée qui finit, harcelée par son meilleur ami, par lui promettre de lui faire l’amour une seule fois mais dans une chambre d’hôtel dans le noir…

Toutes ces petites histoires sont donc l’objet de courtes scènes souvent très amusantes entrecoupées de maximes sur l’Amour et dont les personnages, parfois servent de lien entre elles. Il ne faut pas voir « l’art d’aimer » comme un objet cinématographique mais plutôt comme une fantaisie, un marivaudage, très bien écrit et permettant de retrouver une pleïade d’acteurs (François Cluzet, Frédérique Bel, Pascale Arbillot, Julie Depardieu, Judith Godrèche, Gaspard Ulliel,…) qui semblent prendre du plaisir à être là. Un moment de légèreté fort agréable!

AVANT-PREMIERE LA PRINCESSE DE MONTPENSIER (2010)

Lundi soir à Bordeaux avait lieu l’avant-première du nouveau film de Bertrand Tavernier « la Princesse de Montpensier » en présence du réalisateur et de ses comédiens, Mélanie Thierry et Gaspard Ulliel.

France, 1562, la guerre fait rage entre les Huguenots et les catholiques. La jeune Marie de Mézières aime le duc de Guise depuis son plus jeune âge mais un mariage est conclu pour elle avec le Prince de Montpensier. Appelé au combat, Montpensier laisse sa jeune épouse sous la garde de Chabannes, qui sera son précepteur, mais qui en tombera également amoureux. Un nouveau prétendant entre dans la ronde en la personne du duc d’Anjou, alors que Marie essaie d’oublier Guise…

Tavernier revient au film historique en adaptant une nouvelle de Madame de Lafayette. Il s’entoure de la fine fleur du jeune cinéma français avec Mélanie Thierry, insoumise Marie de Montpensier, Gaspard Ulliel dans le rôle du sauvage duc de Guise, Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle du possessif Montpensier, Lambert Wilson dans le rôle du loyal Chabannes et la révélation Raphaël Personnaz dans le rôle du duc d’Anjou. Il nous offre un vrai film classique français avec son lot de batailles (un peu cheap parfois!), de duels, de complots… La critique ne fut pas tendre avec le film lors de sa présentation à Cannes, c’est pourtant un excellent cru et c’est ce que j’appelle du Cinéma avec un grand C: casting parfait, mise en scène sobre mais élégante, magnifique BO de Philippe Sarde et dialogues excellents. 2 heures 20 de pur plaisir! Merci Monsieur Tavernier!