Critique: Hors Normes

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Réalisation Olivier Nakache
Éric Toledano
Scénario Olivier Nakache
Éric Toledano
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Quad Productions
Ten Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 114 minutes
Sortie 23 octobre 2019

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes. 

Septième film du duo Toledano/Nakache, « Hors Normes » est un peu la synthèse de leur oeuvre. Leur film qui aborde le problème de l’autisme et de sa prise en charge emprunte par exemple à « nos jours heureux » et « le sens de la fête » la notion de groupe, à « Samba » le milieu associatif, à « Intouchables » et « Je préfère qu’on reste amis » le côté buddy movie.

Si l’autisme a souvent été représenté au cinéma (« Rain Man », « Monsieur je sais tout », …), le personnage est toujours un autiste asperger ou autiste de haut niveau, un personnage doté de facultés au-delà de la moyenne dans certains domaines qui attire en général la sympathie. Malheureusement, dans la « vraie vie », ces cas sont une minorité et le film des Toledano/Nakache a la bonne idée de s’intéresser aux autres, les autistes sévères, victimes de troubles du comportement, ceux que la société a du mal à accepter et dont elle ne sait souvent que faire. « Hors normes » s’inspire largement du travail de deux associations parisiennes qui, au-delà de l’intérêt qu’elles représentent pour les jeunes autistes dont elles s’occupent, emploient en plus des jeunes défavorisés pour les encadrer, faisant ainsi d’une pierre deux coups.

Si le film du duo est certainement moins drôle que leurs précédents, il en conserve les mêmes caractéristiques. « Hors Normes » est encore une fois sur la forme un film populaire, bien écrit, rythmé, jamais méchant, extrêmement sincère et toujours cinématographiquement ambitieux. Sur le fond, « Hors normes » ouvre les yeux du public sur une partie de la population (une naissance sur 100!) que les autres ne veulent pas voir mais aussi sur le travail de personnes qui se mettent à leur service au quotidien, sans grande reconnaissance. Extrêmement bien documenté, le film s’intéresse également au problème de la prise en charge des cas complexes que les nombreuses associations tentent de prendre en charge avec des moyens toujours insuffisants.

« Hors Normes » est un film utile porté par un casting en tous points impeccable et notamment le duo Cassel/Kateb absolument parfait!

Courez-y!

4.5

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Critique: Le Monde est à Toi

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Réalisation Romain Gavras
Scénario Karim Boukercha
Noé Debré
Romain Gavras
Acteurs principaux
Sociétés de production Iconoclast, Chi-Fou-Mi Productions et Tribus-P-Film
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Sortie 15 Août 2018

François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu !

Huit ans après « Notre Jour Viendra », Romain Gavras délaisse à nouveau le clip pour retourner au Cinéma. » Le monde est à toi » n’est pas une référence à « Scarface » pour rien! Tony Montana, c’est François, petit dealer à la petite semaine! Sauf qu’au contraire du caïd cubain, il souhaite rentrer dans le rang,en devenant distributeur officiel de Mr Freeze pour le Maghreb. Mais pour ça, il lui faut des ronds ! Et c’est compliqué de se remettre dans le droit chemin quand sa propre mère est une reine du recel! Entre comédie sociale et film de gangsters, « le Monde est à toi » séduit par son rythme, sa BO ( de Sardou à Toto en passant par JUL!) mais surtout par son casting de feu et notamment une Isabelle Adjani et un Vincent Cassel( l’homme de main obsédé par les Illuminatis) hilarants! L’un des films français les plus funs de l’année!

4

Critique: Juste la fin du Monde

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Réalisation Xavier Dolan
Scénario Xavier Dolan
Acteurs principaux
Sociétés de production Sons of Manual
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 95 minutes
Sortie 21 Septembre 2016

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

Grand Prix au dernier Festival de Cannes, « Juste la fin du Monde », est l’adaptation par Xavier Dolan de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce qu’Anne Dorval avait fait découvrir au jeune réalisateur il y a quelques années. S’il n’avait pas été convaincu à l’époque, c’est en y revenant plus récemment qu’il y trouva des résonances et décida de travailler dessus. Il raconte donc dans son dernier opus l’histoire d’un auteur de théâtre (Gaspard Ulliel)qui revient dans sa famille le temps d’une journée pour leur apprendre qu’il est malade et qu’il va mourir. Arrivé dans la maison familiale, il y retrouve sa mère (Nathalie Baye), sa soeur (Léa Seydoux), son frère et sa femme (Vincent Cassel et Marion Cotillard). Malheureusement, sa famille semble s’être figée dans une certaine médiocrité et la journée des protagonistes se verra émaillée de cris et de crises alors que les non-dits prendront le pas sur les banalités et les mesquineries. Dolan semble de film en film trouver l’équilibre entre sa fougue et la maturité et si l’on reconnaît forcément son style, notamment ces scènes presque clipesques portées par des tubes de la culture populaire (Ozone par exemple!), il reste ici concentré sur la moelle de son récit. Il démontre encore une fois un vrai talent de directeur d’acteurs tant l’ensemble de sa troupe rivalise et parvient à incarner avec réalisme le style particulier de Lagarce, ce qui est en soi une véritable gageure, jusqu’à un plan final somptueux! Un choc!

4.5

Critique: Tale of Tales

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  • Date de sortie :
    01 juillet 2015
  • Réalisé par :
    Matteo Garrone
  • Avec :
    Salma Hayek, John C. Reilly, Vincent Cassel…
  • Durée :
    2h5min
  • Pays de production :
    Italie
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Il racconto dei racconti
  • Distributeur :
    Le Pacte

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Après les remarquables et remarqués « Gomorra » et « Reality », le cinéaste italien Matteo Garrone revient avec un projet un peu fou, totalement différent, l’adaptation du livre de Giambattista Basile, « le Conte des contes », recueil d’une cinquantaine de contes. Pour ce film tourné en langue anglaise, Il s’appuie spécialement ici sur trois de ces contes qui regroupent tout l’univers fantastique du livre: rois, reines, princesse, sorcières, monstres, ogres, etc… Si la teneur de ces trois histoires est assez dingue, la mise en scène de Garrone refuse toute extravagance pour rester au près du réel et donner à ses histoires une résonance: on peut y voir des messages sur le culte de la beauté et la chirurgie esthétique, le passage à l’âge adulte ou encore les conflits générationnels. Magistralement interprété notamment par Salma Hayek en mère prête à tout pour enfanter, Vincent Cassel en roi queutard ou Tobey Jones en père égoïste, ce « Tale of Tales » offrira un voyage inoubliable à ceux qui voudront bien se prêter au jeu! Brillant!

4.5

Critique: Un Moment d’égarement

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  • Date de sortie :
    24 juin 2015
  • Réalisé par :
    Jean-François Richet
  • Avec :
    Vincent Cassel, François Cluzet, Lola Le Lann…
  • Durée :
    1h45min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Mars Distribution

Antoine et Laurent, amis de longue date, passent leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna, 17 ans et Marie, 18 ans.  Un soir sur la plage, Louna séduit Laurent.
Louna est amoureuse mais pour Laurent ce n’est qu’un moment d’égarement… Sans dévoiler le nom de son amant, Louna se confie à son père qui cherche par tous les moyens à découvrir de qui il s’agit…
Combien de temps le secret pourra-t-il être gardé ?

Drôle de trajectoire que celle de Jean-François Richet! Après deux premiers films, « Etat des lieux » et « Ma 6T va cracker », Richet s’était adjugé le statut de jeune cinéaste engagé plein de talent, se réclamant même d’Eisenstein! Puis il y eut « de l’amour », drame maladroit et douteux puis l’exil hollywoodien avec un remake d’Assaut de Carpenter (rien que ça!) assez quelconque. L’aventure américaine ayant tourné court, le retour de Richet se fait avec le diptyque « l’instinct de mort »/ »l’ennemi public numéro 1 » sur Mesrine plutôt bon! Après 7 ans d’attente, Richet revient de façon surprenante avec une comédie, remake d’un film de Claude Berri. N’ayant pas vu l’original, je ne me hasarderai pas à une comparaison malhonnête ni à savoir si le remake est justifié ou pas. Si l’intérêt cinématographique du film de Richet reste proche du néant (Einsenstein est très loin!), tout n’est pas à jeter, au contraire!

Quelque part entre « LOL » (Lisa Azuelos est au scénario!) et « Liaison Fatale » (oui, la petite Louna est franchement retorse!), la comédie fonctionne assez bien malgré quelques longueurs dans le « cours après moi que je t’attrape » entre Lolo et Louna. Le duo de père Cluzet/Cassel réserve quelques bons moments même si Cluzet semble nous refaire son rôle des « Petits Mouchoirs » et la jeune Lola Le Lann montre un physique et un talent prometteurs.

Le film idéal pour les vacances!

3

Jeu Concours: 5×2 places à gagner pour « Tale of tales »(jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie en salles de « Tale of Tales », CINEDINGUE et LE PACTE sont heureux de vous offrir 5×2 places. Pour gagner, il vous suffit de répondre correctement aux questions avant le 3 juillet; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

Synopsis: 

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Critique: Enfant 44

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  • Date de sortie :
    15 avril 2015
  • Réalisé par :
    Daniel Espinosa
  • Avec :
    Tom Hardy, Gary Oldman, Noomi Rapace…
  • Durée :
    2h16min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Child 44
  • Distributeur :
    SND

Hiver 1952, Moscou. Leo Demidov est un brillant agent de la police secrète soviétique, promis à un grand avenir au sein du Parti. Lorsque le corps d’un enfant est retrouvé sur une voie ferrée, il est chargé de classer l’affaire. Il s’agit d’un accident, Staline ayant décrété que le crime ne pouvait exister dans le parfait Etat communiste. Mais peu à peu, le doute s’installe dans l’esprit de Léo et il découvre que d’autres enfants ont été victimes « d’accidents » similaires. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l’exil avec sa femme, Raïssa. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans la traque de ce tueur en série invisible, qui fera d’eux des ennemis du peuple…

Trois ans après un prometteur « Sécurité Rapprochée« , le Suédois Daniel Espinosa revient avec un polar historico-moscovite pas totalement réussi mais pas complètement raté non plus, en tout cas surprenant dans son positionnement commercial. Si l’on ne peut que louer l’intérêt historique du projet et sa noirceur, peu en adéquation avec la production standard hollywoodienne, on regrettera deux choses. Tout d’abord, si l’on ne peut critiquer le casting avec notamment Tom Hardy, Noomi Rapace, Gary Oldman ou encore Vincent Cassel, il est toujours dur d’accepter ces castings internationaux pour interpréter des Russes; si, comme moi, vous n’avez pu visionner le film en version originale, vous aurez en plus dû supporter une version française plus que moyenne et ça fait beaucoup! D’autre part, le film manque cruellement de rythme et de suspense et les rares scènes d’action, caméra à l’épaule, pâtissent d’un abus de vodka de la part du chef op! Bref, un projet ambitieux mais peu convaincant…

2.5