CRITIQUE: HARVEY MILK (2008)

SND

Le générique nous donne à voir le traitement hallucinant qui était réservé aux homosexuels américains dans les années 60/70 et nous donne un grand coup de poing d’entrée. Sitôt achevé, on découvre Harvey Milk, s’enregistrant au magnétophone; il se sent menacé et met toute son histoire sur bande tel un testament.

Il nous raconte donc durant ces deux heures, son combat pour la cause homosexuelle, qui fit de lui le premier élu américain ouvertement gay. On sait dès le début comment ça se termine; il sera assassiné comme il le pressentait, en 1978, après avoir empéché le vote de la résolution n°6 qui aurait interdit aux homosexuels d’exercer dans l’enseignement.

Gus Van Sant s’attaque ici au biopic, genre très prolifique outre-Atlantique, parfois au dépens de la qualité. Il réussit son pari haut la main en livrant un de ses films les plus accessibles avec Will Hunting, très loin de son insupportable Paranoid Park. Il s’agit en même temps peut-être de son film le plus personnel, étant lui même ouvertement homosexuel.

Dans son entreprise, ll est aidé par un casting éblouissant avec en tête un Sean Penn dont la prestation mérite tous les superlatifs. C’est bien simple, ll est méconnaissable tant il est habité par son personnage. L’oscar est amplement mérité pour un homme qui s’affirme comme le plus grand acteur américain du moment en plus d’un réalisateur très intéressant. A ses côtés, un très bon James Franco, un excellent Emile Hirsh qui confirme après son rôle dans « Into the wild » et un exceptionnel Josh Brolin (une fois de plus!) dans le rôle du conseiller qui assassine Milk et le Maire. Celui-ci transpire admirablement le mal-être et la jalousie de son personnage.

Enfin, en plus d’une très belle BO de Danny Elfman ponctuée de quelques tubes de l’époque, on a droit à une magnifique photo. Tous ces ingrédients nous donnent un film passionnant et très émouvant qui nous montre ce que nos édiles ont tendance à oublier, ce qu’est vraiment un combat politique, une lutte pour des idéaux (autres que personnels évidemment!).

CRITIQUE: VINCERE (2009)

Ad Vitam

Ida Dasler rencontre Mussolini alors qu’il débute en politique. Séduite par ses idées révolutionnaires, elle en tombe folle amoureuse. Elle l’aime tellement qu’elle vend tous ses biens pour lui permettre de créer son journal. De cet amour naît un fils mais lorsque la guerre éclate, Ida découvre que Benito est déjà marié et qu’il a également des enfants. A partir de ce moment là, Ida et son fils sont mis à l’écart. Elle se retrouve internée dans un asile et son fils placé dans un orphelinat. Ida Dasler n’aura de cesse de clamer qu’elle est la femme de Mussolini et la mère de son fils…

Le nouveau film de Marco Bellochio, l’un des enfants terribles du Cinéma Italien avec Moretti, est une oeuvre noire, puissante, magistrale, qui fera date. Le destin poignant d’Ida Dasler et de son fils donne lieu ici à un vrai opéra cinématographique.Giovanna Mezzogiorno, dans le rôle de cette femme qui se battra jusqu’à sa mort, sans relâche pour que son existence soit reconnue, est absolument fantastique. Le festival de Cannes ne s’y était pas trompé en lui décernant le prix d’interprétation.

Bouleversant et merveilleux, un film à découvrir sans faute chez MK2!