Critique: Don’t Worry, He Won’t get far on foot

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Réalisation Gus Van Sant
Scénario Gus Van Sant
Acteurs principaux
Sociétés de production Anonymous Content
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 113 minutes
Sortie 4 avril 2018

Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…

Une renaissance, c’est à la fois le sujet du film mais aussi la trajectoire de son réalisateur Gus Van Sant! En effet, 3 ans après le désastreux « Nos souvenirs », Van Sant retrouve de sa superbe avec un film à priori peu engageant. Il s’agit en effet d’un biopic sur John Callahan, un dessinateur peu connu par chez nous, alcoolique qui finit tétraplégique à la suite d’un accident de voiture. Si ce 17ème film de Van Sant reste assez sage sur le plan de la mise en scène, il enchante de par son casting. Joaquin Phoenix est comme toujours éblouissant et à ses côtés, on retrouve Rooney Mara et Jack Black mais surtout Jonah Hill dans le rôle surprenant d’un gourou des alcooliques anonymes doux et émouvant, une performance qui restera. Un fort joli film loin d’être déprimant et même plutôt revitalisant!

4.5

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Jeu Concours: 2 DVD de « Nos Souvenirs » à gagner (jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie en vidéo de « Nos Souvenirs » le 31 août, CINEDINGUE et M6 VIDEO sont heureux de vous offrir 2 DVD du film. Pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 14 septembre; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

©2016 BLOOM, Tous droits réservés.

 

CRITIQUE BLU-RAY: ELEPHANT

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LE FILM: 9/10

En ce jour d’automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve…

Elephant, Palme d’Or en 2003, est une réponse aux multiples tueries se perpétrant sur les campus américains comme celle de Columbine. Gus Van Sant nous propose sous la forme de chapitres au nom de lycéens de suivre la vie d’un lycée américain, faisant se superposer certains de ces chapitres. Usant de longs plans séquences, avec une utilisation très limitée de la musique, c’est une plongée glaciale dans l’horreur qui nous est proposée: l’une des scènes les plus marquantes est sans doute celle dans laquelle on voit l’un des jeunes tueurs préparer son plan à la cantine au milieu de ses camarades, prenant des notes. Van Sant n’entend pas donner d’explications mais montre comment l’horreur peut survenir à tout moment! La magnifique photo d’Harris Savides et la fabuleuse interprétation de tous ces comédiens amateurs font d’Elephant l’une des grandes Palmes d’Or de l’histoire du festival!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie qui met bien en valeur la très belle photo du film! A noter le format carré choisi par Gus Van Sant!

BONUS: 8/10

Le bluray propose une rencontre avec le réalisateur, Sur le tournage, en classe avec Elephant, et une analyse de Serge Kaganski!

VERDICT: 9/10

Une magnifique Palme d’Or dans un bluray à la hauteur!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez MK2

CRITIQUE DVD: PROMISED LAND

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LE FILM: 6/10

Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Ce qui s’annonçait comme un jeu
d’enfant va pourtant se compliquer lorsqu’un enseignant respecté critique le projet, soutenu par un activiste écologiste qui affronte Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel…

La filmographie de Gus Van Sant a la particularité d’osciller entre films « art et essai » (Elephant, Last Days…) et films « grand public » (Will Hunting, Harvey Milk…).  Promised Land fait partie de cette deuxième catégorie et entre dans la grande tradition américaine des films sur l’environnement comme Erin Brockovich par exemple.

Van Sant traite ici de l’exploitation du gaz de schiste, problème d’actualité à travers l’histoire d’un représentant d’une société qui exploite cette ressource, interprété par un très bon Matt Damon. Assez plaisant à regarder, Promised Land souffre malgré tout d’un classicisme un peu envahissant et d’un final gorgé de bons sentiments. On aurait aimé un peu plus de mordant sur un sujet comme celui-ci mais on passe tout de même un bon moment et l’excellent duo Damon/ Frances McDormand y est pour beaucoup!

TECHNIQUE: 8/10

Un rendu proche de la HD! Excellent!

BONUS: 5/10

On trouve sur ce DVD un making of (10 mins) un peu langue de bois et une scène coupée. Bof…

VERDICT: 6/10

Un film environnemental distrayant…

Disponible en DVD (19.99 euros) et Blu-ray (24.99 euros) chez TF1 Vidéo dès le 4 septembre

CRITIQUE: HARVEY MILK (2008)

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Le générique nous donne à voir le traitement hallucinant qui était réservé aux homosexuels américains dans les années 60/70 et nous donne un grand coup de poing d’entrée. Sitôt achevé, on découvre Harvey Milk, s’enregistrant au magnétophone; il se sent menacé et met toute son histoire sur bande tel un testament.

Il nous raconte donc durant ces deux heures, son combat pour la cause homosexuelle, qui fit de lui le premier élu américain ouvertement gay. On sait dès le début comment ça se termine; il sera assassiné comme il le pressentait, en 1978, après avoir empéché le vote de la résolution n°6 qui aurait interdit aux homosexuels d’exercer dans l’enseignement.

Gus Van Sant s’attaque ici au biopic, genre très prolifique outre-Atlantique, parfois au dépens de la qualité. Il réussit son pari haut la main en livrant un de ses films les plus accessibles avec Will Hunting, très loin de son insupportable Paranoid Park. Il s’agit en même temps peut-être de son film le plus personnel, étant lui même ouvertement homosexuel.

Dans son entreprise, ll est aidé par un casting éblouissant avec en tête un Sean Penn dont la prestation mérite tous les superlatifs. C’est bien simple, ll est méconnaissable tant il est habité par son personnage. L’oscar est amplement mérité pour un homme qui s’affirme comme le plus grand acteur américain du moment en plus d’un réalisateur très intéressant. A ses côtés, un très bon James Franco, un excellent Emile Hirsh qui confirme après son rôle dans « Into the wild » et un exceptionnel Josh Brolin (une fois de plus!) dans le rôle du conseiller qui assassine Milk et le Maire. Celui-ci transpire admirablement le mal-être et la jalousie de son personnage.

Enfin, en plus d’une très belle BO de Danny Elfman ponctuée de quelques tubes de l’époque, on a droit à une magnifique photo. Tous ces ingrédients nous donnent un film passionnant et très émouvant qui nous montre ce que nos édiles ont tendance à oublier, ce qu’est vraiment un combat politique, une lutte pour des idéaux (autres que personnels évidemment!).