CRITIQUE BLU-RAY: THIS MUST BE THE PLACE

LE FILM:

Cheyenne est une ancienne star du rock. A 50 ans, il a conservé un look gothique, et vit de ses rentes à Dublin. La mort de son père, avec lequel il avait coupé les ponts, le ramène à New York. Il décide de poursuivre, à travers l’Amérique, la vengeance qui hantait son père en partant à la recherche d’un criminel Nazi…

Pour son premier film aux Etats-Unis, l’Italien Paolo Sorrentino se frotte à un genre typiquement nord-américain, le road-movie. Dans une première partie, Sorrentino nous présente le personnage de Cheyenne, une espèce de clone de Robert Smith, souffrant d’une mélancolie dont on ne connaît pas tout de suite la cause. Pour sa femme, la toujours parfaite Frances Mc Dormand, il n’est « pas dépressif; il s’ennuie juste »! Quand son père à qui il ne parle plus depuis 30 ans décède, c’est alors le début d’une quête au coeur des Etats-Unis, qui permettra à Cheyenne de retrouver la paix. Porté par l’interprétation magistrale de Sean Penn, le film se déroule à un rythme lent, envoûtant  et bénéficie d’une photo absolument magnifique! Un premier essai à l’étranger réussi pour Sorrentino!

L’apport HD du Blu-ray est indéniable aussi bien sur les visages que sur les paysages où contours, contrastes et couleurs ont rarement parus aussi éclatants! Le son est du même acabit!

LES BONUS:

En HD, on trouve des bandes annonces, des interviews de plusieurs membres de l’équipe, 2 courts making of et 8 scènes inédites! Du bon boulot!

VERDICT:

Un film touchant dans des conditions optimales! Un blu-ray à recommander!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-Ray(24,99 euros) chez ARP.

CRITIQUE: THE TREE OF LIFE (2011)

Ca y est! Je suis allé voir LA Palme d’Or du dernier Festival de Cannes, celle délivrée par Robert de Niro himself au metteur en scène le plus excitant (le plus absent aussi!)de ces quarante dernières années même s’il n’a tourné que cinq films! Quelle excitation à l’idée de découvrir le chef d’oeuvre annoncé, le nouveau « 2001 »! Laissez-moi vous dire que la déception est à la hauteur de cette excitation!

Comment donner un pitch de ce film? Ce serait un film sur la vie, le rapport de l’Homme à la Nature, vu à travers l’histoire d’une famille avec trois enfants (des garçons) dont le père est un monstre d’autorité et d’exigence, qui perd un de ses enfants…

Je vais commencer par les bonnes choses, puisqu’il y en a : l’interprétation, tout d’abord, est magistrale. Aussi bien les enfants, tous excellents en particulier le fils aîné qui incarne la souffrance de l’enfance avec une justesse infinie que les parents avec un Brad Pitt comme d’habitude parfait et la révélation Jessica Chastain, bouleversante. D’autre part, Mallick nous gratifie de passages visuellement magnifiques, proches du miracle.

Concernant les mauvaises choses, le pire réside dans le début et la fin du film. Pendant une vingtaine de minutes, Mallick nous sert un flot d’images du cosmos, de magma et même une paire de dinosaures tout droit sortis de « dinotopia »! Il faut s’accrocher, me dis-je alors plein d’espoir! S’ensuit alors un récit à la chronologie éclatée, l’omniprésence des voix offs des différents personnages à la teneur hautement philosophique à la place de vrais dialogues et l’apparition de Sean Penn dans le rôle du fils adulte dont on n’entend guère non plus le son de la voix hormis en off. Pour finir, ce salmigondis mystico-new age trouve son apogée dans une scène finale sur une plage où il ne manquerait plus que les personnages se fassent tourner un pétard en entonnant « let the sun shine ». Au générique de fin, je suis partagé entre une déception sans précédent et un vrais soulagement que ce soit terminé! Vivement son prochain en espérant qu’il ne se cachera pas pendant vingt ans…