CRITIQUE: NI A VENDRE NI A LOUER (2011)

C’est enfin le week-end, un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Ce week-end-là, deux retraités se rendent dans leur résidence secondaire, une maisonnette aussi vaste qu’un timbre poste, et croisent un couple de punks ayant pour gîte une maison dessinée sur le sable d’une plage. Plus loin, deux imposteurs vêtus d’orange et de vert se mettent au golf non loin d’une procession funéraire. Au même moment, un représentant en parapluies a rendez-vous avec une maîtresse sado-maso dans un hôtel du bord de mer où séjournent deux couples dont l’existence sera chamboulée par un cerf-volant perdu. Il est aussi question d’étudiants des beaux arts, de voitures de sport, de voitures sans permis, de voitures de golf, de voitures volées, de caravane, de toile de tente, de lecteur de code-barres, de cadre photo décoré de coquillages et de tempête nocturne. Un week-end où les destins, les classes sociales, les générations, les sentiments, les douleurs comme les joies, se croisent. Un week-end à la mer, en somme.

Deux ans après « les petits ruisseaux« , Pascal Rabaté revient pour faire la nique aux blockbusters estivaux avec un film très très loin de ceux-ci en s’intéressant une fois de plus aux petites gens! Rabaté rend ici hommage aux films de Tati avec cette fantaisie qui malheureusement en découragera certains (3 personnes ont quitté la salle!). En effet, sans aucun dialogue, le film est une succession de saynètes dans lesquelles l’absurde est roi, quelque part entre « Monsieur Hulot » et « la party » de Blake Edwardes. Seule compte la mise en scène et Rabaté s’en sort plus que bien et nous offre même de bien jolies trouvailles comme l’épicier qui dessine lui-même ses codes-barres à la règle et au stylo! Côté personnages, Pascal Rabaté sait s’entourer, avec outre Gamblin, François Damiens, François Morel, ou encore Gustave Kervern. Le seul regret que j’ai tient au fait que ces merveilleux acteurs, si drôles quand ils s’expriment oralement soient réduits au silence. Bref, un exercice de style très réussi  à destination d’un public averti et une belle alternative aux Transformers et autres Harry Potter!

CRITIQUE: CHANTONS SOUS LA PLUIE (1952)

Metro Goldwyn Mayer (MGM)

Je n’avais pas revu ce film depuis un soir de noël, à l’âge de 6 ou 7 ans. Je gardais un souvenir inoubliable de ce film, le sentiment d’avoir passé un moment magique. Et bien, 25 ans plus tard, ce sentiment persiste!

C’est l’histoire ici d’un couple de cinéma vedette du muet, Don Lockwood et Linda Lemont, interprétés par Gene Kelly et Jean Hagen, qui enchaîne les succès. Le problème intervient quand Hollywood passe au cinéma parlant. Linda Lemont est dotée d’une voix de crecelle tellement insupportable qu’il faut la doubler par une autre actrice, interprétée par la jolie Debbie Reynolds.

Les fabuleux numéros musicaux s’enchaînent ainsi que des passages burlesques. Hollywood en prend pour son grade au passage, et tout ceci à un rythme effréné. Le film qui date de 1953 n’a pas pris une ride et quand le mot « fin » apparaît à l’écran, on a l’impression d’avoir fait une cure de vitamines!