Critique DVD: Cigarettes et Chocolat Chaud

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Réalisation Sophie Reine
Scénario Sophie Reine
Acteurs principaux
Sociétés de production Mandarin Cinéma
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 98 minutes
Sortie 14 décembre 2016

LE FILM:

4

Denis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

Premier film de la monteuse Sophie Reine, « Cigarettes et chocolat chaud », raconte l’histoire d’une famille pas comme les autres, les Patar. Forcé d’élever ses deux filles sans mère (décédée quelques années avant), Denis est caissier dans un magasin de jardinage la journée et dans un sex shop le soir.  Pas facile d’assumer la tâche surtout quand la plus grande est atteinte du syndrome de la Tourette. Quand une assistante sociale est chargée de mettre à l’épreuve le paternel, la vie déjà mouvementée de la petite famille va être encore plus chahutée. Bourré d’idées, et teinté d’éléments autobiographiques, ce drôle de petit film diffuse un charme auquel il est difficile de résister, grâce notamment à la prestation attendrissante de Gustave de Kervern. Drôle, émouvant, « Cigarettes et chocolat chaud » est un film qui fait du bien!

TECHNIQUE:

4.5

Pour un support DVD, le résultat est totalement convaincant!

BONUS:

4.5

On trouve ici un excellent making of (30 mins), le court métrage de Sophie Reine et une courte séquence dans laquelle le quatuor d’acteurs classe des propositions en « Patar » ou « pas Patar »!

VERDICT:

4

Une comédie qui fait du bien, tout simplement!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez DIAPHANA

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Critique: Un Petit Boulot

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Réalisation Pascal Chaumeil
Scénario Michel Blanc 
Iain Levison (romancier)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Sortie 31 août 2016

Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L’usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers… 

Quatrième et dernier film de Pascal Chaumeil (décédé peu de temps après le tournage) et cinq ans après « l’Arnacoeur », « un petit boulot » est l’adaptation par Michel Blanc d’un roman de Iain Levison. On y suit le parcours d’un chômeur qui finit par accepter de tuer des gens pour sortir de la misère. Quelque part entre le film noir et la comédie sociale, le film de Chaumeil évoque tout autant le Cinéma social anglais que les polars des frères Coen. On retrouve la patte de Blanc avec des dialogues acérés et la noirceur qu’on lui connaît. Le scénario, brillant, réserve sans cesse des surprises et surtout se déroule à un rythme qui ne faiblit jamais. Outre le duo Duris/Blanc, évidemment parfait, le casting de seconds rôles fait un sans faute: Alex Lutz en inspecteur d’une chaîne de stations services sans pitié, Gustave Kervern en pote de galère ou encore Alice Belaidi pour séduire Jacques. Cinglant, caustique et brillant, « un Petit Boulot » est un authentique régal!

4.5

 

Critique Dvd: Saint Amour

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LE FILM:

4.5

Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Après les pauvres retraités (Mammuth) ou les punks à chien (le Grand Soir), Delépine et Kervern continuent à s’intéresser aux laissés pour compte avec deux personnages d’agriculteurs incarnés par Depardieu, père du personnage joué par Poelvoorde. Ces deux-là vont se lancer dans un tour de France des vins, conduits par un chauffeur de taxi (Vincent Lacoste). Plus qu’une histoire de beuverie, ce road movie est l’occasion d’une touchante relation père fils et d’un état peu glorieux de l’agriculture française. Si cette balade paraît parfois avancer en roue libre, les rencontres faites par le trio sont toujours surprenantes avec une mention spéciale à un propriétaire de chambre d’hôtes un peu spécial (Houellebecq) ou encore une agent immobilier légèrement zélée (Ovidie). On pense inévitablement au cinéma de Bertrand Blier. Souvent drôle, le duo Depardieu/Poelvoorde suscite aussi l’émotion et les réalisateurs semblent avoir trouver une certaine assurance et sérénité. Saint Amour est peut-être bien leur film le plus réussi!

TECHNIQUE:

4

Sans souci, sans éclat…

BONUS:

4.5

Outre un entretien avec les réalisateurs et un court sujet sur les acteurs sur le tournage, le principal bonus tient en un excellent documentaire qui revient à travers le tournage du film sur la carrière entière des réalisateurs. Passionnant!

VERDICT:

4.5

Une excellente comédie douce-amère avec un duo survolté!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez le Pacte

 

 

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Critique: Saint-Amour

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Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Après les pauvres retraités (Mammuth) ou les punks à chien (le Grand Soir), Delépine et Kervern continuent à s’intéresser aux laissés pour compte avec deux personnages d’agriculteurs incarnés par Depardieu, père du personnage joué par Poelvoorde. Ces deux-là vont se lancer dans un tour de France des vins, conduits par un chauffeur de taxi (Vincent Lacoste). Plus qu’une histoire de beuverie, ce road movie est l’occasion d’une touchante relation père fils et d’un état peu glorieux de l’agriculture française. Si cette balade paraît parfois avancer en roue libre, les rencontres faites par le trio sont toujours surprenantes avec une mention spéciale à un propriétaire de chambre d’hôtes un peu spécial (Houellebecq) ou encore une agent immobilier légèrement zélée (Ovidie). On pense inévitablement au cinéma de Bertrand Blier. Souvent drôle, le duo Depardieu/Poelvoorde suscite aussi l’émotion et les réalisateurs semblent avoir trouver une certaine assurance et sérénité. Saint Amour est peut-être bien leur film le plus réussi!

4.5

 

Critique: Dans la cour

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  • Réalisé par :
    Pierre Salvadori
  • Avec :
    Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Feodor Atkine…
  • Durée :
    1h37min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Dans la cour
  • Distributeur :
    Wild Bunch

Antoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d’errance, il se fait embaucher comme gardien d’immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l’immeuble s’effondrait… Tout doucement, Antoine se prend d’amitié pour cette femme qu’il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

Considérant Pierre Salvadori comme l’un des meilleurs réalisateurs de comédie en France et chacun de ses films comme des régals de drôlerie et de finesse, grande était l’attente de voir son nouveau bijou, qui plus est avec la grande Catherine Deneuve! Force est de reconnaître que la déception prédomine! Salvadori s’intéresse comme toujours à des personnages au bout du rouleau, psychologiquement perturbés. Ici, il choisit de conter la rencontre entre deux êtres fragiles, Antoine, toxico dépressif et Mathilde retraitée angoissée de tout et particulièrement par les fissures dans son appartement (bel hommage à Répulsion!) mais il choisit de les laisser en vase clos, dans leur immeuble. Tout autour d’eux, des personnages secondaires beaucoup trop archétypaux pour susciter l’intérêt (le mari inquiet pour sa femme, le voisin à cheval sur les règles de copropriété, le SDF membre d’une secte… Le film baigne donc dans une morosité contagieuse et n’offre finalement pas beaucoup d’occasion d’en sortir, suscitant l’ennui chez le spectateur. Heureusement, le film s’appuie sur un duo de cinéma somptueux avec une Catherine Deneuve de plus en plus surprenante et un Gustave Kervern parfait dans ce rôle d’ours dépressif et Salvadori prouve qu’il est un très bon metteur en scène.

J’aurais aimé adorer ce film et y entrer pleinement, malheureusement il m’a laissé dans la cour…

NOTE: 5.5/10

 

CRITIQUE BLU-RAY: LE GRAND SOIR

le_grand_soirLE FILM: 8/10

Les Bonzini tiennent le restaurant ‘la Pataterie’ dans une zone commerciale. Leur fils ainé, Not, est le plus vieux punk à chien d’Europe. Son frère, Jean Pierre, est vendeur dans un magasin de literie. Quand Jean Pierre est licencié, les 2 frères se retrouvent. Le Grand Soir, c’est l’histoire d’une famille qui
décide de faire la révolution… à sa manière.

Deux ans après Mammuth et son road-movie d’un retraité en quête de ses points, le duo Kervern/Delépine revient une fois de plus avec une comédie très politiquement incorrecte! Les deux trublions s’attaquent cette fois à la société de consommation et le lieu le plus représentatif de celle-ci: les grandes surfaces!

Bourré de trouvailles ( la scène du pendu par exemple!), même si le film ne vous fera pas mourir de rire (ce n’est pas le but), « le Grand Soir » est toujours surprenant et même s’il paraît, comme les autres films du duo, fait de bric et de broc, sa mise en scène n’est jamais le fruit du hasard! C’est du vrai Cinéma dont il s’agit! Lire la suite

CRITIQUE: NI A VENDRE NI A LOUER (2011)

C’est enfin le week-end, un week-end de printemps sur le littoral atlantique. Ce week-end-là, deux retraités se rendent dans leur résidence secondaire, une maisonnette aussi vaste qu’un timbre poste, et croisent un couple de punks ayant pour gîte une maison dessinée sur le sable d’une plage. Plus loin, deux imposteurs vêtus d’orange et de vert se mettent au golf non loin d’une procession funéraire. Au même moment, un représentant en parapluies a rendez-vous avec une maîtresse sado-maso dans un hôtel du bord de mer où séjournent deux couples dont l’existence sera chamboulée par un cerf-volant perdu. Il est aussi question d’étudiants des beaux arts, de voitures de sport, de voitures sans permis, de voitures de golf, de voitures volées, de caravane, de toile de tente, de lecteur de code-barres, de cadre photo décoré de coquillages et de tempête nocturne. Un week-end où les destins, les classes sociales, les générations, les sentiments, les douleurs comme les joies, se croisent. Un week-end à la mer, en somme.

Deux ans après « les petits ruisseaux« , Pascal Rabaté revient pour faire la nique aux blockbusters estivaux avec un film très très loin de ceux-ci en s’intéressant une fois de plus aux petites gens! Rabaté rend ici hommage aux films de Tati avec cette fantaisie qui malheureusement en découragera certains (3 personnes ont quitté la salle!). En effet, sans aucun dialogue, le film est une succession de saynètes dans lesquelles l’absurde est roi, quelque part entre « Monsieur Hulot » et « la party » de Blake Edwardes. Seule compte la mise en scène et Rabaté s’en sort plus que bien et nous offre même de bien jolies trouvailles comme l’épicier qui dessine lui-même ses codes-barres à la règle et au stylo! Côté personnages, Pascal Rabaté sait s’entourer, avec outre Gamblin, François Damiens, François Morel, ou encore Gustave Kervern. Le seul regret que j’ai tient au fait que ces merveilleux acteurs, si drôles quand ils s’expriment oralement soient réduits au silence. Bref, un exercice de style très réussi  à destination d’un public averti et une belle alternative aux Transformers et autres Harry Potter!