Critique: I Feel Good

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Réalisation Gustave Kervern
Benoît Delépine
Scénario Gustave Kervern
Benoît Delépine
Sociétés de production JD Prod
No Money Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Sortie 26 septembre 2018

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Sixième film du duo Kervern/Delépine, « I feel Good » nous plonge dans la vie de Jacques, un hurluberlu qui cherche depuis 40 ans l’idée géniale qui le rendrait riche, à la manière de l’inventeur du Rubick’s Cube ou des séries américaines! Ce qu’il veut surtout,ce n’est pas travailler mais faire travailler les autres et aussi « qu’on le vouvoie ». Quand il rejoint Monique sa soeur, à la tête d’une communauté Emmaüs, c’est un choc pour lui et une révélation. Il réalise que ceux qui réussissent sont souvent des gens beaux et tient alors son idée géniale: rendre beaux les pauvres, à bas prix. Si le cinéma de Kervern/Delépine a l’air souvent un peu foutraque, « I feel good » est le plus formellement abouti, avec des plans vraiment travaillés et un remarquable travail sur l’image. Si le pur burlesque est souvent de mise, l’humour grolandais est bien présent avec une forte coloration politique. Cette fable socio-économique est un hymne aux « sans dents » qui détonne dans le paysage de la comédie française et le duo Dujardin/Moreau fonctionne parfaitement. La star française confirme son attirance pour les projets ambitieux et en marge et donne une vraie valeur ajoutée à l’un des films français de l’année!

4.5

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Critique Bluray: Ascenseur pour l’Echafaud

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LE FILM:

4

Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un dernier indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur des lieux du crime…

Pour son premier film, Louis Malle part d’une trame des plus hitchcockiennes (un homme se retrouve coincé dans l’ascenseur après avoir commis un meurtre) pour livrer un film noir certes mais plus proche de la Nouvelle Vague que du pur film hollywoodien. Malle aurait pu jouer du huis-clos mais préfère le mouvement: on suit évidemment le personnage de Julien, meurtrier piégé mais également de sa compagne, incarnée par Jeanne Moreau dont les déambulations dans Paris, caméra à l’épaule sont rythmées par les improvisations de Miles Davis. Le récit suit également le jeune couple ayant volé la voiture de Julien. Atypique et résolument moderne ce coup d’essai de Louis Malle est également un coup de maître!

TECHNIQUE:

4

Très belle copie restaurée sans défaut majeur!

BONUS:

4

Outre un document passionnant regroupant les interventions de proches de Louis Malle (dont Candice Bergen ou Jean-Claude Carrière), on trouve également un sujet donnant la parole au jazzman René Urtreger!

VERDICT:

4

Un classique dans une belle édition!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Gaumont

 

CRITIQUE BLU-RAY: 20 ANS D’ECART

20 ANS D'ECART

LE FILM: 6/10

Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d’une impeccable conscience professionnelle au point d’en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine Rebelle, tout sauf son image de femme coincée. Mais lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d’Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Réalisant qu’elle détient la clef de sa promotion, Alice va feindre la comédie d’une improbable idylle…

Après un premier essai en tandem avec Xavier Palud dans le cinéma de genre pour le film « Ils », David Moreau passe pour son premier film en solo à la comédie romantique, « romcom » pour les initiés. Si le film bénéficie d’une écriture et d’une réalisation soignée, point important à souligner, force est de reconnaître qu’à emprunter tous les passages obligés du genre, le film n’est jamais surprenant. Et c’est bien le plus gênant dans le film, cette impression de tout savoir dès les premières minutes. La difficulté de se lancer dans la romcom consiste à en suivre les codes tout en trouvant des moyens de surprendre le spectateur, chose que ne parvient jamais à faire David Moreau.

Toutefois, si « 20 Ans d’écart » conserve un fort capital sympathie, il le doit à son duo d’acteurs avec une Virginie Efira au potentiel comique élevé et un Pierre Niney qui, s’il parvient à se sortir de son rôle d’ado lunaire que tous les réalisateurs lui donnent, sera sans aucun doute l’un des grands acteurs de sa génération! 20 Ans d’Ecart est donc une amusante et sympathique comédie à défaut de nous surprendre!

TECHNIQUE: 9/10

Un apport HD indéniable tant au niveau de l’image que du son qui sait se faire remarquer quand il le faut!

BONUS: 6/10

En guise de bonus, on trouve une sélection de featurettes distrayantes à défaut d’être vraiment instructives: Défilé (d’images) avec Virginie Efira,À l’écart avec Pierre Niney, L’art d’être rebelle, David Moreau rédac chef, Virginie et Pierre : le grand déballage !, HPG : le grand écart.

VERDICT: 6.5/10

Un bluray de haute tenue pour une romcom sympathique!

Disponible en DVD (19,99 euros) et bluray (24,99 euros) chez FPE

 


CRITIQUE: MAMMUTH (2010)

Ad Vitam

Serge Pilardosse vient d’avoir 60 ans. C’est l’heure de la retraite et certains de ses anciens employeurs n’ayant pas tout fait dans les règles, il lui manque des trimestres. Il décide donc d’enfourcher sa moto (une « Mammuth ») et de partir à la quête de ses anciens bulletins de paye.

Les auteurs de Groland, Delépine et Kervern, nous livrent une sorte de road-movie complètement déjanté porté par un excellent casting: Depardieu, énorme au propre comme au figuré, Yolande Moreau à mourir de rire et Isabelle Adjani dans le rôle du fantôme du premier amour de Pilardosse.

Le vrai coup de force des deux auteurs est de nous émouvoir avec ce couple d’abrutis. On rit beaucoup mais on ne rit finalement pas d’eux et Depardieu n’y est pas pour rien; c’est sans doute sa meilleure prestation depuis bien longtemps. Sous ses airs de brute épaisse, il incarne un monument de douceur, un homme qu’un accident a finalement brisé à tout jamais, le poussant à se réfugier dans le travail. Comme le dit en effet son patron lors d’un pot de départ qui restera une scène d’anthologie, « jamais malade, toujours de bonne humeur », c’est l’employé idéal. Cette recherche de ses fiches de paye va s’avérer être une quête initiatique qui lui  permettra  de se découvrir enfin…

Trash, drôle, déjanté, original, émouvant, audacieux, un film à voir absolument!