CRITIQUE DVD: DE BON MATIN

LE FILM:

Comme tous les matins, Paul Wertret se brosse les dents, s’habille, embrasse sa femme, enfile ses chaussures et part à son travail, ses gestes réglés comme un automate. Ce matin-là, arrivé sur son lieu de travail, il sort un revolver et abat froidement deux de ses collègues avant de s’enfermer dans son bureau. Dans ses pensées, il revient sur les évènements qui l’ont emmené jusqu’à ce point de non-retour…

Huit ans après « Violence des échanges en milieu tempéré », Jean-Marc Moutout revient au thème de l’entreprise en dressant un portrait à charge des grandes entreprises broyeuses d’Humains. Extrêmement réaliste, le film nous montre comment, à partir de petites humiliations, un homme peut basculer dans la folie. Cet homme, il est incarné par le merveilleux Jean-Pierre Darroussin qui montre ici quel formidable acteur il est. On assiste, pétrifié à la chute d’un homme qui tente de se raccrocher comme il peut tantôt à son psy, tantôt à un ami plus vu depuis 26 ans, pour finalement lâcher prise. La mise en scène très intelligente de Moutout finit de nous plonger dans l’horreur, on  en sort lessivé…

RAS pour le DVD, son et image nickels!

LES BONUS:

Outre la bande-annonce, le seul bonus est une analyse de certains passages par le critique Jean Douchet qui finit de nous convaincre de la qualité de la mise en scène.

VERDICT:

INDISPENSABLE! Un film très fort pour un DVD un peu chiche en bonus…

 

Disponible en DVD(19,99 euros) chez France Télévision Distribution

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CRITIQUE DVD: DESIRS HUMAINS

LE FILM:

Carl Buckley (Broderick Crawford) tue l’amant de sa femme Vicki (Gloria Grahame). Témoin de la scène, elle avoue le meurtre à Jeff Warren (Glenn Ford), un collègue de Carl. Pour ne pas compromettre Vicky dont il s‘est épris, Jeff garde le silence. Les amants décident alors de tuer le mari…

Tourné en 1954, juste après « Règlement de comptes », « Désirs humains » réunit une fois de plus Glenn Ford et Gloria Grahame. Fritz Lang nous offre avec ce film le deuxième remake d’un film de Jean Renoir (la Bête Humaine) après « la Rue Rouge » (la Chienne) pour en faire un pur un film noir. Même s’il n’atteint pas le niveau de son modèle, « Désirs humains » est un excellent film qui se démarque en délaissant l’aspect social du film de Renoir et par l’intérêt porté au personnage du mari Carl Buckley. Le point faible du film est peut-être son acteur principal Glenn Ford au manque de charisme évident mais « Désirs Humains » reste un film intéressant à découvrir que l’on ait vu ou pas le film de Renoir. La copie est dans l’ensemble assez bonne exceptées quelques scènes au grain important.

LES BONUS:

Outre la bande-annonce, une galerie photos et des filmographies, le principal bonus reste la présentation du film par Bernard Eisenschitz, spécialiste de Fritz Lang, auteur du fabuleux « Fritz Lang au travail ».

VERDICT:

Indispensable comme tous les films de cette collection même si le film est mineur dans la carrière du Maître.

Disponible dès le 29 février en DVD dans la collection « les Introuvables » de Wild Side Video dans les magasins FNAC

CRITIQUE: AUTOPSIE D’UN MEURTRE (1959)

L’avocat Paul Biegler (James Stewart) est engagé par Laura Manion (Kim Novak) pour défendre son mari (Ben Gazzara) accusé de meurtre. Il a tiré sur un patron de bar qui avait violé celle-ci. Le procès a lieu et fait surtout l’objet de formidables joutes oratoires entre Biegler et l’avocat adverse incarné par George C. Scott.

Preminger réalise ici un film sur l’absurdité de la justice des hommes où finalement la vérité importe peu, seules les batailles juridiques comptent.

Ce film fut jugé scandaleux à l’époque et subit la censure. S’agissant d’une affaire de viol, on y évoque en effet, les mots « slip » et « spermatogénèse » qui ont affolé les bonnes moeurs . C’est certainement un des meilleurs films de procès, spécialité américaine, servi par un casting quatre étoiles avec une mention spéciale pour James Stewart toujours formidable.

CRITIQUE: DANS SES YEUX (2009)

Pretty Pictures

1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d’une jeune femme.
25 ans plus tard, il décide d’écrire un roman basé sur cette affaire « classée » dont il a été témoin et protagoniste. Ce travail d’écriture le ramène à ce meurtre qui l’obsède depuis tant d’années mais également à l’amour qu’il portait alors à sa collègue de travail. Benjamin replonge ainsi dans cette période sombre de l’Argentine où l’ambiance était étouffante et les apparences trompeuses…

Sacré Oscar du meilleur film étranger au nez et à la barbe d' »un prophète » et du « Ruban blanc », ce thriller argentin est pour moi une énorme déception. Pour masquer la banalité du scénario, Campanello use de quelques artifices de réalisation qui ne suffisent pas à tenir son public en haleine. Le temps passe très lentement et on espère en vain une surprise qui ne viendra jamais. Le twist final, tellement prévisible en est ridicule, à l’image des grimages sensés vieillir les personnages. A oublier!