CRITIQUE: LA TAUPE

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley.
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service ne compte une taupe au service des soviétiques dans ses rangs. L’enquête démarre…

Pour son nouveau film, trois ans après le prometteur film de vampires « Morse », Tomas Alfredson fait dans le film d’espionnage mais plus du côté de « l’Affaire Cicéron » que de James Bond ou Jason Bourne! Ici, très peu d’action mais un récit qui prend son temps, à l’image du personnage de Smiley incarné par un génial Gary Oldman, presque mutique, loin de ses rôles d’agités du bocal qui ont fait sa renommée. S’appuyant sur une reconstitution des 70’s d’une qualité rare, le cinéaste suédois confirme ses qualités de metteur en scène et son talent d’esthète de l’image. Petit à petit, Smiley rassemble les pièces du puzzle en recueillant les confessions de chacun, pour parvenir à débusquer le traître. Ce qui est fabuleux dans le film est que le « Cirque » (MI6) est présenté comme une administration classique, un peu vieillote, où ont même lieu des soirées où chacun prépare un gâteau ou un cocktail, mais également comme un nid de vipères où l’on ne peut se fier à personne. Quant au casting réuni par Alfredson, il représente ce qui se fait de mieux: outre Gary Oldman, Colin firth, John Hurt, Toby Jones et Tom Hardy finissent de donner un cachet sans pareil à ce merveilleux film. Cerise sur le gâteau, la somptueuse B.O. d’Alberto Iglesias qui s’impose vraiment comme un compositeur brillant. Et que dire de ce final sur une reprise de « la mer » de Trénet?

Courez traquer la taupe mais attention! La moindre seconde d’inattention se paie cash!

 

CRITIQUE: MELANCHOLIA

1ère Partie: après une introduction apocalyptique sur le bouleversant prélude de « Tristan et Isolde » de Wagner, on assiste au mariage de Justine, préparé par sa soeur Claire et son mari John. Le mariage est l’occasion d’un règlement de comptes familial où tout le monde en prend pour son grade. 2ème partie:Les deux soeurs et l’enfant de Claire se rertouvent dans la grande demeure familiale et attendent dans l’angoisse la probable collision de la planète Melancholia avec la Terre.

Le film de Lars Von Trier est un objet cinématographique vraiment à part. Sur la forme, il est un mélange de réalisme documentaire, tourné dans sa grande majorité caméra à l’épaule et de classicisme évoquant parfois le cinéma de Visconti. Bourré de références, la première partie évoque également la scène du mariage de « voyage au bout de l’enfer » avec cette manière de dilater le temps qui peut parfois donner l’impression de quelques longueurs. Sur le fond, le film peut être interprété d’une multitude de manières, Lars Von Trier n’ayant pas mis en scène une simple histoire de fin du monde à la Roland Emmerich. Il tente surtout de nous faire ressentir l’état mélancolique et il y parvient à merveille.

Pour incarner ses personnages, il réunit un casting de prestige avec Kirsten Dunst, au prix d’interprétation ô combien mérite, Charlotte Gainsbourg toujours parfaite, Kiefer Sutherland qu’on découvre très bon, Charlotte Rampling en mère insupportable et John hurt, excellent dans le rôle du père.

Pour encadrer ces deux parties, la scène d’ouverture et la scène finale sont probablement deux scènes parmi les plus belles de l’Histoire du Cinéma, non, je n’ai pas peur des mots! Et je ne peux m’empêcher de penser que si le réalisateur danois était moins c… et qu’il n’avait pas fait des siennes lors du festival de Cannes, c’est avec la Palme qu’il serait reparti! Vraiment dommage car « Melancholia » est un film fabuleux!