CRITIQUE: THE DARK KNIGHT RISES

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Comme l’indique l’accroche de l’affiche française, « la légende s’achève », « The Dark Knight Rises », troisième volet des aventures de Batman réalisé par Christopher Nolan est là pour boucler la boucle. Toujours situé dans cette espèce de réalité parallèle plutôt que dans le fantastique plus burtonien, ce troisième volet aborde même quelques thèmes d’actualité comme la crise financière et fait de Bane le leader des Indignés! D’un noir crépusculaire et d’un pessimisme sans limite, ce dernier opus place Batman comme seul recours pour sauver Gotham des hommes politiques, uniquement motivés par l’argent, et de l’injustice. Après une mise en place d’une quarantaine de minutes pendant lesquelles Bruce Wayne vit reclus, ayant mis son costume de chauve-souris dans la naphtaline, et le mal s’installe par l’intermédiaire du démoniaque Bane, l’affrontement peut enfin démarrer!

On retrouve la plupart des personnages des précédents volets ainsi que quelques nouveaux dont Catwoman, avec une magnifique Anne Hathaway, qui apporte la seule dose d’humour du film, et Miranda, incarnée par la Frenchie Marion Cotillard, qui s’en sort plus que bien, n’en déplaise aux aigris de tous bords qui ne ratent aucune occasion de lui tomber dessus ! Et bien sûr le méchant Bane auquel Tom Hardy apporte par la seule force de son regard (le reste est caché par un masque!), absolument terrifiant!

Même si chaque opus nolannien est une oeuvre à part entière, plus (Dark Knight) ou moins (Batman Begins) réussie, ce troisième épisode met en lumière une vraie cohérence tant un véritable puzzle semble s’assembler au fil du film. Brillamment mis en scène ce TDKR est un blockbuster d’une ampleur et d’une beauté rares, bourré de surprises (le twist final est renversant!) et terriblement enthousiasmant! Dommage que ça s’arrête!

CRITIQUE: WARRIOR

Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs.
Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l’affrontement qui s’annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu’ils défendent, il n’est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d’une vie…

Une histoire de famille que fond de combats de boxe ou plutôt de « mixed martial arts », on pouvait craindre d’assister à un film vu et revu! Et bien non, « Warrior » se hisse au niveau du premier Rocky et des récents « Fighter » et  » The Wrestler »! Il le doit à une mise en scène inspirée certes mais surtout à un casting trois étoiles! Dans le rôle des deux frères, Joel Edgerton (Animal Kingdom) et Tom Hardy, de plus en plus hallucinant de présence et qui dégage ici une violence prête à exploser, s’affirmant comme l’acteur le plus excitant du moment! Dans le rôle du père, Nick Nolte trouve l’un de ses meilleurs rôles et l’un des plus émouvants. Le final même s’il est attendu, vous mettra les poils au garde-à-vous!

CRITIQUE: LA TAUPE

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley.
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service ne compte une taupe au service des soviétiques dans ses rangs. L’enquête démarre…

Pour son nouveau film, trois ans après le prometteur film de vampires « Morse », Tomas Alfredson fait dans le film d’espionnage mais plus du côté de « l’Affaire Cicéron » que de James Bond ou Jason Bourne! Ici, très peu d’action mais un récit qui prend son temps, à l’image du personnage de Smiley incarné par un génial Gary Oldman, presque mutique, loin de ses rôles d’agités du bocal qui ont fait sa renommée. S’appuyant sur une reconstitution des 70’s d’une qualité rare, le cinéaste suédois confirme ses qualités de metteur en scène et son talent d’esthète de l’image. Petit à petit, Smiley rassemble les pièces du puzzle en recueillant les confessions de chacun, pour parvenir à débusquer le traître. Ce qui est fabuleux dans le film est que le « Cirque » (MI6) est présenté comme une administration classique, un peu vieillote, où ont même lieu des soirées où chacun prépare un gâteau ou un cocktail, mais également comme un nid de vipères où l’on ne peut se fier à personne. Quant au casting réuni par Alfredson, il représente ce qui se fait de mieux: outre Gary Oldman, Colin firth, John Hurt, Toby Jones et Tom Hardy finissent de donner un cachet sans pareil à ce merveilleux film. Cerise sur le gâteau, la somptueuse B.O. d’Alberto Iglesias qui s’impose vraiment comme un compositeur brillant. Et que dire de ce final sur une reprise de « la mer » de Trénet?

Courez traquer la taupe mais attention! La moindre seconde d’inattention se paie cash!